L’École économique autrichienne

Par Werner Wüthrich

Dans son livre «Économie de crise – une introduction à la finance du futur» (cf. Horizons et débats n° 34 du 30/8/10), Nouriel Roubini et Stephen Mihm évoquent l’influ­ence qu’a exercée la pensée économique autrichienne. A côté des «keynésiens» et des «monétaristes», ils mentionnent également l’école économique autrichienne. Sur la plupart des questions relatives à la crise financière, ils s’opposent aux opinions dominantes des gouvernements et des banques centrales. Les «Autrichiens» sont peu connus des spécialistes comme du grand public. C’est pourquoi, dans le contexte de la crise financière, nous leur consacrons le présent article.

L’école économique autrichienne ­plonge ses racines dans le XIXe siècle, à ­Vienne. Elle se réfère à la doctrine sociale de ­l’Église catholique. Au début du XXe siècle, des économistes ont développé une théorie originale connue sous le nom d’«École autrichienne». Son représentant probablement le plus célèbre aujourd’hui est ­Ludwig von Mises (1881–1973). Sous le national-socia­lisme, presque tous les économistes de ­l’École autrichienne quittèrent Vienne ou en furent chassés. Ludwig von Mises émigra tout d’abord à Genève où il enseigna à l’Institut universitaire des hautes études internationales. En 1940, il se rendit aux États-Unis et enseigna à l’Université de New York de 1946 à 1969.

Il resta toute sa vie fidèle à la pensée libérale classique de l’École de Vienne. Il créa ainsi un mouvement opposé à l’économiste anglais John Maynard Keynes qui, dans les années 1930, lors de la dépression, élabora une théorie prônant les interventions massives de l’État dans l’économie et le «deficit spending». Aux États-Unis, Ludwig von Mises inspira le «libertarianisme». Ce mouvement typiquement américain s’inscrit dans la tradition du père fondateur des USA ­Thomas ­Jefferson. Il se caractérise par son scepticisme à l’égard du pouvoir toujours grandissant du gouvernement central qui intervient de plus en plus dans les do­maines les plus divers et limite les droits souverains des différents États de l’Union. Ron Paul, ­député républicain au Congrès, candidat récent à la présidence, défend une politique liberta­rienne.

On observe actuellement une renaissance de l’École autrichienne. Dans le monde entier, on retrouve ses idées dans des déclarations de politiques, dans des commentaires de journalistes, dans des lettres de lecteurs à propos de la crise financière ainsi que dans le débat sur l’euro (cf. Schweizer Monatshefte, juin 2010: «Der Staatsstreich von Brüssel»). Les «Autrichiens» sont d’avis que le système monétaire et bancaire, et surtout les banques centrales, ont une part importante de responsabilité dans les crises financières de plus en plus fréquentes.

Les «Autrichiens» ne figurent qu’épisodiquement au programme des universités. Ludwig von Mises en est le représentant le plus important. Son élève le plus célèbre, ­Friedrich August von Hayek, a enseigné à la London School of Economics et a développé ses idées. Hayek a reçu le Prix Nobel en 1974. Joseph Schumpeter (1883–1950) appartient également à l’École autrichienne. Il enseigna à Bonn dans les années 1920 puis, dès 1932, à l’Université Harvard de New York.

Aujourd’hui, le Ludwig von Mises Institute d’Auburn (Alabama) est un centre de ­l’École autrichienne. En Europe, il ­existe des ­centres de formation à Prague et à ­Madrid. Dans la capitale espagnole, l’Université Juan Carlos, dirigée par Jesus Huerta de Soto, offre le seul cursus de master en économie de l’École autrichienne. En Suisse, la pensée économique autrichienne est avant tout représentée et diffusée par le Liberales Institut de Zurich. Dernièrement, il a publié ­l’ouvrage «Aus Schaden klug? Ursachen der Finanz­krise und notwendige ­Lehren» (­Zurich, 2009) dans lequel il étudie la crise finan­cière dans l’optique autrichienne. C’est Robert Nef qui a fondé cet Institut en 1979 et l’a dirigé jusqu’en 2007. Il encourage la tradition et la culture suisses de liberté individuelle, de paix, d’ouverture et de diversité politique et défend les marchés ouverts dans un système non centraliste. Il publie les Schweizer Monatshefte.

Qu’est-ce qui caractérise l’École autrichienne?

Conception de l’homme

Les économistes travaillent souvent avec une conception de l’homme théorique et ­simpliste, l’«homo oeconomicus», qui a une struc­ture fixe de besoins et recherche ses avan­tages matériels, constante que l’on peut intro­duire dans des modèles économiques mathé­matiques. En revanche, les «Autrichiens» partent d’une conception personnaliste de l’homme. Que faut-il entendre par là? Ils ne se contentent pas de décrire les phénomènes économiques et de les traduire dans leurs modèles. Ils veulent comprendre. L’homme agissant, dans toute sa diversité, avec ses objectifs et ses projets, est pour eux le point de départ de toutes les lois économiques.

