Le travail gratuit stade ultime du capitalisme

Travail gratuit : le nouveau rêve de tout libéral (ou capitaliste, ça revient au même dans les faits malgré les dénégations des zozos en question) : déconnecter le travail de la rémunération et du capital. Précarité en hausse, stages qui s’enchainent dans l’espoir de trouver un travail rémunéré au prix “normal.“

A se demander si on ne voit pas naître une nouvelle classe sociale le précariat, à coté du salariat . Et si cette situation ne profite pas involontairement ou volontairement à certains salariés qui exploitent ainsi leur semblables pour éviter de tomber sous des sanctions ou de ne plus progresser dans leur carrière (en gros: font de la lèche et exploitent les stagiaires ni vu ni connu). Ce qui devait faire penser aux marxistes que la classe ouvrière ou le prolétariat (qui inclue pour eux les cadres) peuvent très bien se cannibaliser et toujours dans un même sens : les plus faibles en premier.

Ce phénomène insidieux associé à l’apparition d’une nouvelle aristocratie aboutira si rien n’est fait à une ploutocratie où les salariés mettront leur force de travail en vente dans des marchés aux enchères… Vous allez voir que cela existe déjà !

France : Stages et RSA

Nous avons eu le STO 2.0 pour le RSA présenté par la droite sociale influencée par la droite populaire, qui elle même copie les droites “à droite” de l’union européenne dans un mouvement anti-assistanat qui est en fait chargé de transformer le travailleur ou chômeur pauvre en bouc émissaire. Comme le fait d’ailleurs le troll Mistral depuis qu’il un blog à son effigie.

On trouve des stages non payant avant 2 mois, bizarrement c’est la limite pour beaucoup de stagiaires… Forcément, le stage ne devient payant qu’au bout de 2 mois…  Là encore on trouve ça dans des secteurs d’activité comme le luxe, la mode. Constaté par moi même en discutant avec de jeunes twitteurs. Terrible façon de commencer dans la vie active, surtout quand on approche 30 ans !

Et que dire, des blogeurs qui travaillent gratuitement pour un site de presse qui lui bénéficie des subventions d’état pour ses salariés.

On trouve aussi des stagiaires dans les métiers “intellos” : communication, médias, cinéma et qui ne sont pas rémunérés , avec auto-conviction “je dois faire mes preuves” qui fait que la victime se convainc du rôle bénéfique pour tous de son expérience. Terrible constat qui aurait captivé Pavlov : Le salarié se met lui même dans le costume de l’esclave et porte sur lui la faute de la situation “je dois” et courre à la gamelle qui est alors presque vide.

Tout ce qu’on sait , c’est que  leur nombre serai passé de 800 000 à 1,2 millions en 4 ans (2010), + 50% . On peut donc saluer l’effort de l’UMP et du MEDEF . Tout ça c’est du travail gratuit ou presque, une façon ignoble de réduire le coût du travail.

USA, le pire du meilleur de l’horreur :

Avec des stagiaires qui payent pour avoir un stage gratuit : ça s’est vu aux USA. Bien sûr dans le luxe, ou entreprises “très réputées”. Ainsi, Disney aux USA : 7000 stagiaires qui viennent de partout, travailler payé au lance-pierre et sans  protection sociale. Disney a même conclu des accords avec des lycées et universités :

 Pour monter un projet de cette taille, nous avions besoin de l’aide des universités (..) Outre le nombre, l’impératif était de pouvoir obtenir une main-d’œuvre flexible susceptible d’être ajustée aux fluctuations [saisonnières].

Flexible veut donc dire payé à coup de lance-pierre ! Pour les complices locaux dans l’enseignement supérieur, tout ça se justifie :

“Son principal effet est d’améliorer l’estime de soi des étudiants.”

