Les trente glorieuses : une combinaison réussie d’étatisme et d’économie de marché

Tribune libre de Paysan Savoyard

La période qui commence après la guerre et va durer jusqu’au milieu des années 70 sera marquée par une forte croissance économique et va permettre un enrichissement considérable d’une population elle-même en forte augmentation : un économiste la désignera comme la période des « trente glorieuses ».

Le système économique et social mis en place après la guerre en France et dans les principaux pays d’Europe occidentale est probablement pour une bonne part à l’origine de la forte croissance. Il repose sur les trois piliers suivants :

La société et l’économie dans leur ensemble sont désormais organisées en vue de la production et de la consommation de masse. Il s’agit là d’une application, en France et en Europe, du modèle américain, les crédits apportés par les États-Unis dans le cadre du plan Marshall constituant un élément d’incitation à imiter le système devenu dominant (les éléments du dispositif de production et de consommation de masse sont connus : taylorisme, publicité, durée de vie des produits volontairement limitée, grandes surfaces commerciales…).

Cette société de production et de consommation de masse repose sur le mécanisme dit du « compromis fordiste ». Les employeurs doivent distribuer des salaires d’un niveau suffisant afin que les salariés puissent consommer la production des entreprises : les salaires créent ainsi un débouché à la production (de façon plus précise, le compromis fordiste postule que la croissance du niveau des salaires doit suivre celle de la productivité du travail).

Le système mis en application prévoit enfin l’intervention d’un État puissant. L’économie repose sur le marché, mais elle est encadrée et régulée par un État fortement interventionniste. L’État organise des services publics, dont il est propriétaire et qui bénéficient d’un monopole. Il assure un rôle de régulation de l’économie (contrôle des prix, contrôle des changes, régulation du crédit…). Il met en oeuvre les principes keynésiens de réglage de l’activité économique par les politiques budgétaire et monétaire. Il encadre le marché du travail (droit du travail protecteur des intérêts des salariés, fixation d’un salaire minimum…). Il est propriétaire de grandes entreprises, mène une politique de modernisation industrielle, s’efforce de planifier l’évolution de l’économie. Pour financer ces politiques et assurer une redistribution, il prélève des impôts et cotisations sociales d’un niveau élevé.

L’objectif de l’interventionnisme étatique est de rechercher l’intérêt général : éviter les crises et les déséquilibres, en particulier le chômage ; protéger les acteurs en position de faiblesse structurelle que sont les consommateurs, les salariés, les personnes en difficulté sociale ; limiter les inégalités ; réaliser des investissements collectifs de grande ampleur (transports, énergie…).

Ce système combinant économie de marché et interventionnisme public s’installe dans le contexte de la reconstruction, qui appelle et justifie une intervention étatique puissante et centralisée (certains mécanismes de même nature avaient déjà été initiés dans les années 30, en France et dans plusieurs pays, dans le but de faire face aux conséquences de la crise de 1929).

L’instauration de cette économie mixte s’explique aussi par la domination des idées sociales et progressistes pendant toute la période des trente glorieuses. Les gouvernements qui s’installent après la Libération appliquent le programme progressiste du Conseil national de la résistance. L’Église adopte des positions favorables aux avancées sociales, à la suite notamment du concile Vatican II. Le parti communiste dispose d’une grande influence tirée du rôle qu’il a joué dans la résistance et la Libération et du prestige dont dispose l’URSS, victorieuse à Stalingrad (le PCF étant parvenu à faire oublier l’appui qu’il a apporté jusqu’en 1941 au pacte entre Staline et Hitler avant l’entrée en guerre de leur deux pays). De façon générale, les idées « de gauche » exercent une domination intellectuelle et morale sans partage. Cette situation conduit les gouvernements, même lorsqu’ils sont de droite, comme c’est le cas constamment à partir de 1958, à appliquer la même politique, sociale, keynésienne et étatique.

Le système ainsi mis en oeuvre a atteint des résultats remarquables. La croissance a été forte pendant trois décennies. Les ménages ont accédé à la consommation de masse, à la mobilité offerte par l’automobile, au confort des logements neufs. La sécurité sociale organisée à la Libération a contribué à l’amélioration de la santé et à l’allongement de la durée de vie. Les inégalités sont restées réduites. Le plein emploi a été assuré. La France est devenue auto-suffisante sur le plan alimentaire puis exportatrice de produits agricoles.