«Notre science part de l’individu et des actions individuelles. […] Tous les concepts de notre théorie sont pensés en fonction du concept d’action humaine et la science a pour tâche de les révéler, de les développer, de les clarifier et de les définir précisément.» (Ludwig von Mises dans son ouvrage principal «Nationalökonomie», 1940)

L’économie ainsi conçue intègre la psychologie, la sociologie, le droit, l’histoire et la philosophie dans ses recherches. «Personne ne peut être un grand économiste s’il n’est qu’économiste, et je suis tenté d’ajouter que celui qui n’est qu’économiste devient gênant, voire vraiment dangereux.» (F. A. von Hayek) Les questions économiques ne sont qu’un aspect des questions sociales, car il existe des interactions entre les institutions politiques, juridiques et économiques. Par conséquent, être acteur économique, c’est toujours être citoyen. (cf. Horizons et débats n° 34 du 30/8/10)

Importance du marché

Contrairement aux keynésiens qui sont prompts à parler d’«échec du marché» et réclament une régulation étatique, les «Autrichiens» ont une image positive du marché. Pour eux, le marché a certes besoin de ­règles, comme tous les domaines où les ­hommes agissent ensemble, mais les mécanismes fonctionnent le mieux lorsqu’ils le font de manière décentralisée et que l’État s’en mêle le moins possible. En cela, les «Autrichiens» rejoignent les économistes de l’École de ­Fribourg, les «ordo-libéraux». En font partie notamment, parmi les pères fondateurs de la République fédérale d’Allemagne, ­Walter Eucken (1891–1950), Alfred Müller-Armack (1901–1978) et Wilhelm Röpke (1899–1966). Ces écono­mistes se sont associés en 1947 avec Ludwig von Mises et Hayek notamment pour fonder la Société du Mont-Pélerin. Aujourd’hui, par exemple, Václav Klaus, président de la République tchèque, appartient à cette école.

Quelle est l’attitude des «Autrichiens» et des ordo-libéraux à l’égard du marché? ­Quelle est la nature de l’ordre économique qui lui correspond et qui fixe les règles juridiques et morales nécessaires à sa réussite? Quelles conditions doivent être remplies pour que les parties prenantes au marché se respectent et collaborent avec succès?

Voici à ce sujet quelques citations significatives provenant essentiellement de Röpke et de Klaus. Nous les compléterons en évoquant les recherches d’Elinor Ostrom.

Marché et éthique

– «L’économie de marché ne peut durer que si perdurent les valeurs, les comportements moraux et les règles qui se développent au-delà de l’offre et de la demande.» Les individus doivent déjà posséder les normes morales au moment où ils entrent dans le marché. Ce sont les piliers indispensables qui empêchent le marché de dégénérer. La famille, l’Église, la commune et la tradition doivent encadrer le marché. (­Wilhelm Röpke, «Au-delà de l’offre et de la ­demande», 1958).

– «L’économie de marché n’est pas en contradiction avec des valeurs éthiques communes; au contraire, elle les présuppose.» (Václav Klaus) Les réserves morales sont indispensables à la société qui est constamment menacée de déclin.

– «Le monde froid de la vie économique ne reste stable que si les hommes qui y travaillent disposent d’un haut degré de ­réserves morales.» (Wilhelm Röpke)

– «Le monde froid de la vie économique puise dans les réserves morales grâce auxquelles il se maintient et qui sont plus importantes que toutes les lois et principes économiques.» (Wilhelm Röpke)

Pour les «Autrichiens», le déclin des marchés que l’on observe aujourd’hui en de nombreux endroits tient moins dans l’échec de l’économie de marché que dans celui des valeurs de la vie économique et dans l’absence de cadre réglementaire valable.

Elinor Ostrom, Prix Nobel d’économie, a étudié, au cours des dernières décennies, certains cadres réglementaires qui permettent, sur le marché, sans intervention étatique, une collaboration des citoyens qui les place sur un pied d’égalité et respecte les ressources. Dans le monde entier, elle a étudié les coopératives et les corporations (par exemple dans le domaine des alpages et de la pêche) ayant créé un cadre réglementaire qui est à leur avantage et respecte l’environnement. Elle a approfondi les questions suivantes: Quelles règles se sont révélées efficaces et lesquelles ne l’ont pas été? Comment résout-on les conflits? Quelles étaient les causes des échecs?
Fédéralisme vs centralisme de l’UE

Les marchés doivent être ancrés dans la population. L’idée d’une «décentralisation dans tous les domaines» avait acquis un caractère programmatique chez Röpke. En 1956, il assista à la fondation de la CEE supranationale (aujourd’hui UE) avec scepticisme et l’exprima clairement:

