1974-2010 : La mise en oeuvre du libéralisme économique

Tribune libre de Paysan Savoyard

Élément d’une série consacrée aux politiques économiques et sociales suivies depuis un demi siècle, la présente tribune fait suite aux articles parus les 8/04/10 et 13/06/10.


La crise du milieu des années 70

Les Trente glorieuses s’achèvent avec la crise économique qui survient en 1974 et touche les pays industrialisés. Elle est déclenchée par le « choc pétrolier » provoqué en 1973 par les pays producteurs qui, groupés en cartel, décident de tripler brusquement les prix (un second choc pétrolier interviendra en 1979). Dans le même temps les États-Unis décident, en 1973, de supprimer le lien qui rattachait le dollar à l’or, inaugurant un système de flottement général des monnaies : la forte instabilité des monnaies qui résulte de cette décision sera elle aussi, à l’instar du choc pétrolier, préjudiciable à la croissance (l’instabilité monétaire est en effet gênante pour les entreprises, dont elle perturbe les prévisions).

La forte baisse de la croissance qui intervient dès 1974 est certes déclenchée par l’augmentation des coûts de l’énergie : elle résulte cependant, plus fondamentalement, du fait que le monde industrialisé atteint alors la fin d’un cycle économique exceptionnel, qui était alimenté depuis 1946 par la reconstruction d’après-guerre et par la décision des pays européens d’adopter, à l’imitation des États-Unis, le système de production et de consommation de masse.

La crise se traduit, comme nous venons de le dire, par une baisse immédiate du taux de croissance du PIB, qui va être divisé par deux par rapport à son rythme des Trente glorieuses (entre 1975 et 2006, la croissance a été en France de 2,3 % en moyenne et en volume par an, contre 5,6 % entre 1960 et 1974). La crise entraîne également une hausse de l’inflation ainsi qu’une forte hausse du chômage.


La victoire des thèses libérales

Depuis les années 1960 dans les universités américaines, les économistes libéraux, autour de Milton Friedman et des « monétaristes », contestaient les politiques mises en place après la guerre, qui donnaient une place importante à un État puissant venant encadrer et réguler l’économie de marché. Ils prônaient pour leur part la mise en place de politiques libérales : un État se limitant aux missions régaliennes ; une baisse des prélèvements publics ; la mise en concurrence et la privatisation des monopoles publics ; une politique économique neutre se donnant pour objectif premier d’éviter l’inflation, à l’opposé des préceptes keynésiens en vigueur.

Pour faire prévaloir leurs thèses, les libéraux vont utiliser la crise économique qui commence au milieu des années 70, en affirmant qu’elle est la conséquence des recettes étatistes mises en place à l’après-guerre. Ces thèses vont l’emporter politiquement à la fin des années 1970, avec la victoire de dirigeants se proposant d’appliquer une politique économique libérale, R. Reagan et M. Thatcher.


En 1982 la gauche adopte la « politique de rigueur » et effectue à son tour le virage libéral

En France le gouvernement de R. Barre (1978) adopte également une orientation libérale. Mais la victoire de la gauche en 1981 remet à l’honneur les politiques keynésiennes et interventionnistes traditionnelles : dans le but de relancer l’activité économique et de diminuer le chômage (qui atteint en 1981 1,5 million de personnes), le gouvernement de gauche procède en particulier à une augmentation forte des salaires des fonctionnaires, du SMIC et des diverses allocations sociales, ainsi qu’à l’embauche de fonctionnaires supplémentaires (il adopte également d’autres mesures de type socialiste, comme la hausse de l’impôt sur les revenus élevés, la nationalisation des banques, l’octroi d’une cinquième semaine de congés payés et le passage du droit à la retraite de 65 à 60 ans).

Cette politique va cependant être rapidement abandonnée par les socialistes, pour la principale raison suivante. La relance de la consommation et le décalage de croissance que cette politique produisit avec les partenaires européens déclenchèrent immédiatement une relance de l’inflation et une hausse des importations, provoquant par là-même un fort déficit des échanges et une chute du Franc. Or la France participait au Système monétaire européen (SME) et s’était engagée à maintenir la parité de sa monnaie dans certaines limites. Dès lors le gouvernement de gauche était conduit à choisir entre deux solutions : soit poursuivre la politique de relance, accepter une dévaluation de la monnaie et sortir du SME (ce qui impliquait une crise politique européenne majeure et probablement un éclatement de la CEE) ; soit mettre en place la même politique de rigueur que celle appliquée par ses partenaires, afin de réduire l’inflation et le déficit extérieur et pouvoir ainsi soutenir la monnaie. C’est ce second choix qui a été effectué par F. Mitterrand, la volonté de poursuivre la construction européenne ayant probablement joué dans sa décision un rôle majeur.

La gauche mit alors en place à compter de 1982 une politique de « rigueur » et de « désinflation compétitive », consistant en particulier en un blocage des salaires, suivi de la désindexation des salaires sur les prix. Le résultat voulu fut atteint rapidement : l’inflation a été maîtrisée en moins de quatre ans ; l’équilibre du commerce extérieur a été rétabli ; la monnaie a repris sa place dans le SME. La politique de rigueur a eu un prix : le chômage, dont l’augmentation avait un temps été stoppée grâce à la politique de relance, repartit à la hausse avec l’abandon de celle-ci, atteignant 2 millions dès 1983.

