Pour ou contre le « juste échange » du PS ?

C’est un tabou idéologique qui saute : en adoptant le principe du « juste échange » le 9 octobre dernier, les socialistes envisagent en effet d’imposer des droits de douanes aux pays à bas coûts. Deux économistes s’affrontent sur le sujet.

Réunis le 9 octobre dernier en Convention nationale, le PS a adopté à l’unanimité le principe du « juste-échange », traduction du « fair-trade » revendiqué par les démocrates américains. Concrètement, les socialistes veulent instaurer des taxes sociales et environnementales aux portes de l’Union Européenne sur les importations en provenance de pays peu respectueux des droits salariaux et des normes écologiques. Ces droits de douanes « vertueux » iraient alimenter un Fonds destiné à soutenir les salariés des pays pauvres.

Selon le PS, cette voix médiane entre « le libre-échange destructeur d’emploi » et le “protectionnisme facteur de crispations nationalistes » protègeraient autant l’industrie européenne que la couche d’ozone. Trop beau pour être vrai ? Deux économistes répondent. Et comme d’habitude, ils ne sont pas d’accord.

Jean-Luc Gréau, essayiste favorable au protectionnisme, soutient la proposition socialiste même s’il la trouve un peu tiède ; Jean-François Jamet, professeur à l’IEP Paris et économiste à la fondation Robert Schuman, la rejette fermement invoquant les risques qu’une guerre commerciale à l’échelle mondiale pourrait faire peser sur nos entreprises exportatrices.

Les droits de douane au nom du « juste-échange » peuvent-ils protéger les emplois et l’industrie en Europe ?

Jean-Luc Gréau

Jean-Luc Gréau : Absolument. D’abord, instaurer une taxe carbone aux frontières de l’Union au détriment des pays qui exportent sans contrainte environnementale me paraît une clause de bon sens. Et d’efficacité : pour éviter de payer la taxe, les pays pollueurs amélioreraient le bilan carbone de leur économie.

Sur la question des normes sociales, les choses se compliquent. Les socialistes voudraient limiter le travail des enfants ou promouvoir le droit syndical dans les pays à bas coût. Limiter le dumping social en Asie protègerait bien sûr les salariés européens.

Mais il faut imaginer un système plus contraignant, placer la barre plus haut : taxer les produits en provenance de pays dont les salaires sont trois fois inférieurs aux standards français. Les entreprises y réfléchiraient à deux fois avant de délocaliser leur production pour ensuite l’importer en Europe. Elles s’approvisionneraient davantage en produits européens.

Jean-François Jamet

Jean-François Jamet : Le « juste échange » n’est qu’une version politiquement correcte du protectionnisme. Or il faut être extrêmement prudent avec l’outil des barrières douanières.

D’abord, parce que la mise en place de tels outils serait contraire aux règles de l’OMC et n’aboutirait qu’à entretenir une guerre commerciale finalement nuisible à nos grandes entreprises exportatrices. Comment imaginer que les Chinois n’appliqueraient pas, en retour, des mesures de rétorsion qui nous fermeraient des marchés ?

Ensuite, toutes ces propositions restent très floues quant à leur application pratique. Comment, concrètement, peut-on mettre en place ces écluses sociales ou écologiques ? Comment peut-on vérifier et contrôler les modes de fabrication des produits en Inde et en Chine et décider des sanctions à imposer ?

De plus, un certain nombre de produits « made in France » sont fabriqués en grande partie à partir de composants qui viennent de l’étranger, ce qui pose par ricochet aussi un problème à nos industriels. Les propositions socialistes ne sont, au final, que de vraies usines à gaz.

Concrètement, l’idée du « juste-échange » peut-elle séduire les partenaires européens ?

Jean-Luc Gréau : Là aussi, la taxe carbone aux frontières va s’imposer avec la force de l’évidence. Pour l’instant, la majorité des Etats européens ne veulent pas entendre parler de barrières tarifaires et y voient un retour au protectionnisme des années 30. Mais l’idée gagne tous les mois du terrain au rythme des krachs : immobilier, financier, bancaire, étatique… Et voilà maintenant la crise monétaire avec un euro trop fort pour les industriels.

