La révolution que permettent le forage horizontal et la fracturation hydraulique en matière de production de pétrole étasunien (huile de schiste/pétrole non conventionnel) élèverait en 2020 l’Amérique au rang de 2° producteur mondial de pétrole en 2020, juste derrière l’Arabie Saoudite.
C’est un rapport de la prestigieuse université d’Harvard rendu public lundi qui établit ce constat. Et Stéphane Trano de rebondir finement dans Marianne2.fr en posant une question fort à propos “L’avenir radieux des pétroliers américains bouleversera t-elle vraiment la donne économique mondiale” ?.
Cette étude redonne un coup de jeune à cette idée bien connue, défendue notamment par Leonardo Maugeri, président de la compagnie pétrolière ENI de 2000 à 2010, selon laquelle le développement des technologies démentirait les avertissements récurrents sur la fin des réserves (voir une infographie sur le forage horizontal et la fracturation hydraulique).
Bon sang ne saurait mentir, et on voit ici que la politique énergétique américaine est étroitement lié aux intérêts pétroliers, quelque soit le président en place, Obama ou pas. Ce dernier s’est rallié à la realpolitik de ses prédecesseurs selon le magazine l’Expansion qui titre “Obama croît toujours en la géopolitique du pétrole“. Les présidents passent mais le modèle énergétique US reste. Et en la matière, c’est toujours l’insubmersible Dick Cheney qui est le mentor de l’actuel président.
…Aux yeux de Cheney, le pétrole est au coeur des relations internationales et détermine en grande partie l’ascension et la chute des grandes nations . Il est une ressource critique pour laquelle il peut être quelquefois nécessaire de faire la guerre…(bonjour à nos amis irakiens). C’est le Pr Michel Klare du Hampshire College qui voit dans la conduite du président Obama, la digne application des principes de la politique de Cheney.
Il est hautement probable que le gouvernement US ne se fait pas d’illusions sur le pic pétrolier. L’armée US n’avait-elle pas averti en 2010 du risque de “pénuries massives de production de pétrole en 2015” ? (article en anglais).
Ce qui compte c’est de préserver le poids du pays de l’oncle Sam dans le concert des nations qui pèseront de tout le poids de leur puissance pétrolière, à l’heure où le monde aura un problème.
La réalité des chiffres du pétrole non conventionnel US
C’est dans un rapport de Jean Laherrère, présenté au Club de Nice en décembre 2011 qu’il faut aller chercher une juste analyse de ce qu’est réellement l’exploitation du pétrole non conventionnel aux Etats-Unis, et notamment des points faibles.
- Les majors ne se sont intéressées à cette production connue depuis 1821 mais abandonnée car non rentable, qu’en 2010 à la faveur d’un changement des règles de la SEC sur leurs réserves, qui leur permet de ne pas trop voir baisser leurs réserves globales.
- La production chute de 50 % la deuxième année (et il faut constamment forer de nouveaux puits pour maintenir la production, Ndr). On ne peut pas bien modéliser le futur par manque d’historique.
- Il ne faut pas confondre les réserves potentiellement considérables dans le sol et les ressources qui correspondent à ce qu’on peut raisonnablement extraire.
- Il s’avère que l’activité de production est située uniquement en Amérique du Nord, mais il y a des moratoires au Québec et dans l’Etat de New York à cause des pollutions, surtout des décharges illégales de mauvais opérateurs et de mauvais contrôleurs.
- Les problèmes de pollution (surtout de décharge) compliquent la situation.
Jean Laherrère conseille donc “d’attendre et de voir” pour juger de la viabilité économique de ce type d’exploitation.
Le pic pétrolier du pétrole brut est donc passé par là en 2006, et le déclin de 5 % par an, porterait la production à environ 65 millions de barils en 2020. Soit un déficit de 24 millions par rapport à la production de 89 millions d’aujourd’hui. On peut quand même penser que les stratèges américains savent compter. Et que les “nouvelles technologies” sont incapables de compenser la baisse de cette production.
Un autre président de compagnie pétrolière Peter Voser, la Shell en l’occurence et toujours en exercice, n’avait-il pas déclaré “qu’il faudrait l’équivalent de quatre Arabie Saoudite d’ici 2020 pour maintenir l’offre à son niveau actuel“.
La question à 1 000 barils est donc de savoir si déjà les gisements de l’Amérique du Nord (dont le Dakota du Nord), du Brésil, de l’Arctique, des pétroles lourds du Canada et du Venezuela et d’autres régions, suffiront à compenser le déclin de la production.
