Pour la première fois depuis son élection il y a six mois, la directrice générale du Fonds monétaire internationale, Christine Lagarde visite le continent africain. Après le Nigeria, elle était ce jeudi 22 décembre 2011 au Niger. Quel peut être l’impact de la crise des pays de la zone euro sur le continent africain ? Christine Lagarde répond aux questions de RFI.

RFI : Si le FMI doit aider les Européens dans les mois qui viennent, que va-t-il rester pour les Africains ?
C. L. : L’aide n’est pas destinée exclusivement à la zone euro. Le Fonds monétaire international est au service de tous ses membres et lorsque les pays d’Afrique, qui bénéficient aujourd’hui de 23 programmes, ont besoin du soutien du FMI, il faut que la ressource soit disponible.
Il n’est pas question de privilégier une seule zone au détriment des autres. Donc les programmes à destination des pays à faibles revenus, ou les instruments financiers qui sont particulièrement destinés à ces pays-là, devront continuer à être alimentés et financés.
RFI : Depuis un an, la Guinée est dotée d’un régime démocratique. Est-ce que vous allez lui accorder un prêt exceptionnel ?
C. L. : Nous espérons pouvoir finaliser ces négociations dans les prochaines semaines pour pouvoir mettre en place une facilité élargie de crédits et soutenir les efforts de développement du gouvernement de Guinée.
C’est évidemment un pays qui bénéficie maintenant d’un gouvernement légitime. Nous sommes à ses côtés.
Il s’agit maintenant de mettre en place un programme, sur une période de trois ans, doté de moyens financiers importants.
Il faut qu’on arrive à négocier de manière efficace et j’espère que je pourrai soumettre à mon conseil d’administration en début d’année 2012 une facilité élargie de crédit.
RFI : Une réduction de la dette de la Côte d’Ivoire est-elle envisagée dans les mois qui viennent en 2012 ?
C. L. : (…) Nous prévoyons de mettre en place un programme de soutien à l’économie de Côte d’Ivoire qui serait un programme de trois ans et qui a été d’ailleurs approuvé le mois dernier.
Et ce programme vient évidemment en plus de tous les programmes d’assistance technique, de soutien dans un certain nombre de domaines, notamment l’administration des finances, le développement du secteur financier, la gestion de la dette. Dans tous ces domaines-là, nous essayons d’aider la Côte d’Ivoire au mieux de nos moyens.
Mais bien sûr que si, que la priorité va être, en quantités au moins, attribuée aux Européens : les (vrais) patrons du FMI ayant d’autres centres d’intérêt que la philanthropie, ils vont aider la zone où ils ont le plus d’intérêts sonnants et trébuchants à perdre si elle se casse la gueule. Or, l’Europe est un bon gros fruits bien juteux duquel il reste encore énormément de richesses à prélever par spoliation bancaire. On aurait tort de s’en priver au nom de je ne sais quelle équité…