Les Allemands commencent d’ailleurs à tiquer devant la surévaluation de la monnaie européenne, fâcheuse pour leurs belles entreprises exportatrices. Partout, les citoyens demandent plus de protection. Le débat sur les barrières tarifaires mérite tout de même un examen sérieux.

Jean-François Jamet : Très dangereuses, ces propositions ont, heureusement, très peu de chances de convaincre nos partenaires européens. Car elles sont finalement très franco-françaises. Le Royaume-Uni, l’Allemagne et la plupart des pays du Nord de l’Europe y sont fermement opposés. La preuve, c’est que Nicolas Sarkozy, qui prônait dans son programme de 2007 des mesures identiques, en parlant de barrières tarifaires, n’a jamais réussi à séduire ses homologues européens sur ce sujet très glissant.

Le « juste-échange » ne risque-t-il pas d’empêcher le développement des pays pauvres ?

Jean-Luc Gréau : D’abord, les pays du Sud et en particulier l’Afrique ne sont pas nos concurrents. Ils pâtissent surtout du libre-échange, facteur de déséquilibre.

Le problème se pose en revanche avec l’Asie émergente qui a fait le pari de l’ouverture avec l’Occident. Ce choix économique fondé sur l’exportation ne peut pas tenir dans la durée. Pour effectuer le décollage économique, il faut en priorité développer le marché intérieur grâce à la hausse des salaires et à la protection sociale.

Le protectionnisme limiterait le dumping social, améliorerait les fiches de paie. La hausse de la demande intérieure en Inde ou en Chine ferait même les affaires de grands patrons européens présents dans ces pays pleins de promesses.

D’autre part, le produit des taxes tarifaires pourraient alimenter un fonds au bénéfice des pays les moins avancés de l’Afrique ou de l’Amérique latine.

Jean-François Jamet : Evidemment ! Toute mesure protectionniste mise en place au Nord à un effet négatif sur le Sud en plein décollage mais par ricochet aussi sur nos entreprises exportatrices qui verraient un certain nombre de marchés émergents (et notamment la Chine) se fermer.

Si le « juste échange » passe par la mise en place de normes ou de labels obligeant les entreprises des pays émergents à monter en gamme ou à respecter certaines règles environnementales, c’est totalement autre chose. De fait, nous pouvons même aboutir à une solution où tout le monde serait gagnant. Mais cette voie prend du temps…

L’Expansion

Commentaires (24)

  1. Je rêve de bon matin.
    Ce n’est pas eux qui ont torpillé la TVA sociale.
    Bandes de vendus Tous pourris.

  2. Ces droits de douanes « vertueux » iraient alimenter un Fonds destiné à soutenir les salariés des pays pauvres.

    Qu’ils sont c.ons. Mais qu’ils sont co.ns, ces socialos de mes deux. Je ne les supporte plus, même sur écran informatique. J’ai jamais vu un ramassis de branl.otins pareils. C’est à se demander s’ils le font exprès d’être aussi c.ons.

    Cà devient abyssal, cosmique… Quelle bande de guigno.ls.

  3. Ce n’est pas seulement l’idée du protectionnisme qui est partout dans l’air, notamment à travers les propos de l’excellent Jean-Luc Gréau, mais le fait.

    Le chacun pour soi qui monte, qui monte, qui monte.

    Alors, la mondialisation…

  4. @abrutix

    j’ai comme vous une profonde allergie de la gauche.
    Sarkozy est une mégalo égocentrique, mais la gauche c’est le cynisme génétique.

    L’intérêt de droits de douane seraient de favoriser l’économie nationale nous l’avons tous compris, pour protéger les salariés et permettre de garantir le droit social aux autochtones, mais pas avec eux.

    Eux préfèrent instaurer des impôts et taxes écolo par exemple, intra-territoriale, et créer un fond pour non pas pour sauver l’économie nationale, ni même les salariés des pays pauvres, mais soutenir les gouvernements de conserver des salariés pauvres.