Terrible non ? Le message est clair : Ne pas être payé à la valeur du travail, se taire et en cadeau faire un beau sourire à l’employeur et à ses clients devenus complices  et assimiler son propre rôle d’esclave sous payé. Pensez-y quand vous irez visiter Mickey au USA. En France Disney l’annonce sur son site WEB: plus de 1000 apprentis et stagiaires accueillis chaque année. Mais le pire est à venir, voilà ce que j’ai trouvé  dans Courrier International n°1075, qui proposait un dossier sur le sujet, avec un extrait de la  London Review of Books :

Il existe même un marché où l’on peut acheter des stages aux enchères. Une place chez Versace a ainsi récemment atteint 5 000 dollars ; des droits de blogging temporaires au Huffington Post ont été adjugés pour 13 000 dollars ; et quelqu’un a même été prêt à débourser 42 500 dollars pour travailler quelques jours à Vogue.

Dream Careers, une boîte californienne, vend chaque année 2 000 stages dans le monde entier. On peut acheter huit semaines l’été pour 8 000 dollars (pour Londres, ce sera 9 500 dollars). La valeur pédagogique de ces stages reste pourtant à démontrer, qu’ils soient organisés par Dream Careers ou par une université.  

On le voit marché du luxe, ou des communications. Avec des noms connus, comme le Huffington Post. Présenté comme un modèle par les adeptes des médias en mode pure player, on voit qu’il y a de drôles de pratiques autour de ce modèle.

Royaume-Uni : Déguiser un emploi en stage c’est illégal.

Selon le guardian qui a enquêté , une enquête réalisée par Yougov pour internocracy nous apprend que près de un dirigeant sur cinq reconnait prendre des stagiaires pour réduire ses couts de main-d’oeuvre. Là bas des stagiaires font condamner les employeurs .. à se faire payer le salaire minimal et des congés payés . Pour l’employeur en cause le discours est entendu partout : Si les publications sont sanctionnées pour avoir aidé des bénévoles à acquérir l’expérience qui leur manque, les offres de stages vont se raréfier.

Or dans le monde salarié, la formation sur le tas, ça existe depuis des années. les périodes d’essai aussi, ainsi que la formation continue des salariés. Mais là encore ce que veulent ces entrepreneurs, c’est profiter gratuitement de personnel formés par des études supérieures et qui acceptent de travailler sans être payés. Et là encore ça concerne des agences Web, des entreprises 2.0, des agences de communication ou autres… Un mouvement Cashback for Interns a donc été lancé: 37% des stages ne sont pas rémunérés ou sous le minimum légal.

Selon le Guardian “Si la gauche européenne ne répond pas aux aspirations des salariés les plus fragiles et les plus exposés à la crise, c’est l’extrême-droite qui s’en chargera. Il faut réinventer la trinité progressiste de l’égalité, de la liberté et de la fraternité.“.

On notera que pour le quotidien anglais, la devise de la Révolution française est à ré-inventer. Et que ce message s’adresse aussi à notre gauche à nous !

Espagne : J’ai vu une vidéo sur I>télé avec des témoignages de CDD non payés. Ah zut la vidéo n’est plus disponible… comme c’est dommage. Idem pour la Grèce, si des manifestants demandent à être payés, d’après vous , c’est pour quelle raison ?

Mexique : un nouveau modèle libéral? Faire travailler les enfants gratuitement

Au Mexique, parmi les 3, 470 millions d’enfants qui travaillent, 70% ne reçoivent aucun salaire et seulement un cinquième de ceux qui les emploient leur donnent une rémunération quotidienne. Ces chiffres furent dénoncés à l’occasion de la table ronde « No a la explotación laboral, compartamos la mirada y unamos nuestras voces » organisée hier par diverses Organisations Non-Gouvernementales.

Au Portugal près de 300’000 Portugais doivent cumuler les emplois pour joindre les deux bouts. Phénomène qui touche aussi les classes moyennes.

Voilà une vidéo, qui explique que la bas 40% des employés sont précaires.

Italie : le gouvernement fait travailler gratuitement des stagiaires dans les services gouvernementaux. Avec de terribles aveux.