Pour le Brésil et l’Arctique la question semble déjà réglée car cette exploitation complexe, de l’offshore très profond dans le premier cas, doublé de conditions climatiques extrêmes dans le deuxième cas, ne verra certainement pas le jour avant 2020 ou 2025.
En ce qui concerne les pétroles extra-lourds du Canada et du Venezuela, ce qui compte n’est pas tant l’étendue des réserves que la capacité de production pour un pétrole immature constitué de boues qui doivent faire l’objet d’une lourde transformation pour donner du pétrole liquide. A ce jour, dans un processus classique de traitement on estime le potentiel allant de 4 à 8 % de la production mondiale.
Le problème reste donc entier, à savoir comment trouver 24 millions de barils ? Les pétro-optimistes nous laissent donc sur notre fin. Pas de statistiques, pas d’ordre de grandeur, pas de traduction chiffrée des folles espérances, en face des 30 milliards de barils dont a besoin le monde, et ce chaque année.
L’arithmétique élémentaire est donc comme le grand trou noir de la pensée cornupicienne (1) où ceux qui croient en une corne d’abondance éternelle se voilent la face en se rassurant avec toutes sortes de nouveautés qui vont nous sauver.
Note :
(1) Voir Yves Cochet “Pétrole Apocalypse”, Fayard, 2005.
Selon l’edition de Science et Vie du mois de mai 2012 ca va etre encore plus catastrophique que prevue.
En plus du pic petrolier, gazier, uranium, gasz, 26 elements vitaux vont manquer.
Et, toujours selon Science et Vie, malheureusement les Terres arables vont s’amenuiser, l’eau potable aussi et la pollution de l’air s’emplifier.
Une bonne partie de ces pics se produiront tres proches les uns des autres et donc autant dire que si la population mondiale approche les 9 a 10 milliards d’habitants a ce moment la, la chute sera quasi vertical.
Certains jeunes d’aujourd’hui reproche a la generation de 1968 la situation d’aujourd’hui…. A tord selon moi.
Les jeunes dans 30 a 40 ans feront le meme reproche aux jeunes d’aujourd’hui…………. Toujours a tord selon moi.
Les jeunes d’en bas des annees 2012 n’ont pas plus le pouvoir que les jeunes d’en bas des annees 1968.
Même sujet;
http://lachute.over-blog.com/article-explosion-de-l-huile-de-schiste-encore-de-la-propagande-107800687.html
La “civilisation de masse” en bonne voie d’éffondrement
Cà ne change strictement rien à l’intérêt de ne pas dépendre de ressources fossiles importées.
Par contre, militairement, c’est cool d’avoir une source d’appro qui ne soit pas sous le contrôle de nos amis les divers dictateurs islamistes ou assimiliés. Parce que les chars Leclerc électrique, c’est pas pour demain, lol.
Huile et gaz de schiste, encore un blanc-seing pour les grosses compagnies pétrolières et catastrophe écologique qui déploie ses effets en très peu de temps (3 à 4 ans maximum avant qu’une nappe phréatique soit rendue inexploitable par l’homme à cause des puits).
Abrutix, vous qui avez l’air de vous réjouir de l’exploitation du schiste via les fracturations hydrauliques, regardez un reportage appelé Gasland (il est sur fortune), vous pourriez changer d’avis, surtout que si j’ai bonne mémoire, le milieu aquatique vous tient à coeur. Il y a des projets d’exploitations dans ma région (aux alentours du Lac Léman) qui pourrait avoir des conséquences irréversibles pour la faune aquatique locale.
Velvet Pistols,
je vous rassure, à titre personnel je suis carrément pour mettre en place une vraie politique structurelle pour tenter de se débarrasser au mieux de la dépendance à cette cochonnerie pour trois raisons:
. C’est pas viable à long terme parce que gaz de shiste ou pas, c’est une ressource finie..
. On l’importe depuis des pays pour lequel je n’ai pas vraiment d’atomes crochus.
. Cà nous coûte des milliards par an en importation.
Par contre, l’intérêt que j’y vois, vu que je ne suis pas encore Président de la République Française, c’est uniquement géostratégique: le canal de Suez est en train de tomber aux mains des islamistes Egyptiens (pour info) et nous devons faire des ronds de jambe à un certain nombre de monarchies pétrolières parce qu’il faut pétrole (le Qatar exonérés de plus-value sur les transactions immobilières en France, par exemple, le gaz Algérien, la mainmise Turque sur les oléoducs, etc…).
L’alternative US me paraît préférable, vu que c’est pas avec les leaders actuels qu’on va accélérer le mouvement de sortie de l’ère pétrolière.