    Une ineptie pour nous, mais pas pour ces “politichiens” et là @BAC 40 met dans le mille quand il évoque le gouvernement mondial.
    Ce sont les caractéristiques de l’enfumage qui s’annonce pour 2012.
    Ce qu’ils appellent le changement, qui n’est rien d’autre qu’une sourde continuité.

    Le vice inhérent au socialisme est bien une égale répartition de la misère.

  5. les socialistes veulent instaurer des taxes sociales et environnementales aux portes de l’Union Européenne sur les importations en provenance de pays peu respectueux des droits salariaux et des normes écologiques.

    Ces droits de douanes « vertueux » iraient alimenter un Fonds destiné à soutenir les salariés des pays pauvres.

    Et pourquoi pas soutenir les salariés des pays européens ?

    Parce que cet argent donné à des ONG reviendrait dans les caisses des collectionneurs de montres et dans des pays où ils ont une double nationalité.

  6. @Abrutix @PL24

    +1 000 000 000 000 000

    “Ces droits de douanes « vertueux » iraient alimenter un Fonds destiné à soutenir les salariés des pays pauvres.”

    Bandes de pauvres guignols !

  7. Message envoyé à JF JAMET :

    “Bonjour,

    Vous avez beau être un sur-diplômé, vous thèses ne sont digne d’aucun intérêt. Je vous parle ce dont tout le monde parle en ce moment “Le juste échange” du PS.

    Sachez qu’il y a des gens bien plus brillants que vous qui disent exactement le contraire …. Alors quel est votre but ? Porter la bonne parole de Libre échange mondial. Bien sûre que c’est évident ! La crise financière mondiale de 2008 et la crise économique que nous subissons de plein fouet sont le produit du libre échange …. Si vous ne voyez pas le rapport c’est que vous avez usurpé vos diplômes …..

    Combien de crises va t-il falloir pour que vous vous aperceviez des dangers du libre échange ? Combien de chômage, de pauvreté, d’exclusion va t-il falloir pour que vous ouvriez les yeux …. Le conseilleur est rarement le payeur, n’est ce pas ….

    C’est pour cela que le PS n’a plus d’électeurs populaires …. Parce que le PS croit de façon encore plus féroce au bienfaits du libre échange que la droite ….. Et que le libre échange détruits des pan entier de l’industrie française au profit des peuples à bas couts de production.

    Finalement le PS est le plus antidémocratique des parti politique …. car il refuse de s’intéresser aux vraies problèmes de sa population …. Pas étonnant tout cela … Mussolini, le fasciste n’était il pas à l’origine un socialiste ?

    Comment un pays qui à créer la PAC est-il devenue incapable de défendre son industrie ?

    C’est surement ce que les économistes du PS appellent les vision Schumperterienne de croire que la destruction des emplois locaux permet la création d’emplois de plus haute qualification et de plus forte valeur ajouté…..

    Malgré tout, vous savez qu’il y a des secteurs stratégiques qui ne peuvent être brader à la concurrence internationale : L’alimentation par exemple ! Alors que la PAC est voué à disparaître ….

    ET c’est sûrement pas vous qui vous vous retrouvez à la rue après avoir perdu votre emploi, ce n’est pas vous qui pâtirez de la stagnation du pouvoir d’achat …. Ce n’est pas vous qui subirez la violence de la politique moderne que le PS nous impose ….

    Vous êtes un nantit ….. Mais votre pouvoir ne vaut rien s’il s’appuie sur une population en perdition.

    Même Allais, l’un de vos pairs de mines défendait la protection des économies sur des zones économiques homogènes …. Et il fut le seul Français titulaire du Prix Nobel d’économie, car lui n’était pas un mouton …. un mouton juste bon à croire religieusement toute les inepties économiques …. Cette fausse science ….”

  8. @Méro

    le problème c’est, combien sont près à voter pour ces guignols…. ????
    Aucun ne décrypte la virtuosité de la gauche à promouvoir l’internationalisme (mondialisme dénoncé par le PS à la droite) sous un aspect différent mais qui rejoint les mêmes thèses que celles capitalistes.
    Leur vocation sacrificielle pour l’égalité mondiale et non pour le bien du peuple, passe par une politique du suicide forcé des ses citoyens.
    Que ceux qui se chargent de les élire fassent oblation à leur politique, grand bien leur face, mais imposer une stratégie de destruction à ceux qui ont largement compris ou mènera ce fédéralisme économique est génocidaire.