“Il arrive que le responsable aille se promener et que le stagiaire élabore un document à sa place – des indicateurs de performance, des indicateurs de bilan, un journal officiel, des décrets-lois, des communiqués de presse, des notes aux médias…,

Et comme en France, le ministre explique qu’il faut bien sûr empêcher tout ça. Et bizarrement on a trouvé aussi des membres de cette administration dénoncer les faineants ! Tout en faisant travailler des stagiaires sans les payer.  Et ce qu’on pourrait trouver ça en France ? je me le demande.

Autre forme de travail gratuit qui est apparue chez nous : l’externalisation ouverte c’est à dire l’utilisation du savoir-faire des internautes pour effectuer des tâches traditionnellement effectuées par des salariés. L’opérateur télécom Bouygues-Télécom l’a ainsi fait avec son offre “B&YOU” où le service après vente est .. assurée par les clients eux même. Version raccourcie, et moins glorieuse du cas du Huffington Post qui a rapporté 315 millions de dollars à sa créatrice alors qu’une grande partie du contenu et de la réputation du site venait du travail de bénévoles. Tout ça sous le vocable de crowdsourcing. Qu’on présente comme un management de la connaissance, alors que ce n’est que la transformation en capital .. du travail gratuit de tiers. D’après vous d’où vient la valorisation boursière de Facebook ou d’autres sites du même genre qui s’approprient vos contenus ?

les mêmes entreprises adeptes de ce travail gratuit font aussi des efforts considérables pour ne pas payer d’impôts. Ainsi Amazon qui dépend énormément des avis des lecteurs et de leur comportement d’achats pour son système de conseil de lectures (donc crowdsourcing) menace de quitter les états US qui oseraient le taxer !

On le voit, nos top winners décideurs au somment de la société, dirigeants d’entreprises profitables ont trouvé un bon moyen de réduire le cout du travail et ce un peu partout dans l’OCDE ou zone “occidentale” : Faire travailler gratuitement des salariés formés, et bientôt les faire payer pour travailler gratuitement en copiant le modèle US. Et qu’on ne compte pas sur l’OCDE pour être honnête en critiquant (serait-ce possible), par ce que l’organisation bras armée du libéralisme propose des stages non rémunérés… pour établir des notes et participer à la rédaction de rapports .. de l’OCDE.

Sarkopipo

Commentaires (41)

  1. Je ne suis pas d’accord concernant le RSA.

    L’anomalie c’est de donner plus à un famille au rsa qu’à un smicard avec la même composition familiale.

    Or au lieu de modifier l’effet de seuil en baissant le RSA ou en augmentant l’echelle des salaires, la droite choisira de faire travailler 1 jour/ semaine le rmiste.

    Celui qui travaille pour rien c’est le Smicard avec une femme et deux gosses.
    Loin de moi l’idée d’opposer les pauvres entre eux, c’est un fait. D’ailleurs la lutte existe déjà, suffit d’étudier l’urbanisation.

    Globalement l’article est tout de même important pour décrire la pente.

  2. Dommage qu’il croie encore à la “gauche”. Les stages combinés au travail des clandestins pour les métiers non qualifiés sont la recette gagnante de tout pays “moderne”.

  3. On attend que les libéraux viennent nous expliquer pour la énième fois que leur bel idéal, pas utopique du tout, a été trahi, etc.

    Curieux, hein. Leur “vrai” libéralisme est partout, sauf dans la réalité.

  4. J’aimerai que l’on m’explique, une bonne fois pour toute, qu’est-ce qu’il y a de libéral dans les politiques que nous avons menées depuis 40 ans ???

    Sincèrement, donnez-moi ne serait-ce qu’une seule loi libérale qui ai été voté depuis Mitterrand ?

    Quand je vois notre dette faramineuse et l’état actuel de l’Europe, j’ai plus l’impression de voir des socialistes aux commandes qui n’ont fais que s’engraisser comme des porcs, dépenser sans compter et mettre en place des lois liberticides à la fois pour nos économies, nos entreprises et nos peuples.