Le bilan de la période des trente glorieuses et du système d’économie mixte doit cependant être relativisé. En apparence le succès est éclatant. L’interventionnisme étatique s’est accompagné cependant de divers excès (il a donné lieu par exemple à la constitution au sein du secteur public de diverses corporations abusant de leur importance numérique et de leur position stratégique pour acquérir des privilèges et protéger leur immobilisme ; de même, en rendant solvable la totalité de la population, la sécurité sociale a garanti un revenu élevé aux professions de santé exerçant dans le secteur prétendument « libéral », sans obtenir en retour leur implication dans les politiques de santé publique).

Surtout, c’est à cette époque qu’ont été prises un certain nombre de décisions (souvent là-encore par imitation des États-Unis) qui ont produit par la suite d’importants effets négatifs. Nombre des orientations retenues alors peuvent mêmes être considérées comme des erreurs catastrophiques : la mise en place d’une politique agricole productiviste, qui a entraîné la disparition de la paysannerie traditionnelle et un exode rural massif ; la construction de « grands ensembles », laids, artificiels, excentrés et de médiocre qualité, pour loger les victimes (souvent consentantes au demeurant) de cet exode rural ; la mise en oeuvre d’une politique du tout-automobile, dont les conséquences peuvent être perçues comme globalement néfastes (pollution, insécurité routière, destruction des paysages, mauvaise qualité de vie en milieu urbain) ; le développement de la grande distribution, qui a détruit le commerce de proximité et stérilisé les centres-villes.

La décision prise par les employeurs, avec l’appui des pouvoirs publics, d’organiser, dès le début des années 60, une immigration de travail nombreuse, afin de peser sur les salaires et pour éviter d’avoir à réaliser des investissements de productivité, apparaît, avec le recul de quatre ou cinq décennies dont nous disposons désormais, comme la plus catastrophique de toutes : elle a enclenché un phénomène qui, par son ampleur, déstabilise nos sociétés et risque d’emporter la civilisation européenne elle-même.

Le système de consommation de masse a également eu des conséquences importantes sur les mentalités : c’est ainsi que la France a conclu la période des trente glorieuses par la révolution individualiste de 1968, prurit d’une société repue, résolue à rejeter toute contrainte et avide de « jouir sans entrave ».

La phase des trente glorieuses peut globalement être perçue comme une période heureuse. Les politiques publiques suivies étaient cohérentes et souvent positives, en raison en particulier du mixage réussi entre État et marché. Mais elle a dans le même temps semé toutes ces mauvaises graines dont nous récoltons aujourd’hui les fruits empoisonnés.

Commentaires (14)

  1. Il y avait le Bien commun au départ, plus maintenant : les financiers de se monde sont capable de tuer la poule aux oeufs d’or tellement ils sont égoïstes !
    Et puis ce matérialisme toujours crescendo a tué le spirituel, le respect de l’autre, la charité envers le prochain.
    Il faut casser la machine.

  2. Au cours de ces trente glorieuses l’Etat français se désengage progressivement des entreprises nationales ou nationalisées pour investir massivement ,avec plus ou moins de bonheur ,dans des entreprises de pointe ou jugées essentielles à l’indépendance nationale .

    A cette époque l’Etat n’avait plus de dettes et les budgets étaient soit en équilibre soit en sur-équilibres selon la terminologie de l’époque ( c’est à dire excédentaires ) .

    30 années de socialisme ont été suffisantes pour ruiner ces efforts consentis par les français .

  3. La politique keynésienne, c’est la politique de la biture : on boit, on fume, on s’amuse, on rit, on danse, on chante, on drague, on s’éclate, … on a la tête qui tourne, on perd l’équilibre, on vomit, on s’urine dessus, on se comporte comme un goret et on a mal au crâne pendant un bon moment. La politique keynésienne, c’est exactement la même chose : on fait tourner la planche à billets pour pouvoir s’endetter à plaisir et consommer à foison. Sauf que comme pour la biture, la politique keynésienne engendre la gueule de bois ; et la gueule de bois dure toujours plus longtemps que la fête.

    Oui sur le moment, il y a une grande phase de liesse où on peut vivre comme des princes en s’endettant bien au delà du raisonnable. Mais un tel train de vie ne peut être que temporaire ; d’abord l’accroissement de la population finit par se tasser parce que les ressources du monde ne s’accroissent pas par décret présidentiel, et la charge de la dette finit par devenir trop lourde à porter. Nous payons aujourd’hui directement les conséquences de cette politique irresponsable des keynésiens, qui sont malheureusement toujours mises en œuvre en France et dans le monde entier à l’exception de quelques rares pays (Nouvelle-Zélande, république Tchèque, Estonie, …).