Cependant le gouvernement de gauche ne s’est pas contenté de prendre des mesures de rigueur : il a procédé également à un changement de cap libéral. La date de 1982 est donc décisive : à compter de ce moment en effet en France, tous les gouvernements, de gauche et de droite, mettront en œuvre et poursuivront, comme dans les autres pays occidentaux, des politiques économiques libérales.


La politique de libéralisation est mise en œuvre depuis maintenant près de 30 ans

Cette politique de libéralisation (qui est aujourd’hui toujours à l’œuvre) va prendre les formes suivantes, touchant tous les compartiments de la vie politique et sociale et remettant en cause progressivement des parties importantes du système d’économie mixte qui avait été mis en place après la guerre (voir la tribune précédente) :

- Libération des prix.

- Déréglementation de secteurs réglementés, afin de laisser jouer les mécanismes de marché (on peut citer par exemple la création d’un « marché monétaire ouvert » ; la banalisation des organismes publics chargés jusque-là de distribuer des crédits « bonifiés » dans différents secteurs ; la déréglementation du transport routier de marchandises…).

- Privatisations (les banques qui avaient été nationalisées en 1982 ont été progressivement privatisées à partir de 1986 ; la privatisation s’est ensuite poursuivie dans de nombreux secteurs sous les différents gouvernements, de gauche comme de droite, qui se sont succédé).

- Mise en concurrence des services publics jusque-là en situation de monopole (cette politique résulte d’une décision prise par les différents gouvernements européens dans le cadre de l’UE) : EDF, SNCF, Télécom…

- Mise en œuvre de diverses mesures favorables aux entreprises (on peut relever par exemple la baisse de l’impôt sur les bénéfices des sociétés, passé de 50 à 33 % ; les allégements de cotisations sociales ; la prise en charge par l’État d’une partie de la taxe professionnelle; la suppression de l’autorisation administrative de licenciement ; l’augmentation des cas où les entreprises sont autorisées à recourir à l’intérim et au travail à durée déterminée….).

- Adoption de nombreuses mesures fiscales favorables aux revenus élevés et aux détenteurs de patrimoine (sont à signaler par exemple la baisse continue du taux supérieur de l’impôt sur le revenu, IR, qui était monté à 65 % en 1982 et qui n’est plus aujourd’hui que de 40 % ; la multiplication de « prélèvements libératoires » et de niches fiscales permettant d’échapper au barème de l’IR ; la baisse du poids de l’IR au profit de prélèvements proportionnels, comme la CSG, ou non liés au revenu, comme la TVA ; l’instauration récente d’un « bouclier fiscal »).

- Adoption de différentes décisions se traduisant par un recul des moyens et des prérogatives de l’État (on peut citer par exemple : la décentralisation ; le développement des procédés de contractualisation, qui viennent remplacer les mesures unilatérales de l’État ; la vente du patrimoine immobilier de l’État ; la diminution de la part des impôts d’État dans le total des prélèvements obligatoires). En outre l’actuelle majorité a engagé depuis trois ans, en ne remplaçant qu’un fonctionnaire sur deux partant en retraite, une politique de réduction des effectifs des fonctionnaires (il est vrai que ces effectifs n’avaient cessé d’augmenter ces trente dernières années ; c’est ainsi que les effectifs des trois fonctions publiques et de leurs établissements publics administratifs, hors emplois aidés, qui étaient en 1990 de 4,3 millions, sont passés à 5,2 millions en 2007 ; source : INSEE TEF 2010 p. 53).

Cette politique de libéralisation, qui se poursuit sous l’actuel gouvernement, a d’ores et déjà atteint ses objectifs stratégiques :

* Les mécanismes de marché occupent désormais dans le système économique et social une place sensiblement accrue ;

* La répartition de la valeur ajoutée est devenue nettement plus favorable aux entreprises (alors que la part des salaires dans la VA se situait entre 70 et 73 % durant la période 1960-1974 avant d’augmenter et d’atteindre jusqu’à 76 % en 1982, elle a fortement diminué à partir de 1983 et s’est stabilisée depuis 1989 aux alentours de 68 %) ;

* La fiscalité pesant sur les hauts revenus et sur les patrimoines a fortement diminué (voir ci-dessus) ;

* L’inflation est maintenue à un niveau peu élevé (depuis 1986, l’inflation annuelle, telle du moins qu’elle est calculée par l’INSEE, est comprise entre 1 et 3 % par an environ ; elle était supérieure à 5 % depuis 1968 et était montée jusqu’à plus de 13 % en 1981) (NB : la lutte contre l’inflation, constitue un objectif prioritaires des politiques libérales : l’inflation en effet est fortement défavorable aux détenteurs de patrimoines, du moins lorsque ces derniers sont détenus sous forme mobilière).


La persistance des déséquilibres : chômage et déficits publics

Ce bilan s’accompagne de deux déséquilibres majeurs : un chômage élevé et persistant ; et des déficits publics devenus eux-aussi permanents.

Comme nous le notions plus haut, le chômage a commencé à croître à compter de la crise de 1974 (il ne touchait jusqu’alors que moins de 500 000 personnes). Depuis lors, le chômage varie selon les périodes entre 2 et 3 millions de personnes, ce qui représente entre 8 et 11 % de la population active.