  9. Le PS apporte discrètement sa contribution a la constitution d’un gouvernement mondial

    [Nous avons supprimé votre premier commentaire en ce sens, comme gratuitement provocateur - rien à voir avec le parti politique visé. Mais puisque vous insistez, pourriez-vous avoir l'obligeance d'argumenter ? - Janus]

  10. Je pensais que je n’avais pas validé mon commentaire c’est pourquoi j’ai remis un commentaire , pour moi ce n’est pas une provocation :c’est une constatation .
    Arguments :

    1 le Co2 ne s’arrete pas à la frontière qui dit co2 dit donc organisation internationale
    2 instaurer des taxes aux frontières de l’Union pour des pays qui …..Ce qui implique un organisme international qui va porter ces pays sur une espèce de liste noire (un organisme national ou meme européen est impensable )
    3 le produit des taxes alimenterait un fonds
    d’aide la aussi ce ne pourrait à mon sens qu’etre international .

    Plus généralement cette démarche du PS s’inscrit dans le mouvement de prolifération d’organisme supra-nationaux qui amèneront un jour à dire ,il faut simplifier tout celà en créant un gouvernement mondial.

    Je ne dis pas que cette démarche n’est pas une utopie,mais certain la considèrent comme une démarche sacrée .

  11. Ils s’y mettent seulement maintenant au PS…

    Quel contraste (j’ai envie de dire quelle caricature) entre ces deux économistes : l’un veut défendre nos industries; l’autre est visiblement un vendu à …. vous savez qui.

  12. Réponse de Mr JF Jamet

    “Cher Monsieur,

    Merci de votre réaction même négative, même à la limite de l’insulte, même cherchant délibérément à blesser à force d’arguments d’autorité (que vous prétendez pourtant dénoncer, c’est l’ironie de la chose). Je ne vous répondrai que sur le fond.

    Une tendance très humaine est de proposer des remèdes à des problèmes bien réels sans en analyser les potentiels effets pervers (et en utilisant des arguments d’autorité C’est exactement cela avec le protectionnisme. Le protectionnisme ne peut fonctionner que dans une économie très large avec une demande intérieure très dynamique (c’est-à-dire en forte croissance). Ce fut le cas des Etats-Unis au XIXe siècle, de la Chine aujourd’hui. Mais lorsque le protectionnisme se généralise dans des économies peu dynamiques (années 30, politique de limitation des importations menées en Amérique du Sud, en Afrique et dans l’ex bloc soviétique) la catastrophe économique est le seul résultat.

    La désindustrialisation et les délocalisations sont une réalité en France, d’ailleurs plus que dans d’autres pays d’Europe (l’Allemagne n’est pas concernée au même degré par exemple). En outre, le déficit commercial de la France s’est creusé avant tout face vis-à-vis d’autres pays européens (l’Allemagne et les Pays-Bas notamment).
    Pour ce qui est des pays émergents, les entreprises européennes décident de produire localement dans ces pays où la demande explose. Que la France veuille avec une demande interne famélique adopter un nouveau protectionnisme n’est pas réaliste et serait contreproductif.

    En revanche, une politique industrielle intelligente (remettant nos universités et notre recherche dans une situation compétitive, encourageant les exportations de nos PME et leur facilitant l’accès aux financements par ex) et un investissement public accru (notamment en proportion de la dépense publique) peuvent être utiles. Lutter contre la volatilité de l’euro et s’assurer qu’une partie de l’épargne asiatique est investie en Europe (plutôt que seulement aux Etats-Unis) également.