«La décentralisation est […] un élément essentiel de l’esprit européen. Par conséquent, si nous essayons d’organiser ­l’Europe de manière centralisée, de la sou­mettre à une économie planifiée bureaucratique et d’en faire un bloc de plus en plus fermé, ce serait tout simplement une trahison envers l’Europe et le patrimoine européen1, trahison d’autant plus sournoise qu’elle serait commise au nom de l’Europe en abusant de ce nom de manière indigne. (Wilhelm Röpke, «Au-delà de l’offre et de la demande»). La souveraineté natio­nale excédentaire ne devrait pas, selon lui, être transposée à un niveau super-étatique mais abolie. Il s’oppose à l’idée que des structures supranationales établiraient la paix en Europe. «C’est en renforçant le sentiment de cohésion spirituelle et morale que l’on évite le mieux la guerre.»2

Récemment, Václav Klaus a surpris lorsqu’il a refusé, en tant que président de la République tchèque, de signer le Traité de Lisbonne parce que celui-ci était contraire à la Constitution libérale et fédéraliste de son pays.

Critique «autrichienne» de l’actuelle politique financière

La théorie conjoncturelle étudie la situation économique et son évolution au cours du temps. Cela peut se faire de différentes manières. La théorie «autrichienne» se fonde sur le bon sens et explique l’évolution conjoncturelle de la manière suivante:

Les hommes travaillent et gagnent de l’argent. Ils en dépensent une partie pour acheter des biens de consommation et ils épargnent le reste. Ces économies sont utilisées directement ou indirectement par les banques pour des investissements, par exemple la construction de maisons ou d’usines plus modernes qui produisent de manière plus efficace et moins coûteuse. C’est ainsi que l’économie croît. Mais avant d’investir, il faut épargner.

Les intérêts régulent ce mécanisme. Si l’on a besoin de davantage d’investissement pour la construction de maisons, les intérêts augmentent afin que l’incitation à épargner soit plus élevée. S’il y a trop d’argent en circulation qui n’est pas utilisé, les intérêts baissent. Les fluctuations de la conjoncture sont naturelles; on les atténue au moyen des intérêts qui coordonnent les besoins des acteurs du marché.

Or la politique monétaire actuelle des ­banques centrales qui interviennent dans ce mécanisme sont contraires à cette conception relevant du bon sens. Les banques centrales manipulent les taux d’intérêts en créant des quantités considérables de monnaie qu’elles mettent en circulation sous forme de dettes, si bien que l’on investit beaucoup plus qu’on épargne. De cette manière, lesdites banques créent artificiellement une demande et un état d’esprit qui entraînent facilement une croissance économique trompeuse. En voici deux exemples:

1. Comme les taux d’intérêt sont inconsidérément bas, les gens achètent des maisons qu’ils ne peuvent pas s’offrir réellement Lorsque, plus tard, les taux augmentent, ils ont des difficultés à payer les intérêts et les amortissements.

2. Les banques spéculent en Bourse de manière téméraire parce qu’elles obtiennent des banques centrales de l’argent ­presque gratuitement. Quand les spéculations ­tournent mal, elles peuvent compter recevoir à nouveau de l’argent fraîchement créé mis à leur disposition par les banques centrales de manière presque illimitée. En cas de crise, on les sauve avec l’argent des contribuables. On incite également les particuliers à spéculer car on leur facilite l’endettement.

Croissance durable vs croissance instable

Selon les «Autrichiens», le type de croissance économique que nous venons de décrire n’est pas réel et ne peut manquer de retomber car la demande additionnelle a été provoquée par de l’argent nouvellement créé. Cette croissance ne correspond pas à des prestations et l’argent prêté doit être remboursé un jour ou l’autre. Un boom économique provoqué de cette manière recèle les germes du déclin déjà dans les périodes où les choses vont bien.

C’est pourquoi les «Autrichiens
» font la distinction entre un développement écono­mique durable, financé par l’épargne des particuliers, et une croissance instable provoquée artificiellement par les banques centrales et le système bancaire. Cela entraîne des struc­tures économiques malsaines – par ­exemple, des bulles immobilières (comme ce fut le cas particulièrement aux États-Unis et en ­Espagne) – ou un secteur financier mondial surdimensionné. Les «manipulations monétaires» des banques centrales déna­turent les processus économiques et font finalement plus de mal que de bien.

Voici un exemple: Les Américains ont, depuis un certain temps, renoncé largement à épargner et ont financé leurs maisons et leurs investissements avec de l’argent étranger, de l’argent créé par la FED et les établissements de crédit. Maintenant, ils devraient épargner pour être moins dépendant de l’étranger et préparer leur retraite, mais les taux artificiellement bas les en détournent et les incitent à continuer à s’endetter.

«Destructions créatrices»

Un autre aspect central de la théorie des «Autrichiens» consiste dans l’impor­tance économique des «entrepreneurs». Josef ­Schumpeter, surtout, s’est intéressé à la question. Il se serait réjoui d’apprendre que ­Nicolas Hayek, récemment décédé, avait réussi, dans les années 1970, grâce à son engagement audacieux, à sauver l’industrie hor­logère suisse lorsque les entreprises ­japonaises la défiaient avec de nouvelles technologies (­montres à quartz).