La persistance du chômage massif a quatre causes principales : la croissance démographique, qui entraîne une augmentation de la population d’âge actif ; les investissements de productivité (investissements dans les machines, dans l’informatique…) effectués par les entreprises afin de réduire le nombre d’emplois et la masse salariale ; les délocalisations d’emplois dans les pays à bas coûts (nous reviendrons sur ce point dans un futur article). Il résulte également d’une inadaptation d’une partie des chômeurs à la réalité du marché de l’emploi, les emplois manuels et d’exécution disponibles faisant l’objet d’un phénomène de rejet massif, y compris de la part des personnes sans qualification qui auraient normalement vocation à les occuper.

Afin de limiter l’impact social du chômage élevé et persistant, les pouvoirs publics ont mis en place depuis les années 1980 une politique massive de « traitement social du chômage », qui prend les formes suivantes : le versement d’allocations-chômage de longue durée (elles sont actuellement non dégressives et d’une durée de 2 ans ; de 3 ans après 50 ans) ; la création de revenus minimum : ASS, RMI, RSA… ; la création de dispositifs de préretraite ; la création d’emplois publics « aidés », type emplois-jeunes.

Ces différents dispositifs ont abouti à la mise en place d’un système qui conduit une partie importante de la population d’âge actif qui se déclare désireuse de travailler et perçoit le plus souvent telle ou telle allocation, à ne pas travailler ou à ne pas occuper un emploi véritable.

Il est nécessaire d’insister quelques instants sur ce point complexe et sensible (NB : les chiffres donnés ci-dessous concernent la métropole).

Le nombre de chômeurs « officiels » est actuellement (second trimestre 2010) de 2,6 millions, ce qui correspond à un taux de chômage de 9,3 %.

En réalité le nombre de personnes sans emploi est bien supérieur. Aux chômeurs officiels, il faut en effet ajouter les personnes qui ne sont pas comptabilisées dans le chômage officiel mais qui sont tout de même sans emploi : il s’agit des personnes sans emplois ayant exercé au cours du mois précédent une activité réduite ; des demandeurs d’emplois placés par l’ANPE en stage de formation ou conversion ; des demandeurs d’emploi âgés, dispensés de recherche d’emploi en raison de leur âge ; des bénéficiaires d’une préretraite ; des personnes radiées des listes de Pôle emploi ; des titulaires d’emploi-aidés dans le secteur non marchand ; des personnes installées dans l’assistanat. Si l’on ajoute ces personnes au nombre des chômeurs officiels, le nombre total des sans emploi n’est pas de 2,6 millions mais de … 6 millions (nous reviendrons en détail sur cette question du comptage des chômeurs dans un futur article).

Depuis plus de trente ans désormais, environ 20 % de la population d’âge actif ayant vocation à travailler ne travaille pas ou n’occupe pas d’emploi véritable. Cette situation malsaine a d’importantes conséquences délétères sur l’état de la société (nous reviendrons sur ces conséquences dans un prochain article).

Il convient d’indiquer en outre que le nombre des fonctionnaires et celui des étudiants a fortement augmenté depuis les années 80 et 90. Cette politique de recrutement de fonctionnaires et de massification des études a permis de réduire fortement le nombre de chômeurs (même s’il ne s’agissait pas là, bien entendu, de son objectif affiché) :

- Le nombre des personnes employées dans le « secteur administré » a en effet fortement augmenté (le secteur administré, également appelé « secteur non marchand », est constitué de l’ensemble des institutions financées sur fonds publics : fonction publique, établissements publics administratifs, associations parapubliques). Ce secteur employait 5 millions de personnes en 1980 (en « équivalent temps plein ») soit 23 % de la population active occupée ; il emploie actuellement 7 millions de personnes, soit 29 % de cette population (autrement dit environ un tiers de la population qui travaille occupe un emploi dans le secteur public ou para public). (source : INSEE Tableaux de l’économie française 2009, p.57)

- Le nombre des personnes effectuant des études supérieures a, lui, presque doublé en trente ans : il est passé de 1,2 millions en 1980 à 2,2 millions en 2008 (source : Ministère de l’éducation nationale, Repères et références statistiques 2009 p.19). Notons que l’on peut exprimer certains doutes sur l’utilité sociale de cette politique de massification des études (indépendamment de l’impact positif sur la situation du chômage dont nous venons de parler) : l’on constate en effet que parmi les étudiants qui s’inscrivent dans les universités, 43 % en sortent sans aucun diplôme (le cas échéant après plusieurs années de redoublement) ; (source : Ministère de l’éducation nationale, Repères et références statistiques 2009, p. 202 et 248 à 252).

Le chômage élevé est lui-même pour partie à l’origine du second déséquilibre majeur qui caractérise la période ouverte depuis le milieu des années 70 : la persistance de déficits publics élevés (le chômage en effet induit à la fois une baisse des recettes publiques – moindres cotisations – et une hausse des dépenses – allocations chômage et autres actions de traitement social du chômage).

Les budgets publics (État, collectivités locales, sécurité sociale) sont depuis trente ans chaque année en déficit (en 2008 le besoin de financement des administrations publiques a atteint le niveau record de 66 milliards d’euros). De ce fait la dette publique ne cesse de gonfler : alors qu’elle ne représentait que  3 % du PIB en 1974, elle a atteint en 2009 75  % du PIB. Conséquence particulièrement défavorable de cette situation pour les finances publiques : le paiement des intérêts de la dette représente une part croissante des dépenses de l’Etat (il absorbe ainsi désormais l’équivalent des recettes tirées de l’impôt sur le revenu).