    Cordialement – malgré tout -,
    Jean-François Jamet”

  13. Sarko nous l’a déja fait en 2007 ,évoqué le protectionnisme dans sa propagande électoral,et il l’a renouvellé de nombreuses fois dans ces discours aux paysans.Ca à marché en partie, car le sujet est le coeur du problème de la crise agricole.Dans les faits rien et moin que rien .Electoralement parlant c’est trés porteur actuellement et je crois qu’en 2012 il va de devenir le sujet d’enfumage préféré de nombreux parti politique .Mais Sarko n’a pas fini ,la surenchére ne fait que commencer

  14. La Fondation Robert Schuman semble être une courroie de transmission du Bilderberg group.
    Sur ses publications au chapitre “Comprendre la crise économique” pas un mot sur les funestes conséquences de la création monétaire privée érigée dorénavant en dogme depuis les lois anticonstitutionnelles de janvier 1973.
    http://www.robert-schuman.eu/tout-comprendre-sur-la-crise-financiere.php
    je n’ai pas fait de recherche approfondie mais on n’y trouve déjà 3 membres du Bilderberg en la personne de
    Jean-Pierre Jouyet
    Jacques de Larosière
    Stefan Collignon membres du groupe Amato initiateur du traité de Lisbonne
    auteurs de rapports Schuman sur l’Europe.
    http://www.solidariteetprogres.org/article3853.html
    Le sieur Jean-François Jamet fait donc parti du groupe de fossoyeurs méticuleux des peuples .
    Il faudra songer à lui réserver un lampadaire pour le grand jour de règlements des comptes.

  15. @Alcide

    Merci de ces précisions alcide ….Je vais le travailler au corps à corps …. J’ai de bons arguments !

  16. @M.JAMET
    Quelques réflextions divers en réponse à vos propos

    -C’est bien les pays émergents qui participe au déficit commercial de la france et de l’europe ainsi que de la désindustrialisation de l’europe(sur plusieur années de référence)

    -Dans un éventail commerciale déja fortement réduit par ces délocalisations nous avons certe perdu des parts de marchés avec l’allemagne dans cette concentration d’offre pour ce marché de proximité.Ce n’est qu’une conséquence de cette perte de capacité et d’éventail productif

    -Les pays émergents (la chine surtout) bénéficie d’une double distorsion de concurrence:sous évaluation du yuan , distorsion salariale et sociale sans modération régulatrice dans les accords commerciaux de l’OMC

    -L’allemagne quand à elle profite d’un euro fort dans un marché de proximité qui pénalise les autres pays européens qui ne peuvent faire des dévaluations compétitives.Sa balance commercial se fait donc au détriment des autres pays .
    La mondialisation est entrain de crée de nouveaux empires trés dangereux pour la paix mondiale

    -La demande interne famélique !!!!n’est que la conséquence des délocalisations , du chomage ,de la baisse des salaires que la concurence a provoqué

    -La recherche ne remplacera jamais en terme d’emploie toute l’industrie manufacturiere que nous avons perdu,la mondialisation n’a donc jamais pris en compte le facteur humain mis à part sa gestion par des propositions de CDI longues durée pour les chomeurs (J.ATTALI)

    -La Chine avec son milliard d’habitants ,son régime politique,son systéme éducatif supplantera trés rapidement notre potentiel de recherche…..c’est mathématique!!!!!

    -Dans une économie mondialisé ou tout les moyens de production s’alignent,se neutralisent la loi du nombre ne pourra que l’emporter mis a part peut être pour l’alimentation….les territoires et leur potentiel ont des limites d’élasticité

    -Le protectionnisme pourrait aussi rediriger la capacité productive de la Chine vers sa consommation intérieure ,bénéfique pour son progrés social et démocratique!!!!
    -Il est trop facile d’écarter toute idée de protectionnisme en faisant une argumentation primaire et tronqué ,le protectionnisme n’interdit pas des accords commerciaux de PROGRES et de “JUSTE ECHANGE” ce n’est pas moi qui l’ai dit c’est un prix Nobel
    -Le protectionnisme peut aussi être un outil de promotion de la qualitée et non pas au service d’une sous qualité compétitive

  17. Mon petit courrier à Jamet:

    Monsieur Jamet,

    Suite à votre interview dans l’Expansion, je voudrais attirer votre attention sur quelques-unes de vos déclarations qui me paraissent discutables, même si je ne suis pas socialiste (loin de là):

    A la question : Les droits de douane au nom du « juste-échange » peuvent-ils protéger les emplois et l’industrie en Europe ?