Il y a 70 ans, Schumpeter a étudié avant tout la question suivante: au cours du développement économique, il arrive souvent que des inventions, de nouvelles technologies ou de nouveaux modèles économiques ­entraînent de profonds changements. Cer­taines entre­prises réussissent à s’adapter à la nouvelle situation et d’autres ­périssent parce ­qu’elles obéissent à des modèles écono­miques qui ne sont pas viables. Cela peut provoquer des bouleversements et même des crises. Ces situations entraînent toujours des problèmes humains et sociaux qui doivent être atténués par la société. Mais, pour Schumpeter, il serait tout à fait erroné que les gouvernements ou les banques centrales interviennent et ­gênent ces processus rénovateurs. Il parle à ce sujet de «destructions créatrices» nécessaires qui ouvrent la voie à un avenir meilleur. (in: «Capitalisme, socialisme et démocratie», 1942). La politique actuelle est contraire à cette optique.

Rénovation compromise

Selon les «Autrichiens» d’aujourd’hui, les gouvernements et les banques centrales empêchent une saine rénovation de la vie économique et financière et figent de mauvaises structures économiques au moyen de «plans de sauvetage» de toutes sortes. En quoi cela consiste-t-il?

Il est indéniable aujourd’hui qu’au cours des 20 dernières années surtout, la finance internationale s’est hypertrophiée d’une manière artificielle et malsaine. Des déréglementations discutables, des innovations technologiques comme Internet, la globalisation, des quantités d’argent créé par les banques centrales, etc. y ont contribué.

Ainsi des mégabanques (par exemple, en Suisse, UBS) et dans le monde entier un très grand nombre de banques de l’ombre peu surveillées (par exemple, les fonds spéculatifs) sont apparues. Au cours des deux dernières années, les plans de sauvetage des États ont empêché un assainissement en sauvant un grand nombre d’établissements dont le modèle s’était révélé mauvais et qui, selon les lois du marché, auraient dû disparaître. Un assainissement aurait été nécessaire pour éliminer les mauvais investissements et les décisions erronées des années précédentes. Dans le monde entier, les gouvernements et les banques ­centrales n’ont pas procédé à cette mesure nécessaire d’un point de vue économique.

La «destruction créatrice» que proposait Schumpeter n’a pas lieu aujourd’hui. Selon les «Autrichiens» contemporains, notamment Guido Hülsmann, c’est là une autre raison pour laquelle le système financier reste ­instable et que d’autres crises sont programmées. Les «tests de résistance» effectués aux États-Unis et en Europe pour examiner la «santé» des banques ne pourront pas les empêcher. Ils étaient si peu sévères que presque toutes les banques les ont réussis. Ils visaient surtout à rassurer les citoyens. De l’avis de ses détracteurs, la nouvelle loi américaine sur la réforme financière est beaucoup trop peu radicale pour stabiliser véritablement la situation.

Que disent Roubini et Mihm des critiques des «Autrichiens»?

Il n’est pas facile de décider des ­meilleures mesures à prendre dans la délicate situation financière actuelle. Nouriel Roubini et ­Stephen Mihm estiment qu’à court terme, les «Autrichiens» ont tort. Pour eux, les interventions massives des gouvernements et des ­banques centrales étaient nécessaires. Il y aurait eu trop de risques que le déclin ou la «chute libre» (pour citer Stiglitz) se renforce et entraîne une évolution imprévisible.

Cela dit, Roubini et Mihm rendent hom­mage à l’analyse des «Autrichiens»: «A moyen ou long terme, nous pouvons ap­prendre quelque chose des économistes autrichiens.» Comme la «destruction créatrice» (Schumpeter) n’a pas eu lieu, des mesures énergiques et radicales sont nécessaires. Les politiques devraient par exemple exiger que les méga-banques soient divisées en plusieurs banques plus petites. Ce sont non seulement des banques, mais aussi des pays comme la Grèce qui devraient se déclarer en faillite. Les dettes insensées et impossibles à rembourser de ces pays seraient réduites, après accord avec les créanciers, à un montant supportable et ils auraient ainsi la possibilité de repartir de zéro.

En outre, les systèmes monétaire et bancaire actuels devraient être soumis à un examen critique afin de découvrir les causes profondes de l’instabilité.