***


Trois points méritent d’être soulignés en conclusion :

Depuis la crise du milieu des années 1970, moment à compter duquel s’installe le chômage massif, les différents gouvernements ont choisi d’en atténuer l’impact social par la politique de traitement social (ainsi que par l’embauche de fonctionnaires et par la massification des études). Cette politique se traduit par des dépenses publiques élevées, provoquant des déficits eux-mêmes élevés, et ce malgré le maintien d’un haut niveau de prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales). Ces choix sont tout à fait contraires aux préceptes libéraux. Nous avons vu plus haut que les politiques publiques suivies ont été fortement libéralisées depuis trente ans : il n’en reste pas moins que cette libéralisation reste encore circonscrite, les politiques mises en œuvre pour amortir l’effet du chômage restant fortement interventionnistes et étatiques. Le haut niveau des dépenses publiques et des prélèvements obligatoires pratiqués confirme qu’en dépit de la politique de libéralisation, la France se situe encore dans le groupe des pays qui sont gérés de façon « social-démocrate » (le taux de prélèvements obligatoires, c’est-à-dire le rapport entre le niveau de ces prélèvements et le PIB, est l’indice du degré de socialisation de l’économie : il est proche de 50 % dans les pays d’Europe du nord ; de 44 % en France ; de 40 % en Allemagne. Il est très inférieur dans les pays nettement libéraux : 35 % au Royaume-Uni ; inférieur à 30 % aux États-Unis et au Japon).

Second point de notre conclusion. La période qui s’est ouverte au milieu des années 1970 et qui a vu se mettre en œuvre la politique de libéralisation que nous venons d’évoquer a commencé avec la crise de 1974 : ce n’est pas pour autant que la période de trente-cinq ans qui s’est écoulée depuis doit être considérée dans son ensemble comme une période de crise. Certes le chômage massif s’est installé. Certes le taux de croissance moyen a diminué de moitié par rapport à celui des Trente glorieuses. Il reste que ce taux de croissance annuel de 2,3 % en moyenne correspond en réalité, sans doute, à celui que peut connaître une économie mure, tandis que le taux de croissance des Trente glorieuses était lui exceptionnel, découlant de la reconstruction et de l’adoption d’un système économique nouveau fondé sur la production et la consommation de masse.

Surtout il faut voir que ce taux de croissance moyen qu’a connu l’économie nationale ces trente-cinq dernières années équivaut sur la période à un quasi doublement du revenu national annuel en volume. Il convient donc de ne pas se tromper d’analyse : au cours de la période de trente-cinq ans qui a commencé à la fin des Trente glorieuses et malgré les crises ponctuelles qui peuvent survenir (comme celle qui a conduit à une récession en 2009), notre société, a jusqu’à présent continué à s’enrichir significativement (ce qui ne veut pas dire que la majorité des Français ont vu leur situation s’améliorer de la même manière ; nous reviendrons sur ce point important dans un prochain article).

Dernier élément de conclusion. Il faut signaler que la politique de libéralisation accompagnée de traitement social poursuivie depuis 1982 a donné lieu à un rapprochement majeur entre les deux camps structurant la politique française. Lorsqu’elle est au pouvoir, la droite, certes, prend différentes mesures libérales et « d’ajustement structurel », tandis que la gauche se consacre plutôt aux politiques de traitement social et de recrutement de fonctionnaires. Mais le fait remarquable est le suivant : aucun des deux camps ne remet substantiellement en cause les mesures prises par son adversaire. Mieux, la gauche a pu elle-même prendre des mesures d’inspiration libérale (à titre d’exemple le gouvernement conduit par M. Fabius premier ministre avait en son temps augmenté le taux de TVA et accru le nombre des ménages exonérés d’impôt sur le revenu) et la droite des mesures « sociales » (par exemple elle vient de créer le RSA). La répartition des rôles qui s’est mise en place ces trois dernières décennies entre la gauche et la droite masque donc, nous semble-t-il, leur accord profond sur les politiques économiques et sociales à conduire.

La politique de libéralisation interne de l’économie française, sujet auquel était consacrée la présente tribune, s’est accompagnée également d’un processus de mondialisation du libéralisme ; de la poursuite de la construction européenne sur un mode libéral ; ainsi que d’une politique d’immigration massive, qui constitue en quelque sorte un processus de « délocalisation importée ». Tout cet ensemble cohérent a eu des effets majeurs sur la société française, qui est désormais profondément différente de celle des Trente glorieuses (notamment parce que la répartition de la richesse en son sein a été substantiellement modifiée). Ces différents points feront l’objet des prochains articles de cette série consacrée aux politiques économiques et sociales conduites depuis 1946.

Commentaires (143)

  1. Les articles du Paysan savoyard sont toujours de qualité, ses analyses claires et pertinentes.

    Les chiffres de l’inflation et du chômage fournis par l’INSEE sont au mieux peu précis, au pire, fantaisistes! Il me semble qu’on en a déjà parlé sur ce blogue.

    “au cours de la période de trente-cinq ans qui a commencé à la fin des Trente glorieuses et malgré les crises ponctuelles qui peuvent survenir [...], notre société, a jusqu’à présent continué à s’enrichir significativement (ce qui ne veut pas dire que la majorité des Français ont vu leur situation s’améliorer de la même manière ”

    Comme l’a démontré feu Jacques Marseille dans l’argent des Français (éd. Perrin)

  2. Donc, si on comprend bien, le fait que le sud des USA est en passe de devenir mexicain et que les euro-américains deviennent minoritaires, ce n’est pas vraiment un probleme…

    Comme disait l’autre, faut vraiment arrêter de vous foutre de notre gueule à un moment donné.