    La seule politique économique sérieuse et durable est celle de la responsabilité : celle du refus de l’endettement. Naturellement, le refus de l’endettement est incompatible avec une politique de consommation et d’État-providence. Pour soigner la gueule de bois keynésienne qu’on vit aujourd’hui, la seule solution est d’adopter une monnaie directement indexée sur l’or et impossible à dévaluer et refuser les politiciens qui promettent la lune à tout le monde.

    Le consumérisme keynésien engendre la dépendance des citoyens envers l’État, asservit les classes populaires à la volonté des politiciens et ruine l’âme des gens.

  4. Toute la finance actuelle est assise sur la dette publique dont les tenanciers sont un cartel de banques privées.

    Cela ressemble à une pyramide de ponzi.

    Si les 30 glorieuses ont été florissantes c’est tout simplement parce qu’on se trouvait à la base de la pyramide, les premiers arrivants sont bien servis au détriment des suivants. Les suivants c’est nous au jour d’aujourd’hui…

    On pourrait parler de la même chose pour le new-deal qui fut sympa en son temps mais qui prenait appuis sur la naissance de la dette publique US, rendue possible elle même par la désindexation du dollar sur l’or.

  5. Bonne tribune de Paysan Savoyard.

    Elle passe cependant sous silence quelques éléments importants.

    Premièrement, le faible coût de l’énergie. La production de masse repose, dans tous les domaines, sur le pétrole abondant et pas cher. Le premier choc pétrolier de 1973 marque la fin de cette période et, probalement, on dira dans quelques années que celui des années 2007-2008, marqueur du pic pétrolier, signe l’arrêt de mort du cycle suivant et l’entrée dans un nouveau contexte, celui de la décroissance.

    Deuxièmement, l’efficacité de la la combinaison étatisme-libéralisme, globalement vraie, doit être relativisée. Quasiment tous les pays industrialisés d’Europe, ainsi que le Japon, ont connu leurs Trente Glorieuses entre 1945 et 1973 environ, quelle qu’ait été leur organisation économique et politique, tout simplement en raison de la nécessité de reconstruire et développer les infrastructures, du baby-boom, des évolutions technologiques et de la mentalité hédoniste, terreau de la société de consommation.

    Troisièmement, même si cette combinaison a produit, en France, des effets positifs (et négatifs, comme le souligne très justement l’auteur de la tribune), il ne faut pas perdre de vue que l’étatisme comme le libéralisme étaient, et sont encore, totalement orientés vers la hausse de la production. Or, au-delà des besoins objectifs de la période, ce qui fonde cet objectif, c’est le mythe de la croissance infinie, commun au collectivisme d’essence marxiste et au libéralisme économique. Ce mythe se heurte, aujourd’hui, à l’épuisement des ressources et aux limites physiques de l’arrogance humaine, prédatrice sans souci du lendemain. Par conséquent, si le modèle économique de demain devra nécessairement être une combinaison d’interventionnisme étatique et de libre entreprise, il ne pourra poursuivre dans la même impasse et sera contraint d’envisager et de gérer la décroissance, notamment en ce qui concerne la rente et la redistribution des richesses.

    Quatrièmement, les Trente Glorieuses ont marqué un essor considérable de la mondialisation. Cet essor est désormais terminé, malgré certaines apparences (forte croissance des pays émergents, matraquage médiatique annonçant la “reprise” mondiale) et surtout, les rodomontades croissantes des différents groupes d’influence mondialistes, visiblement paniqués, accompagnées des fantasmes défaitistes de leurs “adversaires”, tant à droite qu’à gauche. La prospérité économique ne pourra plus, désormais, certes progressivement mais avec une nette accélération due au caractère impératif de la décroissance des ressources et des échanges, être pensée et organisée que dans le cadre de zones économiques régionales et nationales, avec un retour en force du protectionnisme et de la régulation, douanière mais avant tout monétaire et financière.

    N’oublions pas que la fin de la période des Trente Glorieuses a marqué également, à la suite d’un travail de sape de la haute finance, le passage à une plus forte subordination des monnaies nationales et du financement des Etats, au pouvoir financier privé. Cette subordination, qui est à son apogée et peut faire croire à la prochaine instauration d’une tyrannie financière totalitaire, va en réalité, nécessairement, se terminer. Elle commence déjà à être entamée par la fragilisation considérable du système financier international et se trouvera prochainement confrontée à un “mur de la dette” auprès duquel la “crise financière” de 2007-2008 apparaîtra comme une aimable plaisanterie.