Disons que c’est realisme politique contre voeux pieu. Sinon, à part çà, oui, il semblerait que ce soit une catastrophe.
.
Ouin, je vous avais fait une réponse circonstanciée mais j’ai dû mal additionner 2+2 et elle ne vient pas.
Je résume:
. Je suis pas pour les GDS.
. Je suis pas pour importer du pétrole, et encore moins si çà sert à alimenter la puissance financière de nos amis.
. Nos gouvernants ne font rien pour hâter une éventuelle sortie de la dépendance énergétique donc avoir une source d’approvisionnement hors muzz (qui contrôlent désormais le canal de Suez, quand même), c’est bien. Surtout en cas de conflit armé.
Dans l’attente de la réalisation de mon fantasme d’indépendance énergétique, je suis bien content de pouvoir m’assurer que mes chars et mes avions pourront s’approvisionner en essence pour aller “rétablir l’ordre et la démocratie” chez les excités du bocal.
Ca contredit ce qu’affirme H Juvin: http://www.realpolitik.tv/2012/07/etats-unis-vers-un-renversement-economique-inattendu/
Et d’un point de vue énergétique, ca n’arrange rien, bien au contraire. Il faudra beaucoup d’énergie (donc du pétrole) pour extraire et purifier cette huile de schiste. Sans oublier les dégâts environnementaux….
@7 imperator
Je m’etais fait la meme reflexion.
Ca doit faire bizarre de voir les USA concurencer les monarchies du petrole Arabes pour vendre du petrole…… aux chinois.
Il est aussi possible que le $ etant de moins en moins accepte les USA soient constraint de toucher a leurs reserves de petrole.
Si j’ai bien compris, l’article de Heve Juvin est claire, ce petrole doit etre exporte
quand il seront autonome en énergie il lacherons le dollar et payeront leur dette par l’inflation ou en changeant de monaie et rapatrieront leur usines car il seront plus compétitif,nous voila repartit pour un tour!!!
@ALTE #1. Très juste ALTE, certains ici et plus encore sur fdesouche rendent les générations d’après guerre responsables de la situation dramatique dans laquelle on est plongée. En fait c’est plutôt dû à l’oligarchie qui a pris le pouvoir en 1945 et n’a cessée de l’étendre et de le renforcer de manière de plus en plus dictatoriale au détriment de TOUS les peuples BLANCS et singulièrement des EUROPéENS. Bonsoir à tous.
Les générations d’après guerre c’est un peu comme les parents, ils ont fait ce qu’ils ont pu et c’était probablement pas facile.
Mais il me semble que l’évolution des mentalités a commencer avec la démocratisation d’internet, et a contrario je suis souvent surpris du manque de perspicacité des classes dites supérieurs, de la a faire une relation avec les méthodes d’enseignement il n’y a qu’un pas.
https://www.google.com/search?client=opera&rls=fr&q=le+petrole+abiotique&sourceid=opera&ie=utf-8&oe=utf-8&channel=suggest
vous avez raison et tord à la fois…
Le pétrole est avant tout d’origine minéral (au moins à 95%) et pas organique comme le prétendent les pseudo scientifiques payés par les grandes firmes pétrolières pour faire grimper les prix …
Néanmoins les réserves pétrolières aujourd’hui exploitées sont majoritairement organiques car les réserves pétrolières minérales sont avant tout dans les montagnes ou trop en profondeurs pour que l’on puisse l’exploiter avec un coût moindre (faisable mais trop cher par rapport à ce que l’on fait actuellement).
Donc nous aurons toujours du pétrole , mais nous “découvrirons” peu à peu “miraculeusement” de nouvelles réserves pour maintenir le cours du brut à un niveau élevé pour brasser un maximum de pognon…
Donc il faut soit rétablir une vérité profondément enfouie , soit dans le cas où cela ne serait pas possible , de chercher de nouvelles sources d’énergies moins chères , ou mieux encore fabriquer nous même notre biopétrole ce qui est possible pour un coût élevé au début (prix des infrastructures et espaces demandés) mais pour le prix d’un baril de pétrôle bien moindre que l’actuel à la fin :
C’est viable économiquement , cela nous rend indépendant énergétiquement de tout les pouyeux de la terre , et ça permet de recycler tout les déchets organiques produits dans notre beau pays. Comme quoi le recyclage est une source potentielle de richesse monstrueuse ! L’écologie peut mettre en route la quatrième révolution industrielle et nous pouvons en être , comme les 2 premières , les acteurs et initiateurs !!!