    C’est un remplacement de population ici, comme chez eux, au grand bénéfice de l’hyperclasse, pas du notre.

    Pour les libéraux, on peut vivre entouré de mexicains, ce n’est pas un problème, tant que les usines qui sont en Chine tournent…

    Et l’on parle de sentiments d’appartenances ….

  3. “les délocalisations permettent de mettre des usines dans le tiers monde pour éviter justement que le tiers monde ne nous envahisse.”

    Oui, les actionnaires qui réclament du 15% par an réclament les délocalisations pour , personne n’en doute, “que le tiers monde nous envahisse”.

    Ce qui est remarquable d’ailleurs depuis 30 ans, ou nous avons les délocalisations ET l’immigration…

    La chine exporte sa population, notamment en Russie extreme-orientale, en étant, à la fois, un pays ou l’on délocalise.

    Putain, votre idéologie ne correspond à un aucune réalité observable.

    Rien de rien.

  4. Ok, donc le projet libéral, c’est des espagnols et des WASP dans des réserves, mais c’est pas grave, tant qu’il y a la croissance.
    Je vous le dis: on ne défend pas la même chose.
    Vous défendez votre nombril, nous défendons notre peuple.

    Et vous vous étonnez que l’on rejette votre idéologique?

    Mais vous rigolez ou quoi?

  5. @Oxymandias, vous n’avez strictement rien compris des critiques de l’avènement de la bourgeoisie présente dans Le Guépard, c’est assez remarquable mais non moins étonnant pour un libéral fanatique (libertarien). Peut-être que le film vous aidera à y voir plus clair.

    En parlant de classe sociale qui se fait surpasser, la bourgeoisie locale est depuis longtemps dans les choux au profit d’une superclasse mondialisée qui gagne sa vie dans la bourse là où au moins les anciens bourgeois créaient de la valeur et du travail.

  6. Qui a parlé de plus d’Etat ici?

    Moi, Léonidas, Chateaubriand, Boréas?

    Personne.

    Nous parlons d’un Etat qui fasse son travail, et donc qui ne soit pas aux mains d’intérêts privés ou d’une classe sociale.

    L’Etat, c’est nous, pas Dassault, Barosso.
    Pour retrouver notre souveraineté politique et donc les marges économiques permettant de vivre librement, il faut reconquérir l’Etat, c’est à dire nos frontières et nos lois.

  7. D’ailleurs, en parlant du travail de sappe et de démoralisation du peuple français, à qui appartiennent les médias qui emploient les gauchistes nihilistes sans-frontiéristes?

    A qui appartiennent les médias dans lesquels il faut passer pour gagner une élection?

    http://www.observatoire-medias.info/rubrique.php3?id_rubrique=35

    Ce sont bien les libéraux qui nous expliquent qu’il y a des choses que l’on voit et d’autres que l’on ne voit pas?

    Bonne lecture, camarade.

  8. @ Oxymandias :

    Quelque soit votre argument, il est le fruit d’un raisonnement “à l’envers”, vous prenez systématiquement la conséquence pour la cause…
    Vous ne pouvez pas y arriver de cette manière. Je suis désolé pour vous.

    @ Tintin :

    http://www.hug-ge.ch/soins/urgences.html

    022 / 372 38 62

    C’est le numéro des urgences psychiatriques du Cantonal de Genève, j’ai pris la liberté de vous réserver un rendez-vous.

    Vous pourrez y exprimer à l’envie et décrire aux médecins par le menu comment la Vendée va rejoindre la Grande Suisse.

  9. @Oxymandias

    ” L’invasion pacifique que nous subissons n’est que la résultante du processus d’emergence de l’état de droit. Le patronnat n’a qu’une responsabilité très secondaire dans ce phénomène.

    Les chefs d’entreprise n’ont fait que suivre un mouvement de fond ”

    C’est faux. Les entreprises Bouygues a été volontairement chercher des analphabètes. Lui et d’autres ont oeuvré pour avoir cette MO.
    Le nier c’est de la mauvaise foi…

    ” resultante d’un état de droit “, vous n’allez pas m’enrhumer avec ce type de discours.
    Un Etat de droit n’etait aucunement forcé de faire le regroupement familiale et d’aller chercher des tombereau d’immigrés… Vous minorez fort bien.

  10. La seule critique “libérale” que l’on peut retenir; c’est moins d’impôts sur les classes moyennes pour entretenir le sous-prolétariat.

  11. Assez amusants les coms de certains “libéraux”, parce que visiblement ils ne comprennent pas (ou bien ne veulent pas comprendre). Les VRAIS libéraux n’aurait JAMAIS fait cela en France!
    Pour les autres, bof! Beaucoup sont à coté de la plaque et/ou n’ont pas lu le texte en entier.

    Il faut garder à l’esprit la distinction entre libéralisme (politique et économique, les deux ne vont pas toujours ensemble – cf Histoire), capitalisme; communisme et socialisme.

    Huscarl
    Vendredi 24 septembre 2010 à 11:20

    “En revanche je ne suis pas forcément pour un libéralisme total. Certains secteurs stratégiques doivent rester sous contrôle de l’état. Le fait qu’on les ait « libéralisé », traduire bradés à des amis riches et influents, n’est pas anodin, et n’a pas été fait juste par idéologie libérale, même si c’est la justification première.”