    Vous répondez:

    “Le « juste échange » n’est qu’une version politiquement correcte du protectionnisme. Or il faut être extrêmement prudent avec l’outil des barrières douanières.

    D’abord, parce que la mise en place de tels outils serait contraire aux règles de l’OMC et n’aboutirait qu’à entretenir une guerre commerciale finalement nuisible à nos grandes entreprises exportatrices. Comment imaginer que les Chinois n’appliqueraient pas, en retour, des mesures de rétorsion qui nous fermeraient des marchés ?”

    - Or, vous semblez ignorer quelques éléments capitaux: l’appartenance à l’OMC n’empêche en rien les barrières douanières. Renseignez-vous sur le taux de taxe sur les chaussures en Inde (73%), les barrières douanières Thaïlandaises, Sénégalaises ou même Chinoises.
    - Par ailleurs, le taux de change du Yuan sous-évalué par la Chine est une forme de dumping, qui n’est qu’un protectionnisme inversé.
    - Les USA viennent de prendre une série de mesures contraignantes qui sont typiques d’un protectionnisme des plus classique sans que l’OMC ne bouge une oreille.
    - Nous sommes en guerre commerciale, nous le serons toujours. Qu’elle soit intense ou larvée, la guerre économique est consubstancielle à l’existence de la concurrence.

    Vous dites aussi:
    “Ensuite, toutes ces propositions restent très floues quant à leur application pratique. Comment, concrètement, peut-on mettre en place ces écluses sociales ou écologiques ? Comment peut-on vérifier et contrôler les modes de fabrication des produits en Inde et en Chine et décider des sanctions à imposer ?”

    C’est extrêmement simple: il existe des classements internationaux établis par le BIT, par exemple, ou par des ONG, ainsi que par de brillants prof-chercheurs et universités de renom. Une grille de cumul de taxe est aisée à appliquer.
    Un exemple:
    Classement en fonction du respect des droits de l’homme. Plus vous êtes mal classé, plus votre niveau de taxe est élevé.
    Un autre:
    Classement en fonction du salaire moyen. Moins vous payez les gens, plus vous êtes taxés.
    Etc.. etc… C’est parce que nous n’osons pas que les choses sont difficiles.

    Ci-joint un lien complet sur ce sujet: http://franceeconomie.wordpress.com/category/politique-economique-exterieure/

    Comme vous pouvez le constater, je n’ai pas attendu les socialistes sur ce sujet…

    Ensuite, vous nous dites:
    “De plus, un certain nombre de produits « made in France » sont fabriqués en grande partie à partir de composants qui viennent de l’étranger, ce qui pose par ricochet aussi un problème à nos industriels.”

    Le but des barrières douanières étant de réindustrialiser le pays pour créer des emplois et de la richesse tout en rééquilibrant notre balance commerciale, votre remarque ne tient pas. Il n’y aura pas de renchérissement des produits car le coût de transport et les confortables marges des intermédiaires seront évités.
    Les délocalisations n’ont apporté aucune baisse des prix, ni un quelconque bien-être supplémentaire aux européens: un t-shirt standard coûte 15 à 20€ dans la grande distribution, le pouvoir d’achat réel a été divisé par deux et nous avons, rien qu’en France, 8 millions de personne vivant en-dessous du seuil de pauvreté.

    A la question: Le « juste-échange » ne risque-t-il pas d’empêcher le développement des pays pauvres ?

    Vous répondez: “Evidemment ! Toute mesure protectionniste mise en place au Nord à un effet négatif sur le Sud en plein décollage mais par ricochet aussi sur nos entreprises exportatrices qui verraient un certain nombre de marchés émergents (et notamment la Chine) se fermer.”

    - Je vous ferai simplement remarquer que nous nous contrefichons d’un ralentissement de la croissance de nos adversaires économiques. Par ailleurs, rien ne les empêche de développer leur marché intérieur en augmentant le bien-être de leur population largement exploitée.
    - Concernant nos entreprises qui souffriraient de la fermeture des marchés. Comme exprimé plus haut, ces marchés nous sont déjà fermés et la mode suicidaire des transferts de technologie fait que, de facto, même dans les rares domaines où notre avance nous donnait un avantage, nous allons rapidement être évincés par des produits locaux concurrents.