Ce que devrait être les systèmes monétaire et bancaire de demain

Les «Autrichiens» n’ont pas une conception unitaire de la réforme du système moné­taire. A preuve la proposition de Guido ­Hülsmann, professeur à l’Université d’Angers et au ­Ludwig Mises Institute d’Auburn et celle de Hans Christoph Binswanger, professeur à ­l’Université de Saint-Gall:

Banque libre

Guido Hülsmann (biographe de Ludwig von Mises) est partisan de la «banque libre» (free banking). Fidèle à son credo de libertarien, il ne veut rien interdire. Dans son dernier ouvrage intitulé «L’éthique de la production de monnaie», 2010), il suggère d’abolir le monopole étatique de la création de monnaie ainsi que d’autres privilèges juridiques des banques centrales. Il ne devrait plus y avoir de «monnaie imposée». Les banques privées devraient pouvoir émettre elles-mêmes de la monnaie de façon décentralisée – monnaie qui devrait être couverte à 100% par de l’or – et entrer en concurrence sur le marché avec le papier-monnaie actuel. En outre, les monnaies régionales seraient également autorisées. En 1976 déjà, dans son ouvrage «Denationalisation of Money», F. A. von Hayek avait examiné une solution semblable et l’avait jugée réalisable.

Cette proposition n’est pas farfelue. Plusieurs pays ont déjà fait des expériences dans ce sens. Ainsi, le Canada a connu un système de banque libre pendant longtemps, de 1817 à 1935. C’est un des rares pays dans lesquels aucune banque ne s’est effondrée pendant la crise économique mondiale. Ce n’est qu’en 1935 qu’une banque centrale a été créée pour mettre en marche la planche à billets dans l’espoir de lutter contre la crise.

Pour Hülsmann, l’émission monopolisée par l’État de papier-monnaie qui n’est pas couvert ou ne l’est que partiellement est une tromperie à l’encontre des citoyens. Au cours des dernières décennies, ce système a entraîné un effondrement monétaire et augmenté considérablement l’endettement des États. Et ces deux phénomènes vont encore s’accentuer dans un proche avenir.

Pour Hülsmann, ce qui a incité les gouvernements à créer des institutions monétaires a toujours été la recherche de recettes supplémentaires, en particulier pour financer les guerres. Les institutions monétaires sont nées parce qu’elles offraient à une alliance de politiques et de banquiers la possibilité – et elles le font encore – de s’enrichir aux dépens d’autres couches de la société. Cette alliance est née assez spontanément au XVIIe siècle et a évolué diversement jusqu’à nos jours et au cours de cette évolution, elle a créé les institutions monétaires actuelles.

Stabilité accrue de la monnaie

Hans Christoph Binswanger est moins radical que Guido Hülsmann. Il propose toutefois de réformer les systèmes bancaire et moné­taire sur des points essentiels. Dans son ouvrage «Vorwärts zur Mäßigung» (cf. Horizons et débats no 15 du 19/4/10), il attire l’attention sur un point névralgique du système ­bancaire:
Les banques centrales n’ont que peu de moyens de contrôler véritablement la masse monétaire. Contrairement à autrefois, non seulement les banques centrales mais également les banques d’affaires créent de la monnaie pour ainsi dire à partir de rien et accordent ainsi des crédits. L’idée classique selon laquelle une banque reçoit les économies de ses clients et prête cet argent à des taux supérieurs n’est plus valable aujourd’hui. Pourquoi? Une banque peut-elle prêter de l’argent qu’elle ne possède pas?

Voici un exemple: Une banque accorde à M. Martin un crédit à la construction de 500 000 francs. Ce montant est crédité sur son compte à titre de promesse de paiement sans que la banque doive puiser dans ses réserves. Elle crée ainsi de l’argent (monnaie scripturale). Lorsque M. Martin effectue des paiements à son architecte ou à des entre­prises, la promesse de paiement de la banque est reportée sur le compte d’une autre personne. Lorsque cette dernière procède à son tour à des paiements, le processus se répète.

Dans cet exemple, il n’y a jamais de véritables paiements qui réduiraient les réserves d’argent comptant de la banque. Finalement, le crédit est remboursé avec les intérêts, et cela au moyen de l’argent du client de la banque.

Naturellement, l’octroi de crédits ne fonctionne pas toujours de cette manière et une banque ne peut pas appliquer cette ­méthode comme elle l’entend. Il existe des règlementations qui fixent un montant de ré­serves minimum. Toutefois, de cette manière, le volume des crédits peut être considérablement étendu. Selon certaines évaluations, deux unités monétaires sur trois sont créées par le système bancaire privé.

Les difficultés appa­raissent lorsque les clients de la ­banque ­veulent récupérer leur argent, comme cela s’est produit en plusieurs endroits à ­l’automne 2008. Binswanger suggère un nouveau «cadre réglementaire» pour les ­banques d’affaires: elles ne devraient prêter que l’argent ­qu’elles possèdent. Seules les banques centrales auraient le droit de créer l’argent nécessaire à la crois­sance écono­mique.

Mais comment les ­banques centrales doivent-elles mettre l’argent frais en circulation? Ici aussi, ­Binswanger fait des propositions de ré­forme.