    +1

    “Mais j’ai du mal à ne pas me dire que nous dérivons vers un mélange de 1984 et du Meilleur des Mondes, qui n’ont rien de libéral.”

    Finement observé.

    La Source
    Vendredi 24 septembre 2010 à 13:34

    “3-Je n’ai vu aucune citation du chiffre macroeconomique le plus pertinent qui soit a savoir le total des salaires bruts versés par le secteur privé et tel que reporté publiquement par l’ACOSS,organisme collecteur de la securité sociale.La variation annuelle,corrigée pour l’inflation annuelle,est le veritable indicateur de croissance de l’economie française.
    Nous sommes en regression reellle continue depuis 10 ans,contrairement a des « croissances » de PIB global regulieement affichées par Bercy.”

    Intéressant. Source(s)?

    Thomas
    Vendredi 24 septembre 2010 à 18:42

    +1000

    Tintin
    Vendredi 24 septembre 2010 à 22:11

    Alors barrez-vous! Les “veaux” n’ont pas besoin de boulets comme vous.
    [et merci au Docteur Boreas de s'occuper de ce cas; ah au fait il reste des places à l'hopital d'Allonnes: vas-y Tintin XD]

    Oxymandias
    Samedi 25 septembre 2010 à 12:01

    Ou bien vous êtes sincère, dans ce cas direction Allonnes, ou bien vous manquez de connaissances (le doute bénéficie à l’accusé :) )
    Il faut savoir de quoi on parle. Si on parle de la structure économique de la France, ou bien celle d’autres pays. Je sais qu’actuellement les économies sont interconnectées. Mais si des pays conquérants comme l’Angleterre/EU au XIXe ou la Chine au XXe (XXIe?) utilisent/imposent le libéralisme à d’autres, c’est parce que c’est conforme à leurs intérêts, et non pour la beauté du geste.

  12. @ Oxymandias

    N’essayez pas de me faire passer pour l’abruti de service.

    Que nenni, vous vous en tirez très bien tout seul.

    Alors voyons.

    L’hyperclasse est un club international de philanthropes et le libéralisme la recette trois étoile du bonheur, ok.
    C’est la France qui s’est tirée toute seule une balle dans le pied et encore, il y un bail… soit.

    Pourriez vous développer ce dernier point ?

    Il m’apparait en effet essentiel pour la compréhension de votre comte (faut il lire compte) pour enfants.

  13. Au lieu de couiner, expliquez nous plutôt en quoi la France s’est sabordée sans rien devoir au libéralisme ?

    Merci.

  14. leperigourdin
    “Je ne veux pas plus d’Etat mais mieux d’Etat !”

    +10000
    Moi aussi!

    Oxymandias
    Samedi 25 septembre 2010 à 17:53

    “je tiens à préciser que je ne suis pas libéral mais plutôt anarco-fasciste”

    C’est ce que j’ai compris à la lecture des coms.

    “Que les nationalistes soient assez bête pour croire qu’ils pourront un jour façonner l’état à leur sauce, c’est leur problème. Moi, je ne nourris d’espérance pour plus rien du tout.”

    On peut rêver, non ? :) Bon plus sérieusement, nous natio pouvons influer sur la vie politique française. Certes espérer voir le FN à l’Élysée me parait très optimiste, mais des députés FN à l’Assemblé en 2012, ce n’est pas de la science-fiction… Le politiquement correct, ce plafond de verre est en train de se fissurer. Regardez/écoutez autour de vous ou à la radio: les langues se délient; les gens commencent à l’ouvrir…

    Je ne comprends pas votre pessimisme. Est-ce le résultat de nombreuses d’années militantes “infructueuses”? Je peux le concevoir, mais au vu de la situation actuelle, l’Histoire peut bouger très rapidement. Croyez moi (et c’est un historien éclairé qui vous le dit) : l’Histoire est pleine de surprises!

  15. “(je tiens à préciser que je ne suis pas libéral mais plutôt anarco-fasciste)”

    Et pourquoi pas anarchiste-fonctionnaire pendant qu’on y est ? Remarquons que ce n’est jamais rien d’autre que le cas d’à peu près toutes les têtes de gondoles du libéralisme en france : Salin, Sorman, Garello, etc…

  16. Vous êtes surtout un marchand d’étiquettes à bon marché.

    Vous pensez vraiment que vous croiserez beaucoup de maurassiens par ici ?

    Sans rire, rien que ça…

  17. Concrètement, ça marche comment, a Grande Suisse ? Référendum ? Qui, exactement est admis à prendre part au vote ?

    Prenons la Haute Savoie, par exemple.

    Je suppose que les personnes admises à se prononcer seraient les ressortissants français ayant leur domicile principal en Haute Savoie, et je suppose aussi qu’il y aurait un autre référendum côté suisse. Mais je n’en sais rien. Puisqu’il y a parmi nous des spécialistes du Plan Grande Suisse, pourraient-ils nous éclairer sur ces petits détails techniques ? Juste pour savoir de quoi on parle exactement. N’y voyez nulle intention taquinatoire.

  18. Beaucoup de gens confondent libéralisme et capitalisme.

    Beaucoup de gens confondent entrepreneurs et pédégés (en général des personnes parachutées là où elles sont du fait de leur carnet d’adresse ou de leur cursus dans la hautre fonctionpublique).

    Beaucoup de gens confondent le principe de libéralisation avec la modialisation telle qu’elle est voulue et pratiquée par les puissants de ce monde.