    Libéralisme devient comme racisme, un mot totalement vidé de son sens.

  5. C’est exact Fritz, de gauche comme de droite les gouvernements successifs ont fait du keynésianisme.

  6. @Goupil

    Oui c’est bizarre, je ne comprends pour ainsi dire absolument pas les gens. Ils critiquent à fond Sarko/Hollande et toute la troupe de ménestrel médiatique pour au final avoir quoi comme conclusion : le libéralisme c’est le mal.

    Mais comment ça ?? On a rien fais de libéral depuis des années ???

  7. Merci @Fritz et @Goupil.

    La grande réussite du socialisme est de s’être fait nommer libéralisme.

  8. Fritz
    Le 25/01/2012 à 18:45 | Permalien

    Boréas s’énerve contre le libéralisme, mais ca ne veut pas dire qu’il soit socialiste.

    Vous avez raison quand vous dites: “Libéralisme devient comme racisme, un mot totalement vidé de son sens.” Et j’ajouterais “tout comme le mot socialisme”.

  9. Le libéralisme n’est pas à la base quelque chose de mauvais. Dans le libéralisme il y a d’abord la liberté.

    Le libéralisme c’est ce qui permet d’empêcher la reproduction des élites à la française et d’empêcher la formation d’un capitalisme d’héritiers de énième génération où les nouvelles fortunes peinent à faire leur place. Le libéralisme c’est ce qui permet à des entrepreneurs comme Xavier Niel de réussir sans avoir fait les grandes écoles et fréquenter les bons réseaux. Le libéralisme c’est ce qui permet encore à des entreprises comme Free ou Megaupload d’exister.

    Seulement voilà… ce libéralisme authentique est aujourd’hui complétement perverti par une oligarchie transnationale qui impose ses règles au marché et est en collusion complète avec le pouvoir qu’il soit de droite ou de gauche. Et c’est bien cette oligarchie qui se partage les marchés, contrôle les médias et finance les campagnes électorales pour nous imposer des candidats.

    Le libéralisme est simplement victime de ses excès comme dans tout système. Un excès chasse l’autre… et c’est pourquoi les guerres interviennent cycliquement pour corriger tous ça et repartir de l’avant en recommandant le même cycle… Ainsi va la vie…

  10. Le libéralisme, c’est bien quand on est jeune, et en bonne santé.

    Notre système n’est à 100 % rien du tout.

    Il conjugue tous les défauts du socialisme et du libéralisme au profit des mêmes.

  11. “Selon le Guardian “Si la gauche européenne ne répond pas aux aspirations des salariés les plus fragiles et les plus exposés à la crise, c’est l’extrême-droite qui s’en chargera. Il faut réinventer la trinité progressiste de l’égalité, de la liberté et de la fraternité.“”

    conclusion : la gauche n’est intéressée que par le pouvoir et la lutte contre l’extrême droite

  12. Si le libéralisme (qui n’est pas qu’économique) n’a jamais existé, n’existe pas et n’existera jamais, sauf dans l’actuelle Somalie, c’est parce qu’il s’agit d’une utopie pseudo-philosophique fondée sur une représentation erronée de l’être humain et du monde :

    http://www.alaindebenoist.com/pdf/critique_de_l_ideologie_liberale.pdf

    Le fait de confondre, comme on le fait couramment, la liberté d’entreprendre avec le libéralisme en dit long sur l’état de délabrement de l’instruction publique dans notre pays.

    Les requins de l’économie et de la finance ne s’intéressent qu’au profit matériel et à la loi du plus fort. Ils n’ont pas d’idéologie. Mais ils s’en servent et les gogos “libéraux” les croient.

  13. Le libéralisme est le discours que le tyran tient pour dire “laissez-moi faire tout ce que je veux !” et justifier son despotisme.