Meilleur ancrage du système monétaire dans la population

Binswanger propose d’étendre le système existant et de le décentraliser. Qu’est-ce que cela signifie?

a) La banque centrale attribue comme par le passé une partie de l’argent nouvellement créé aux banques d’affaires. Ces dernières peuvent ainsi accorder un montant de crédits supérieur à celui de l’argent provenant de l’épargne.

b) La banque centrale pourrait mettre en circulation l’argent nouvellement créé non seulement par le biais des banques mais en l’octroyant directement à des institutions d’intérêt général: assurance-­vieillesse ou système de santé, par exemple. Ce qui est déterminant, c’est que la banque centrale détermine elle-même l’ampleur de la création de monnaie et que l’on ne finance pas les déficits publics en recourant à la planche à billets (comme c’est le cas aujourd’hui).

c) La banque centrale pourrait – troi­sième possibilité – mettre l’argent nouvellement créé à la disposition des communes et celles-ci pourraient ainsi mettre en circulation de la monnaie régionale qui serait utilisée pour payer des produits et des services régionaux. Cette monnaie pourrait également être utilisée comme de l’«argent fondant», comme l’avait proposé Silvio Gesell. Il perdrait de sa valeur s’il était thésaurisé et non dépensé intelligemment, par exemple pour l’école ou la culture.

Une telle réforme ne serait certes pas révolutionnaire, mais elle rendrait le système monétaire et bancaire plus stable et, surtout, elle l’ancrerait plus solidement dans la population.

Et maintenant?

Il y a quelques semaines, le Congrès américain a adopté la loi sur la réforme financière. Elle prévoit davantage de contrôle et de réserves pour les banques et met certaines restrictions aux opérations spéculatives. On ne trouvera pas dans cette loi des propositions radicales comme celles de Roubini et Mihm et d’autres économistes. Même le Fonds monétaire international a formulé des critiques. Il loue certes le gouvernement d’avoir entamé une réforme mais il critique le fait que le résultat soit très en retrait par rapport à ce qu’il aurait fallu faire (Neue Zürcher Zeitung du 31 juillet).

En Europe, la Commission européenne va créer quatre nouvelles instances de surveillance supranationale des banques qui devraient être opérationnelles dès janvier 2011. Parallèlement, la Commission va élaborer une nouvelle directive prévoyant que dans toute l’UE, c’est-à-dire pour presque 500 millions de personnes, l’argent de l’épargne soit garanti jusqu’à 100 000 euros. Les banques doivent constituer des réserves et les verser à un fonds prescrit par l’État. Si cela ne suffit pas, c’est l’État, c’est-à-dire le contribuable, qui passera à la caisse.

La responsabilité personnelle est préférable

Pourquoi faut-il des garanties d’État, ­demandent les «Autrichiens», quand les ­banques travaillent sérieusement? Pourquoi des contrôles supranationaux? En ­Suisse, les coopérateurs des quelque 300 ­caisses ­Raiffeisen contrôlent leur banque eux-mêmes. Chacun est dans une certaine me­sure respon­sable personnellement en tant que copropriétaire. En outre, les caisses se sont engagées à se prêter mutuellement assistance en cas de difficultés. Cependant, en plus de cent ans d’histoire de l’union, la responsabilité person­nelle des coopérateurs et l’assistance des caisses n’ont jamais été sollicitées. Les autres ­banques suisses ont instauré indépendamment de l’État un fonds de garantie pour les capitaux d’épargne.

En Autriche et en Allemagne, les caisses d’épargne et les banques coopératives les garantissent également au sein de leurs sociétés.

En Suisse, la Banque communautaire et la Banque alternative vont encore plus loin: la responsabilité personnelle de leurs clients est impliquée dans la gestion de la banque dans la mesure où ils participent aux décisions sur l’utilisation de leur argent.

Pourquoi ne pourrait-on pas chercher – en référence à Elinor Ostrom – dans quel cadre réglementaire les citoyens pourraient collaborer au sein du système bancaire et améliorer leur condition sans tomber d’une crise dans l’autre? •

1 Envers le patrimoine européen qui constitue un engagement

2 A ceux qui souhaitent approfondir cette question, je conseille le livre de Franz Kromka «Markt und Moral. Neuentdeckung der Gründerväter», 2008

Quel est le rôle de la banque centrale américaine ()?

La FED se voit confier des attributions supplémentaires par la récente loi de réforme du système financier. Qui détermine la politique de la FED? Quel rôle joue-t-elle en politique et dans l’économie? Voici deux opinions critiques à ce sujet:

– Dans leur ouvrage «Economie de crise. Une introduction à la finance du futur» (JC Lattès, 2010), Nouriel Roubini et ­Stephen Mihm évoquent l’influence déterminante des grandes banques. Ainsi, des centres de pouvoir importants au sein de la FED, avant tout la banque centrale de New York, sont contrôlés par les banques de Wall Street. De futures réformes structurelles devraient tenir compte de ce fait.