    Ensuite, vous nous dites:
    “Si le « juste échange » passe par la mise en place de normes ou de labels obligeant les entreprises des pays émergents à monter en gamme ou à respecter certaines règles environnementales, c’est totalement autre chose. De fait, nous pouvons même aboutir à une solution où tout le monde serait gagnant. Mais cette voie prend du temps…”

    C’est exactement l’objectif d’un protectionnisme social et environnemental. Que cela prenne du temps, quelle importance? Qui plus est, c’est une affirmation purement gratuite car rien ne dit que les pays émergents, contraints par des mécanismes compensatoires aux frontières, ne réagiront pas avec célérité.

    Je ne conteste absolument pas votre honnêteté intellectuelle, mais je pense que vous devriez prendre conscience de qui votre science doit servir: elle doit servir les intérêts de la France, pas des pays émergents, de l’hyperclasse mondiale ou du capitalisme mondialiste.

    A ce sujet, je ne peux que vous conseiller la lecture de Monsieur Maurice Allais, Prix Nobel d’Economie. Peut-être que sa lecture vous permettra de découvrir que le libéralisme économique peut supporter des barrières douanières, et qu’elles sont même souhaitables en tant qu’outil de régulation dans l’objectif d’un marché où la concurrence répond aux principes libéraux d’origine.

    Enfin, le seul point où vous avez parfaitement raison c’est le caractère absolument fumeux de cette proposition socialiste qui voudrait faire des recettes générées par des barrières douanières un fond destiné aux travailleurs de l’étranger. Outre le caractère ridiculement mondialisto-bisounoursesque de cette proposition, je ne vois pas en quoi les Français, qui auraient la charge de refonder leur économie défunte, auraient à financer des revenus artificiels pour des tiers.

    Sur ce, bonne journée.

    DC

  18. La réponse:

    Cher Monsieur,

    Merci de votre réaction.

    Il me semble qu’une tendance très humaine est de proposer des remèdes à des problèmes bien réels sans en analyser les potentiels effets pervers. C’est exactement cela avec le protectionnisme. Le protectionnisme (partiel) ne peut fonctionner que dans une économie très large avec une demande très dynamique (c’est-à-dire en forte croissance). Ce fut le cas des Etats-Unis au XIXe siècle, de la Chine aujourd’hui. Mais lorsque le protectionnisme se généralise dans des économies peu dynamiques (années 30, politique de limitation des importations menées en Amérique du Sud, en Afrique et dans l’ex bloc soviétique) la catastrophe économique est le seul résultat, notamment parce que les coûts de production domestiques explosent décourageant les exportations et les investissements étrangers. Ce n’est pas indifférent à l’Union européenne qui est le principal exportateur mondial encore aujourd’hui et dont l’investissement est fragile (il s’est même effondré pendant la crise).

    La désindustrialisation et les délocalisations sont une réalité en France, c’est vrai, d’ailleurs plus que dans d’autres pays d’Europe (l’Allemagne n’est pas concernée au même degré par exemple). En outre, le déficit commercial de la France s’est creusé avant tout face vis-à-vis d’autres pays européens (l’Allemagne et les Pays-Bas notamment).

    Pour ce qui est des pays émergents, les entreprises européennes décident de produire localement dans ces pays où la demande explose. Que la France veuille avec une demande interne famélique adopter un nouveau protectionnisme n’est pas réaliste et serait contreproductif.

    En revanche, une politique industrielle intelligente (remettant nos universités et notre recherche dans une situation compétitive, encourageant les exportations de nos PME et leur facilitant l’accès aux financements par ex) et un investissement public accru (notamment en proportion de la dépense publique) peuvent être utiles. Lutter contre la volatilité de l’euro et s’assurer qu’une partie de l’épargne asiatique est investie en Europe (plutôt que seulement aux Etats-Unis) également.

    Bien cordialement,
    Jean-François Jamet

    Vous noterez que son logiciel est parfaitement installé: les effets pervers n’existent que dans la régulation. Sa seule référence historique c’est les années 30, à l’heure où la bête immonde blabla. Pour finir, que de l’incantation et des déclarations de bonnes intentions sur le mode “yaka” et sur le mythe fumeux de l’excellence, comme si nos adversaires commerciaux étaient trop c.ons pour aller à l’école, eux-aussi.