    Les libéraux sont toujours des despotes et des oppresseurs.

    Toute la philosophie hédoniste et subjectiviste de 68 était un retour radical du libéralisme anglo-saxon, qui lui-même est issu du libre-examen de la Réforme: “il est interdit d’interdire”, “vivre sans contrainte et jouir sans entraves”. C’est l’idéologie de la société de consommation.

  14. “Les libéraux sont toujours des despotes et des oppresseurs”

    La tyrannie est l’essence de n’importe quelle forme de pouvoir.

    “qui lui-même est issu du libre-examen de la Réforme: « il est interdit d’interdire », « vivre sans contrainte et jouir sans entraves ».”

    J’imagine mal les puritains jouir sans entrave.

  15. “puritain” à l’origine ne voulait pas dire la même chose, mais l’équivalent de puriste, du point de vue doctrinal, donc fondamentaliste.

    La théorie du libre-examen est quand même un “chacun fait ce qui lui plait”, “chacun pense par lui-même”, “chacun invente un monde nouveau”, “chacun fait sa fortune” c’est la base de l’individualisme érigé en morale. Il n’y a plus de norme ni de tradition.

    Mai 68 était un mouvement anti autoritaire et individualiste.

  16. Le contraire de la philosophie hédoniste est la philosophie héroïque.

    Le héros est chevaleresque et courtois dans ses rapports avec l’autre sexe, tandis que l’hédoniste est brutal, oppresseur, voleur, perv. Inutile de donner des exemples.

    Le calvinisme a complètement tourné le dos à la philosophie héroïque pour promouvoir une philosophie utilitariste: le bien consiste à acquérir le plus possible de plaisir pour un minimum de peine ou de souffrance. On est à l’opposé de l’héroïsme qui repose sur le sacrifice: plus j’ai fait d’effort, plus j’ai souffert, et plus ma victoire et mon plaisir seront grand.

  17. Encore une fois je ne suis pas d’accord avec la thèse présentée.
    Si des gens acceptent de travailler gratuitement ils sont bien cons et c’est leur problème et non pas celui du libéralisme.
    Le libéralisme c’est “la main invisible”. Ce qui est bon pour moi, l’est ultimement pour tout le monde. Rien à voir avec le travail gratuit.
    Idem pour les associations “charitables” qui volent le travail des artisans, des commerçants et des travailleurs. Elles n’ont rien à voir avec le libéralisme.
    Egalement quand je vais sur les forums informatiques il y a toujours un type quelque part qui répond bénévolement à des problèmes de Business. Qui puis-je si le type est totalement débile?
    Itou pour les dévelopeurs d’applications qui donnent leur travail pour rien.
    Les stagiaires en com’, pub’, etc.. sont aussi de beaux idiots. Si ils étaient moins cons ils s’associeraient entre eux et travailleraient pour eux-mêmes directement en montant leurs boites plutôt que de bosser pour quelqu’un d’autre gratuitement. Au pire au bout de 6 mois ils arracheraient au moins un petit bifton au lieu de finir par gratifier le personel de la boite de leurs attentions gouluements charnelles pour espérer un jour se faire embaucher.
    et si il n’y a pas de travail qui paye dans sa branche mais juste des stages à l’oeil, il faut changer de branche. Je l’ai fait. Je ne bosserai jamais à l’oeil, je suis bien trop libéral pour ça.

  18. Moi je veux bien bosser gratos , mais à condition d’être payé à ne rien foutre le reste du temps .

    Mais au fond c’est déjà ce qui est en place .

  19. ” Si des gens acceptent de travailler gratuitement ils sont bien cons et c’est leur problème et non pas celui du libéralisme. ”

    Comment expliquez vous que pas mal de smicard(e) accepte ?

  20. smic = salaire = travail (mal) rémunéré.
    Je ne comprend pas le sens de votre question dans le contexte de ce débat. (Travail gratuit, stade ultime du capitalisme).