    Si l’Europe restait entre elle, c’est-à-dire si la mobilité des hommes et des femmes se faisaient entre européens et sans l’Afrique, alors la France et l’Europe serait en phase de devenir LA puissance mondiale, devant les USA, devant la Chine. Notre plus gros problème c’est l’africanisation de l’Europe, qui coûte une fortune en terme de redistribution sociale et qui n’est pas un investissement sur le long terme mais la promesse d’une guerre civile longue et de basse intensité, comme au Liban.
    Sans cette africanisation de l’Europe l’Europe n’aurait rien à craindre d’une économie libérale, elle en serait même maître. La plus grande erreur fut de reconnaître le droit au regroupement familial aux extra-européens. Cette politique d’immigration de l’Afrique vers l’Europe a été conjointement voulue par nos énarques et quelques figures du grand patronat comme Bouygues et cie.

  19. @ three piglets, sans sécu, les immigrés ne viendraient pas.

    On est en 2010 pas en 1960, les usines ferment les unes après les autres, il n’ y a plus de besoin de main d’oeuvre étrangère. Aujourd’hui les immigrés viennent pour les allocs en tout genre, ils sont mieux servis que les français. La France des patrons , ce n’est pas seulement Bouygues et Peugeot. Il y a plusieurs millions d’entreprise qui n’ont pas besoin de main d’oeuvre immigrée.

    Mais bon, la sécu n’en a plus pour longtemps de toutes façons, la retraite par répartition non plus. Les entreprises ferment donc les cotisations ne rentrent plus et le mur de la dette va bientôt devenir insupportable. Ce n’est pas de l’idéologie, ce sont des mathématiques.

  20. @Janus
    Merci pour cette œuvre de salubrité publique!

    Fontzie
    Samedi 25 septembre 2010 à 20:01

    “Mais bon, la sécu n’en a plus pour longtemps de toutes façons, la retraite par répartition non plus. Les entreprises ferment donc les cotisations ne rentrent plus et le mur de la dette va bientôt devenir insupportable. Ce n’est pas de l’idéologie, ce sont des mathématiques.”

    Entre le problème de financement des retraites, un système de santé qui va droit dans le mur, sans oublier la CAF… Vous avez raison: la sécu n’en a plus pour très longtemps.
    Ce qui est quand même un scandale, c’est qu’on maintient les gens dans l’ignorance la plus totale, pendant que nos zélites décident toutes seules de choix de société!

  21. @ Fontzie

    On ne peut qu’approuver la phrase sortie par Impérator.

    L’un de mes albums préférés ” le secret de la Licorne ”
    et aussi ” le crabe au pince d’or “, ce dernier à faire lire à tous ces amis qui aiment boire !

  22. @ Imperator

    En effet, les zélites décident toutes seules. Les hommes politiques et le très grand patronat.
    Moi je souhaite la faillite de l’état, le seul moyen de stopper l’invasion. L’etat doit se recentrer sur la justice (qui est la base de la société), notre sécurité (police, pompiers et armée), la diplomatie, la solidarité avec les plus faibles (financée par l’impôt et non les cotisations) : handicapés, orphelins, vieux sans ressources, victimes de l’alcool et de la drogue et puis c’est tout!

  23. @ Fontzie

    La solidarité, comme vous dites, doit s’exprimer dans sa famille.
    C’est comme cela que toutes les civilisations ont fonctionné.

    Ce truc de foutre les vieux, les handicapés en dehors de leur famille est une bêtise.
    Bien sûr, une aide doit être fourni à la famille en cas de démence etc etc.
    Ces cas sont rares. On se cache derriere des cas extrêmes pour entretenir l’assistanat !.

    NB= La DASS est à rénover aussi !.

  24. L’immigration a été voulue par les Zélites et les talmudiques pour diluer la nation française, c’est-à-dire tuer le peuple.
    Il y a eu la même attaque dans tous les pays occidentaux. Il n’est pas nécessaire d’être grand clerc pour constater une nette prépondérance communautaire des dirigeants et cadres de toutes les assosses qui font la guerre au blanc chrétien et qui soutiennent le bienheureux qui vient de là-bas et ses 40 épouses.
    Le plan a été concerté par les organes politiques de gauche comme de droite comme des verts, certainement payés pour le faire , par le cartel bancaire mondial, le tout orchestré par nos magnifiques merdias qui appartiennent au même cartel bancaire mondial.
    Le Japon est capitaliste ainsi que la Corée-du-Sud , les patrons n’y ont pas la réputation d’être des âmes sensibles, pourtant il n’y a pas d’immigration .
    Tout simplement parce que ces pays n’ont pas de politique d’accueil spécifique, comme il y a en France, pour accueillir loger et nourrir des personnes de basse extraction étrangère avec encouragement officiel au métissage.
    Il y a une volonté évidente de tuer le peuple occidental,néanmoins les élites perdent le contrôle économique, les caisses de redistribution sociale seront bientôt vides, cela se terminera mal.
    C’est inéluctable.

  25. Je trouve que cette idée est la meilleure alternative au centralisme bureaucratique anarchiste de l’UE. Un plan B baucoup plus fun que le programme d’uniformisation réglementaire sous le régime de la Terreur grise dont rêve Mélenchon.

    La Suisse est le seul pays démocratique qui parvient à faire coexister pacifiquement 3 nations dans le même État, et qui ne se formalise pas d’avoir des cantons où l’avortement est interdit, et d’autres pas. En plus, rejoindre la Confédération helvétique, c’est retrouver le Franc.