  19. Il manque un mot au projet protectionniste à la sauce socialiste !!!”juste échange humanitaire” encore une idée qui risque d’être détourné de son objectif à la sauce BOBO
    A force de voyager dans tout pays du monde faire du tourisme de la misére (dans des palaces)cette génération soixantehuitarde n’est même plus capable de voir la misére des français:
    Charité bien ordonné commence par soit même .
    Y en a marre qu’on manipule notre sensibilité

  20. Extrait de la réponse de Jamet faite à Abrutix
    ….Que la France veuille avec une demande interne famélique adopter un nouveau protectionnisme n’est pas réaliste et serait contreproductif…
    Ce genre d’affirmations assénées et jamais démontrées sont horripilantes.
    Le protectionnisme nous le réaliserons pour les produits qui entrent sur le territoire national pas sur ceux qui en sortent.
    Si la demande nationale interne est famélique en quoi un protectionnisme pourrait-il être non réaliste ou contre-productif , en quoi si ce n’est par rapport au volume des importations ?
    Les mondialistes sont furieusement opposées au protectionnisme car cela pénalise les marchands qu’ils représentent d’où l’expression de “contre-productif”.
    Les marchands qui ont délocalisé notre production à l’étranger pour profiter d’une main-d’œuvre en semi esclavage.
    Ce type-là est un vendu.
    La profession d’économistes est totalement sinistrée soit ces gens-là sont stupides soit ils sont payés pour détruire un peu plus notre société en profitant honteusement de la respectabilité que leur apporte leur expertise universitaire, auquel cas ils sont à ranger dans la boîte à ordures.
    Par rapport à nos brillantes exportations comme généralement les pays dans lesquels elles s’opèrent souhaitent participer en partie à la construction de nos merveilles et bien sûr en profiter pour piller notre savoir-faire dans la demande répétée est toujours accepté de transfert de technologie avec l’assentiment bienveillant de nos gouvernements qui ne voient pas plus loin que le bout de leur prochaine réélection.
    Pour vendre un peu maintenant on hypothèque gravement nos ventes futures.
    Je crois réellement que la messe est dite que ces gens-là sont totalement irrécupérables dans leur quasi-totalité que notre société se désagrège littéralement devant nos yeux, que les rares personnes qui possèdent une réelle expertise sont certainement terrorisées à l’idée de s’exprimer et de dire la vérité sur les tenants et aboutissants de cette crise économique.
    Nous avons bien vu avec le regretté Maurice Allais qui de son vivant fut rarement invité de plateau télévisuel, jamais sollicité pour une expertise par l’Élysée alors que d’autres marchands de tapis y dînait régulièrement avec les présidents successifs depuis Mitterrand.

  21. @Alcide: pas tous. On peut en récupérer. Mon épouse (bac+5 en économie internationale) a viré de bord une fois que je l’ai initiée à l’histoire, qui n’est pas du tout enseignée en fac d’Eco (même pas un peu, pour faire semblant).

    Avant, c’était une libérale bon teint et maintenant c’est protectionniste, FN et pratiquante assidue aux fléchettes, avec un photo d’Attila comme cible.

    Comme elle a encore des séquelles, elle a voté Sarko au second tour, alors que je l’avais prévenue de l’arnaque… Mais bon, là je crois que désormais elle est vaccinée.

  22. @ abrutix
    Je ne me permettrai bien évidemment pas de critiquer votre épouse à qui , je vous prie de transmettre , mes respectueuses salutations ainsi que mon bonjour pour son arrivée au club ” De ceux qui ont les yeux ouverts”.

  23. le protectionnisme ne profite en aucun cas au pays qui le pratique, on le sait depuis Ricardo au moins.

    Les taxes protectionnistes ne seront pas payées par les Chinois, mais bien par les consommateurs français. En les privant des produits meilleurs marchés venant des pays à faible cout de main d’oeuvre, cela réduira le pouvoir d’achat des Français.

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