  21. C’est pourtant évident, Le Nettoyeur.

    Au premier stade de la servitude, on travaille pour peu.

    Au dernier stade, il n’y a plus d’emplois rémunérés et on accepte de travailler pour rien dans l’espoir d’une rémunération ultérieure, même très faible.

  22. LeNettoyeur
    Le 26/01/2012 à 00:14 | Permalien

    Voilà le genre de com’ à la c.on….

    Vous pensez vraiment que les gens aient le choix? Que la société leur laisse le choix? Mais vous vivez où vous, dans la Lune????

  23. On a toujours le choix.
    On peut toujours accuser “le sytème”, il y a un moment ou on décide soi-même de collaborer, ou pas. On peut aussi décider d’aller faire la manche si ça paye mieux.
    Travailler gratuitement est un luxe que certains utilisent pour accéder à des emplois de leurs rèves pour la simple raison que ce système n’est pas viable par lui-même.
    On voit rarement les gens ramasser les poubelles à l’oeil. Par contre des filles et des fils à papa sans soucis de fin de mois dans la com’ ça pullule.
    Personnellement je suis un fils d’ouvrier et je n’ai jamais eu ne serait-ce que la possibilité de travailler gratuitement. Je serais mort de faim dans la rue très rapidement si j’avais suivi cette voie qu’on m’a bien proposé mais que j’ai toujours décliné poliment.

  24. leperigourdin
    Le 26/01/2012 à 08:48 | Permalien
    » Si des gens acceptent de travailler gratuitement ils sont bien cons et c’est leur problème et non pas celui du libéralisme. »

    Comment expliquez vous que pas mal de smicard(e) accepte ?
    _________

    De quoi vous parlez ?

    Un smicard n’accepte pas un travail non rémunéré, il se fait déjà suffisamment chié tous les jours afin d’obtenir un salaire misérable pour accepter de ne pas être payé !

    Qui plus est, nous vivons dans un pays qui permet à certains (voir beaucoup) de ne pas travailler et de gagner le même salaire, alors quoi ?
    Vous croyez réellement qu’une personne au SMIC se mettrait à travailler pour pas un seul kopeck ?

    Comme le Nettoyeur l’a dit, cet article est destiné aux étudiants qui veulent A N’IMPORTE QUEL PRIX accéder au métier de leur rêve, et personne d’autre.

  25. Comme cela a été ecrit de nombreuses fois sur le fil, il n’y a quasi-aucune difference entre le smic 1070€ net et une famille avec deux enfants au RSA.

    De fait le smicard travaille pour rien, pourquoi ?

  26. Le Nettoyeur et Fritz,
    Oui. Il n’existe d’ailleurs pas ces phénomènes dans la maintenance et le bâtiment.
    Il faut toutefois préciser en ce qui concerne les éternels stagiaires, qu’ils sont aux mains d’univers féminins. C’est Môman, les profs et xxx hystérique de la société du spectacle qui ne supportent pas de voir les beaux gars et les jeunes filles travailler vraiment. Avez-vous déjà expliqué à une de ces mères de stagiaires et autres oncles responsables qu’il reste encore des métiers manuels ou technique au sens large bien payés et mieux fréquentés, (santé et comptabilité inclus) ?

    Ces vieux ont un discours argotique transparent sur ces sujets vitaux : ils refusent de vieillir et veulent voir les jeunes amoindris se débattre parmi les minorités de toutes sortes. Ils les livrent à cet horrible destin pour ne pas se voir vieillir et parce qu’il croient que leur retraite ne dépend pas du travail de leurs descendants qu’ils ont déshérité de leur capital social. Ils veulent aussi les priver de relations sexuelles, ainsi, ces jeunes que les vieux ne peuvent plus “se faire”, leurs enfants ne les auront pas non plus. Ils les privent aussi d’une descendance légitime : les garçons auront tout juste des enfants vivant avec leur mère étrangère, et les filles seront larguées chaque fois qu’elle s’accrocheront, parce qu’elles n’ont pas assez de revenu, ni le soutien moral de leur famille, ce qui les rend déprimantes à fréquenter, sauf pour les candidats à l’immigration. On préfère aux Françaises des étrangères nimbées d’un cv prestigieux (les fanfaronnades simplettes cultivées en famille, le flou du tiers-monde et les stages payant sont très utiles, dans ce cas) et de mystérieuses valeurs morales (mariage ou rien). Or un tiers des mariages en France, se font avec des étrangères, et plus encore dans les grandes villes à stagiaires.

