Les parasites fiscaux à peine égratignés

The Economist a publié récemment un article sur la lutte contre le secret bancaire en Suisse. L’occasion de faire un état des lieux approfondi sur les principaux parasites fiscaux de la planète et les mesures en place.
Tour du monde des parasites fiscaux

 

The Economist reprend les chiffres du BCG. Selon cette source, la Suisse viendrait en première position et abriterait plus de 2000 milliards de capitaux (dont plus de 1000 venant d’Europe), suivie par la Grande-Bretagne, l’Irlande et les îles britanniques (1900 milliards, dont 750 venant d’Europe). Puis, suivent les Caraïbes et Panama (900), Hong-Kong et Singapour (900), les États-Unis (700) et le Luxembourg (600). En tout, cela représente 3000 milliards de capitaux européens !

 

Tout cet argent qui a quitté les grands pays européens continentaux représente naturellement un manque de financement pour l’économie nationale (la France exporte 100 milliards d’épargne tous les ans selon Alain Cotta). En outre, il s’agit d’argent qui ne sera pas taxé et c’est donc une perte financière importante pour les États. A 4% de rendement (ce que propose l’assurance-vie), cela représente la bagatelle de 120 milliards de revenus qui échapperaient à l’impôt.

Bref, les pertes fiscales pour un pays comme la France représentent plusieurs dizaines de milliards d’euros (si l’ensemble des sommes étaient rapatriées sur le territoire national) comme l’avait rapporté le Monde ! Malheureusement, la libre circulation des capitaux, la prunelle des yeux de cette Europe laisser-fairiste, est le meilleur allié des parasites fiscaux.

Car comment contrôler ces sangsues fiscales si les capitaux peuvent ignorer les frontières et se déplacer à leur guise ?

La démission des politiques

 

A ce titre, cela permet de rappeler que le G20 n’a pas fait grand chose pour recadrer les pratiques des parasites fiscaux puisque les États prennent des initiatives séparées pour essayer de combattre l’évasion fiscale. Les services fiscaux étasuniens viennent de lancer le troisième programme d’amnistie en trois ans avec les banques suisses. La Grande-Bretagne vient également de les mettre sous pression et annonce pouvoir récupérer pas moins de 7 milliards.

 

L’Allemagne a également imposé un accord avec les banques après avoir carrément acheté des listings de contribuables allemands qui avaient transféré leurs avoirs. Comme souvent, Nicolas Sarkozy a beaucoup parlé et il a beaucoup moins agi. Non seulement le G20 n’a absolument rien donné sur la réglementation des parasites fiscaux, comme le soutient Éric Vernier, mais en plus, il ne fait absolument rien sur le territoire national et tient donc un double discours.

 

Mais si l’on veut mettre fin à ce fléau qui pousse nos États au moins-disant fiscal, il faudra restreindre la circulation des capitaux, des biens et des personnes avec ces États. Car il est bien évident que c’est cette libéralisation anarchique qui permet aux parasites fiscaux de prospérer. Il est absolument incroyable que pas grand monde n’arrive à le comprendre. Quand on peut facilement économiser des impôts, cela est tentant. Il faut donc le rendre (beaucoup) plus difficile.

 

Il est parfaitement possible de mettre au pas les parasites fiscaux. Le Général de Gaulle avait fait un blocus de Monaco en son temps. Aujourd’hui, les États commencent à réagir, mais on ne peut que constater que la France est en retard sur ce sujet.

Le Gaulliste Libre

Commentaires (3)

  1. Comme je le dit dans un autre article, cet aspect-là est essentiel si nous voulons retrouver un état juste et solidaire, mais qui puisse en même temps être “viable” économiquement.

  2. Très juste.

    Si on ajoute le Royaume-Uni et les Iles Britanniques, cet ensemble passe largement devant la Suisse. C’est pourquoi le gouvernement britannique est hostile à tout contrôle.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>