– Dans un exposé, Guido Hülsemann a indiqué que la FED exerce un pouvoir: elle emploie autant d’économistes que les 50 plus grandes facultés universi­taires réunies. En outre, trois quarts des recherches sur des questions financières sont financées par la FED. Ces deux faits expliquent pourquoi certaines théories économiques s’imposent et d’autres pas.

Horizons et Débats

Commentaires (4)

  1. Article très intéressant. Merci Eric!

    Je connaissais déjà l’école des Autrichiens (mais pas en détails) et la “destruction créatrice” (concept assez bizarre).

    «L’économie de marché ne peut durer que si perdurent les valeurs, les comportements moraux et les règles qui se développent au-delà de l’offre et de la demande.» Les individus doivent déjà posséder les normes morales au moment où ils entrent dans le marché. Ce sont les piliers indispensables qui empêchent le marché de dégénérer. La famille, l’Église, la commune et la tradition doivent encadrer le marché. (­Wilhelm Röpke, «Au-delà de l’offre et de la ­demande», 1958).

    Voilà de vrais libéraux, comme Tocqueville: de grands moralistes. Le sociologue avait conscience de ce qu’est le libéralisme et de ses effets pervers, d’ou l’importance d’un cadre moral (religion, entre autre).

    Par contre je suis sceptique sur certaines de leurs propositions. Par exemple, je pense qu’il faut garder une seule et unique banque centrale afin de réguler la masse monétaire en circulation. Si on décentralise la création monétaire, on va vite se retrouver dans la même pagaille que les EU au XIXe ou la France au haut Moyen Age.

  2. Les Autrichiens ont le travers de tous les libéraux, qu’ils soient moralistes ou non : Leur théorie de l’ordre naturel est prometteuse mais le monde dans lequel il doit s’appliquer n’existe pas. Les acteurs du marché feront tout pour contourner les règles, ils ne faut donc pas désserer la vis des états mais la resserrer d’avantage. Ils ne peuvent pas se plaindre de l’emprise des BC et la perte de souveraineté (fin de l’étalon or) quand ils prônent en même des états aux interventions minimales. Ils veulent des états forts et moraux quand ça les arrangent mais pas lorsque cela contredit leurs théories classiques sur l’économie (le “laissez-faire”) ou la liberté individuelle (libéralisation des moeurs).

    En clair, ils passeront leur temps à se plaindre des conséquences dont ils chérissent les causes. C’est aussi une école très en retard sur son époque, presque autant que celle de leurs adversaires marxistes. Toutes leurs références sont mortes il y a plus de 20 ans. Ce qui leur donne matière à se victimiser d’avantage alors qu’ils ont fortement influer le couple Reagan et surtout Taetcher et donc participer à la victoire du néolibéralisme en Occident.

    Il n’y a rien d’intéressant chez les Autrichiens (excepté Schumpeter), si ce n’est l’étude de leurs contradictions et la faillite de toutes leurs propositions pratiques.

  3. ” Il n’y a rien d’intéressant chez les Autrichiens (excepté Schumpeter), si ce n’est l’étude de leurs contradictions et la faillite de toutes leurs propositions pratiques. ”

    En effet, cet article est assez étonnant ici.

    Par ailleurs, il assimile de manière discutable à l’école autrichienne le très intéressant professeur Binswanger, dont les idées sont pourtant assez radicalement différentes de celles des autres :

    http://fortune.fdesouche.com/16943-%C2%ABvers-la-moderation%C2%BB-monetaire-et-bancaire

  4. Erreur factuelle dans cet article : Joseph Schumpeter n’appartient pas à l’école de pensée autrichienne, il est juste autrichien de nationalité…
    Ensuite, ce qui me fait marrer, c’est que les « Autrichiens » (du moins, certains) avaient très bien compris et même prédit la crise, mais on continue de se foutre de leur gueule en les taxant d’« ultralibéralisme » ou que sais-je.
    Une vidéo IN-DIS-PEN-SABLE à voir et revoir : Peter Schiff (qui a soutenu et conseillé Ron Paul en 2008) prédit parfaitement la crise (sous-titré en français).

    Pour la petite histoire, Peter Schiff n’a malheureusement pas obtenu l’investiture pour candidater au Sénat en 2010…
    __________
    Imperator.
    Vendredi 8 octobre 2010 à 17:52

    Voilà de vrais libéraux, comme Tocqueville: de grands moralistes. Le sociologue avait conscience de ce qu’est le libéralisme et de ses effets pervers, d’ou l’importance d’un cadre moral (religion, entre autre).

    Ah, mais, ne pas prendre les Autrichiens pour des naïfs : Murray Rothbard a écrit un article assassin sur les « libertariens de gauche » et critiquait l’hystérie d’Ayn Rand à l’égard de la religion.

    __________
    Thomas
    Samedi 9 octobre 2010 à 11:52

    Les Autrichiens ont le travers de tous les libéraux, qu’ils soient moralistes ou non : Leur théorie de l’ordre naturel est prometteuse mais le monde dans lequel il doit s’appliquer n’existe pas.