    Vous avez sûrement entendu dire qu’il y a des femmes qui couchent pour réussir. Mais il y en a d’autres qui “réussissent” pour coucher. c’est à dire qui s’achètent des stages et un diplômes pour devenir désirables et obtenir le statut de femme mariée. Elle peuvent alors tout plaquer, ou mettre le statut de juriste, styliste, architecte, psychologue, journaliste, DRH ou consultant, en jurant que c’est transitoire. Il ne tiendrait qu’à elle… Et tant que leur entourage y croient, l’investissement dans les études reste très rentable.

    Ces stages restent des loteries gagnantes, surtout pour les organisateurs et leurs publicistes, qui touchent aussi les loyers des meublés eux aussi en surnombre.

  27. J’ai appris récemment que les gens qui travaillent chez Carrefour font d’abord une semaine d’essai sans salaire…
    Sinon, contente de voir que FMK a réapparu ici.

    Anne Onyme
    Le 25/01/2012 à 21:32 | Permalien

    « Selon le Guardian “Si la gauche européenne ne répond pas aux aspirations des salariés les plus fragiles et les plus exposés à la crise, c’est l’extrême-droite qui s’en chargera. Il faut réinventer la trinité progressiste de l’égalité, de la liberté et de la fraternité.“ »

    conclusion : la gauche n’est intéressée que par le pouvoir et la lutte contre l’extrême droite
    _______________

    Conclusion, la gauche ne s’intéresse aux pauvres et aux fragiles que lorsque l’extrême droite s’y intéresse.

    Pour ceux qui se souviennent de l’horrible Charasse, qui se trimballait avec d’affreuses bretelles censées retenir son pantalon sur son son gros ventre, ministre de Mitterand : ” les pauvres, on s’en fout, ils ne votent pas pour nous.”

  28. Agathe
    C’est bien pessimiste tout ça, quoique fort intéressant.
    Les pauvres parents de stagiaires en prennent plein la tronche. Déjà qu’ils financent la survie de fifils ou fifille et qu’ils sont les exploités véritables : le loyer du studio, la note des courses, c’est pour eux.
    Qui sont ces parents ? Souvent des gens moyens, des employés accoutumés à gagner une vie assez confortable sans avoir fait preuve d’initiative ou de courage particulier, ni de réels talents dans leur vie, et que veulent croire que leur long fleuve tranquille va couler indéfiniment. Souvent, ils gagnent ou gagnaient plus (car le chômage sévit), que leurs parents au même âge, et s’estiment en conséquence.
    Ils adorent leur progéniture. Quand celle-ci grandissait, ils ont rêvé qu’elle travaillerait dans de jolis métiers heureux, ceux des séries télé, des êtres libres et bien vêtus qui y circulent, vont dans de magnifiques restaurants, commandent, décident, obtiennent. Ils ont payé les cours de danse et de poney, pour adapter très tôt leurs enfants à un univers qu’ils croyaient accessible.
    Plus tard, inquiets, ils ont juste souhaité que leur enfant maintienne ce niveau de vie qu”ils ont encore.
    Hélas, l’enfant étudie longtemps puis ne trouve rien : seulement des stages. Il les prend, se raconte que ça l’aidera pour son cv, s’aperçoit que non, reprend un stage. Ses parents s’aperçoivent qu’il n’y a pas vraiemnt de boulot dans la branche de leur enfant; et que leur enfant ne fera jamais partie du réseau qui tient tout et au sein duquel tout devient facile, tout vague diplôme se convertit en occupation grassement rémunérée, prestigieuse et très peu fatigante . Mais il est trop tard. Fifils ou fifille est déjà grand(e). A son âge, ses parents avaient déjà procréé.
    Alors on s’accroche, on tente encore. On trouive des emplois au smic sans le moindre prestige, en concurrence avec des divers du 93, pour lesquels il faut faire la queue et justifier de sa biographie et de son caractère, prendre l’air bien soumis que les DRH aiment tant, et qui n’ont pas le moindre rapport avec les études entreprises, les diplômes obtenus, je n’ose dire les sacrifices des parents. Ce n’esst plus la même époque.
    En bref, je crois que tout le monde s’est fait avoir dans l’affaire, et que ce n’est pas vraiment une question de générations, les stages.
    Il y a certes une opposition rentiers/travailleurs. Oligarques/peuple et califat/France réelle.