    En principe, le droit de peuples à disposer d’eux-mêmes donne les base légales et démocratiques. Reste le problème qu’il n’existe pas, en dehors de la Corse qui est une Île, de région ayant une identité territoriale et politique assez nette, pour qu’elle puisse exprimer une volonté. Pour affirmer un droit à l’autonomie politique, il faut préalablement définir un territoire (où passe exactement la frontière entre Rennes et Angers ?) et une population (qui est breton et qui ne l’est pas: Ange-Marie Colonna, qui ai une en Bretagne, ou Yannick Guehénec qui vit à Montparnasse ?), et rien que ça, c’est un siècle de guerre civile assurée.

    Les politiciens éludent leur impuissance en ayant la manie de vouloir changer et toujours remettre en question les lois et les institutions. Le débat ne porte plus du tout sur ce qu’il faut faire avec les lois et les institutions qui existent et qui fonctionnent, mais ce qu’il faut faire pour les améliorer.

    Il existe déjà toutes les lois, et tous le règlements, et toutes les institutions qu’il faut: le problème est la volonté et la capacité pour les appliquer. Ca ne sert à rien de discuter sur le moyen d’améliorer l’organisation de la gendarmerie, sur la modernisation de ses uniformes. Pendant que le hommes politiques débattent de ça, ils empêchent de débattre sur les objectifs minimum de pacification que les citoyens sont en droit d’attendre. Combien de patrons qui utilisent des travailleurs clandestins a-t-on arrêté ces deux dernières années ? Comment les gendarmes doivent-ils s’y prendre pour en prendre une centaine en flagrant délit, et les livrer à la Justice avec un dossier accablant?

    En 1970, les agents payeurs des Allocations familiales versaient les allocations en main propre et en espèce à toutes les mères de familles qui le préféraient. Pour cela, ils allaient seuls, d’appartement en appartement, dans les immeubles collectifs, dans les quartiers populaires des villes et dans les grands ensembles, avec d’énormes sommes d’argent sur eux.

    Comme les facteurs qui à cette époque payaient à domicile les mandats et le pensions, ils étaient des milliers à circuler, ils étaient bien identifiables, ils n’étaient pas escortés, rarement jeunes et athlétiques, souvent fatigués par leur tournée, jamais armés, donc extrêmement vulnérables. Mais aucun n’était jamais attaqué.

    Il n’y avait pas de sociologues, de caméras, d’association de défense des victimes, de police de proximité, de droits de l’homme, de ministre qui parle de débarrasser le pays de la racaille, ni d’associations de lutte contre l’anti-sémitisme, ni de Michel Wieworka qui écrit des livres sur le sentiment d’insécurité, ni de syndicat de policiers. Les codes pénal et de procédure pénale, l’organisation de la police et de la justice n’avaient pas été réformés depuis plus d’un siècle, peut-être plus.

  26. @Oxymandias, l’anarchisme est une idéologie individualiste prônant l’absence de l’état (entre autre) tandis que le fascisme est un régime politique fondé sur l’autoritarisme de l’état et s’opposant à l’individualisme. Mêler les deux ne rime à rien. En outre que l’un est historiquement de gauche et l’autre de droite.

    @Fontzie, SECU, retraites, on peut tout payer sous certaines conditions loin d’être impossibles. Évidemment faire le ménage en matière d’immigration de masse mais aussi d’arrêter de rembourser les intérêts sur la dette qui sont du racket pur et simple, puis redonner à l’Etat le pouvoir d’imprimer sa propre monnaie et redevenir souverain (donc exit l’euro). A partir de là les recettes suffisent à payer les déficits et revenir à une gestion saine. Il y a un décalage entre les actifs et les retraités mais un actif d’aujourd’hui produit au moins 2,5 fois plus que ceux des 30 glorieuses. En clair le gâteau a grossit et les parts à redistribués s’avèrent moindre que ce qu’on peut imaginer. De toute manière il n’y a que des zozos pour prétendre être capables de nous dire quels seront les comptes de l’état dans 40 ans, éliminant toute évolution humaine et technique sur un temps aussi long (revenez ne serait-ce qu’à 20 ans en arrière pour comparer). Mais encore une fois, les économistes libéraux ne savent faire que des additions et soustractions de chiffres. C’est mathématique comme ils disent.

  27. @ Boréas

    “”"Quant à l’autre génie avec son « Vous êtes donc bien dans le shéma de la lutte des classes !!! » (aga, aga, areuh), pareil, mais la Suisse, quand même, ne peut pas accueillir toute la misère du monde… Londres, peut-être ?”"”

    Pas la peine d’être insultant. Qu’avez-vous à proposer de constructif à part des areuH, des aga et des sarcasmes ????

  28. Merci pour ce remarquable article à la fois clair, précis, documenté et logique. J’espère que vous continuerez à nous faire partager votre réflexion et vos connaissances qui mériteraient pour le moins d’être rassemblées dans un blog personnel car elles valent mieux que de l’éphémère. Ne faudrait-il pas dire que les mouvements de contestation des années 60, qui sont nés aux Etats-Unis, n’ont été qu’une revendication pour le libéralisme économique et que ce cycle, comme d’autres, pourrait approcher de sa fin. Les peuples peuvent-ils faire mieux que d’assumer l’Histoire qui les a précédé ?

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