    C’est une école de pensée économique rigoureuse qui développe une éthique solide, mais il est faux de dire qu’ils n’ont rien à foutre du réel : Murray Rothbard estimait que la meilleure voie politique à prendre était de faire alliance avec les paléoconservateurs (voir Patrick J. Buchanan), Hans-Hermann Hoppe cherche le pis-aller (et, chose qui devrait plaire à certains ici, estime que le royalisme vaut mieux que la démocratie)…
    Mais ce qui est vraiment important d’un point de vue pratique à mon sens, c’est qu’ils comprennent extrêmement bien le fonctionnement de l’économie (cf. Peter Schiff plus haut : limpide et l’avenir lui donna parfaitement raison).

    Les acteurs du marché feront tout pour contourner les règles, ils ne faut donc pas désserer la vis des états mais la resserrer d’avantage.

    Justement non : la critique essentielle des Autrichiens est que l’État est généralement incapable d’anticiper correctement le comportement économique de l’ensemble des agents en présence, extrêmement complexe, et va surtout générer des effets pervers (effets d’aubaine, trappes à inactivité, mauvais investissements…).
    Cas d’école : la discrimination positive. Catastrophe totale ; mieux vaut laisser les employeurs choisir sans restriction (je mets de côté la nationalité) pour optimiser le schmilblick.

    Ils ne peuvent pas se plaindre de l’emprise des BC et la perte de souveraineté (fin de l’étalon or) quand ils prônent en même des états aux interventions minimales.

    Pourquoi donc ? Les banques centrales sont justement des institutions extrêmement centralisées. Voir ceci pour une argumentation intéressante sur le pourquoi du choix « naturel » de l’étalon-or par la société dans l’optique autrichienne : L’or comme monnaie naturelle.

    Ils veulent des états forts et moraux quand ça les arrangent […].

    Pas du tout, ils veulent des États « faibles » !

    C’est aussi une école très en retard sur son époque, presque autant que celle de leurs adversaires marxistes. Toutes leurs références sont mortes il y a plus de 20 ans.

    Les idées n’ont pas d’âge. ;)
    Ce qui est une manière de dire que l’on juge une idée à sa valeur intrinsèque, et non pas à l’aune de considérations périphériques. Le raisonnement autrichien est logico-déductif et essaie d’être rigoureux, ce qui fait toute son originalité et sa valeur par rapport à la pseudo-mathématisation employée par d’autres courants ou au holisme du marxisme et du keynésianisme.

    […] ils ont fortement influer le couple Reagan et surtout Taetcher et donc participer à la victoire du néolibéralisme en Occident.

    1) Petite remarque : le néolibéralisme n’existe pas vraiment : c’est un terme souvent péjoratif généralement employé pour diaboliser le libéralisme.
    2) a) Ronald Reagan (qui était en fait vachement protectionniste, au passage…) était plutôt influencé par l’école de Chicago (dont l’un des représentants les plus emblématiques fut Milton Friedman) ; il a réussi à sauver les États-Unis de l’inflation (plus précisément la stagflation) et à assainir les finances (Paul Craig Roberts explique bien que le déficit apparent était en fait justement lié à la maîtrise de l’inflation, « paradoxalement »). Ce qui, au passage, a abattu l’Union soviétique. Le sale mondialiste à deux balles (3615 ALENA) était plutôt un certain… Bill Clinton ! Et puis, les États-Unis d’aujourd’hui sont loin d’être libéraux : la part du PIB prélevée est de l’ordre de 35 % (en gros, je n’ai pas les données exactes d’aujourd’hui), la discrimination positive fait rage, il y a je ne sais plus combien de millions d’Américains qui vivent avec des bons alimentaires… Ce n’est pas pour rien qu’il y a une véritable révolte (mouvement des Tea Parties) contre Barack Obama et ses vues (l’assurance santé obligatoire passe très, très mal dans l’opinion publique !).
    b) Je ne dis pas que Margaret Thatcher ait été parfaite (je n’aime pas son atlantisme par exemple), mais elle a quand même redressé un pays gangrené par un socialisme archaïque (un intervenant sur fdesouche parlait de la nécessité de faire des démarches pour changer de lavabo ou un truc du genre !!) et qui s’était fait sauver par le FMI (on l’oublie trop, ça) !! En vérité, c’est Tony Blair qui a vraiment foutu le Royaume-Uni dans la panade (immigration de masse voulue et décidée en secret, mondialisme assumé…).

    Pour conclure : le truc, c’est que le monde actuel n’est pas « néolibéral » : il est corporatiste, et le corporatisme prospère sur l’étatisme qui grandit de jour en jour.
    Pourquoi y a-t-il cette saloperie de « construction » européenne si ce n’est pour créer un gigantesque État supranational européen ? Qu’est-ce que l’antiracisme si ce n’est une gigantesque propagande totalitaire soutenue par l’État (subventions aux associations, « rééducation » nationale…) ?

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