  29. Excellent fil, des posts passionnants (et dire que les médias racontent que les natios sont des brutes stupides : aucun média,sociologue ou expert officiel n’est capable de telles analyses)…oui travailler gratuitement est un luxe, mais pas seulement de fils à papa, également désormais de fils de classes moyennes, hélas…

    lisca999
    Le 27/01/2012 à 22:01
    + 100

  30. La classe moyenne est définitivement la plus affectée par ce jeu de dupe. Une sorte de course au renoncement qui élimine un par un ceux qui n’ont pas les reins assez solides pour tenir jusqu’au jour où ils obtiendront enfin LE job. Ce ne sera d’ailleurs que le début des ennuis car bientôt ils deviendront trop vieux et seront eux-mêmes en concurrence avec de nouveaux travailleurs gratuits, plus jeune, plus frais, plus soumis.
    Dans les secteurs dits “de rêve” tels que la pub ou la com, la valeur ajoutée du travail est relativement faible et les marges serrées.
    Ce travail qui s’offre gratuitement permet probablement de réduire la masse salariale de la boite en-dessous du SMIC une fois moyennées par têtes de pipes. Sans ce travail “à l’œil” il est vraisemblable que beaucoup d’agences fermeraient la porte.
    Et maintenant la note d’espoir pour tous les petits jeunes dans ce secteur!
    Le commerce électronique et les imprimantes multi-support modernes ouvrent de grandes avenues au Marketing et à la publicité. Un analyste de talent, un designer talentueux, des programmeurs de qualité peuvent se créer des opportunités par eux-mêmes. Des jeunes qui galèrent en stages gratuits devraient créer leurs propres startups en minimisant les obligations fiscales par l’utilisation d’un statut d’EURL et de s’associer sur le moyen terme avec des talents complémentaires dans la même situation. A 5 ou 6 sous une même enseigne on commence à chasser en meute et le gibier tombe plus facilement dans les filets.
    Pour cela il faut avoir une vision d’entrepreneur, une attitude professionnelle précoce mais comme Lisca999 le souligne justement beaucoup de ces travailleurs gratuits sont des enfants de la masse corvéable qui prennent peu de décisions pour eux-mêmes à part la destination de la semaine de congé et l’adresse du bistrot, ce qui ne facilite pas leur adhésion à cette stratégie d’indépendance. Et leurs parents ne les ont souvent pas bien préparés à cette nouvelle donne comme le reflétait si bien pour sa génération en 2mn30 ce petit chanteur: http://www.youtube.com/watch?v=Vv6m_1fr4W0

  31. @ Le Nettoyeur
    Et merci pour la chanson et les encouragements aà l’initiative individuelle. Tant qu’o faire de travailler gratuit, autant se faire une expérience et être son propre exploiteur.
    Les références du jeune insatisfait de gauche sont vraiment de gauche, et de toutes façons il n’a rien lu.
    Il croit qu’à droite, on hérite et on profite.

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