    “Chassez le naturel et il revient au galop”. L’économie réelle, seul critère concret de la valeur économique fondamentale, sur laquelle repose, en définitive, tout profit, est en train, à travers la crise mondiale, de faire son retour sur le devant de la scène, que la rente, la spéculation, “l’argent non gagné”, les mécanismes financiers et la croissance en “bulles”, reposant sur la fiction du développement par la dette, n’auraient jamais dû lui faire quitter.

    Les oligarchies actuelles vont sombrer avec leurs instruments de domination, tout simplement parce que ceux-ci ne sont plus adaptés à la réalité. La fin de la croissance signe la fin de la possibilité, pour les “élites” et les sphères de pouvoir actuelles, de s’enrichir sans travailler et de dominer sans le mériter. Il faut espérer que la transition entre ces deux types de civilisation, celle de l’avoir et celle du réalisme (avant de repasser un jour à celle de l’être), se fera sans trop de souffrances, sachant que la plupart des Occidentaux, en tout cas, n’y sont absolument pas préparés et que le choc de la Grande Crise sera, pour eux, une expérience équivalente à ce qu’ont pu être les deux guerres mondiales pour leurs aïeux.

    Après les Trente Glorieuses et les “Trente Piteuses”, nous sommes entrés dans les Trente Douloureuses.

    Puissent-elles être celles d’une prise de conscience générale de la vanité du matérialisme.

  6. “une combinaison … d’étatisme et d’économie de marché”
    On appelle cela du “National Socialisme” si je ne m’abuse.

    [Si c'est une provocation dirigée contre ce site, la ficelle est un peu grosse, vous ne trouvez pas ? De plus, l'inexactitude historique de votre amalgame est si flagrante qu'il me semble inutile de la relever en détail... - Janus.]

  7. Analyse très intéressante!

    Ce mixage entre l’économie de marché (dynamisme de la bourgeoisie capitaliste et de l’initiative privée), le contrôle et l’intervention de l’état (c’est-à-dire le contrôle des citoyens sur les affaires de leur pays), c’est tout simplement du pragmatisme au bénéfice du bien commun.
    Le libéralisme et l’étatisme, par contre, sont des idéologies totalitaires et donc pernicieuses qui ne peuvent conduire qu’à la servitude. L’étatisme à l’état pur, on l’a vu à l’oeuvre en Union Soviétique et ailleurs. Quand au libéralisme, il commence seulement à porter ses fruits vénéneux: Une société totalitaire gouvernée par l’oligarchie financière, avec une seule valeur, qui supplante toutes les autres: l’argent.

    Il est facile de comprendre que l’accumulation indéfinie du capital conduit inexorablement à la concentration d’un énorme pouvoir financier dans quelques mains. Il s’en suit la généralisation des monopoles et la mainmise progressive sur tous les rouages de la socièté: médias, politique, etc., au profit de l’oligarchie financière. On est loin alors de la “démocratie” et de la “libre entreprise”.

    Le seul remède est un gouvernement fort, piloté par de véritables HOMMES D’ETAT contrôlés par le peuple, dans des frontières solides, et susceptibles de briser et de morceler les monstres financiers engendrés par un laisser-fairisme économique doctinaire.
    Mais pour cela, il faudrait pouvoir sortir les peuples de l’état quasi hypnotique où ils ont été ammenés par des décennies de propagande. Pour ce qui nous concerne, Il est peut-être déjà trop tard…
    J’en parle dans mon blog:
    http://europachristiana.blogspot.com/

  8. Texte magnifique, Paysan Savoyard, merci!

    “De façon générale, les idées « de gauche » exercent une domination intellectuelle et morale sans partage. Cette situation conduit les gouvernements, même lorsqu’ils sont de droite, comme c’est le cas constamment à partir de 1958, à appliquer la même politique, sociale, keynésienne et étatique.”

    +1

    “en rendant solvable la totalité de la population, la sécurité sociale a garanti un revenu élevé aux professions de santé exerçant dans le secteur prétendument « libéral », sans obtenir en retour leur implication dans les politiques de santé publique).”

    OUI +10000
    Le secteur “libéral” est complètement ba.tard, car on cumule tous les inconvénients sans bénéficier d’aucuns avantages du privé comme du public. Autrement dit, ni indépendant, ni salarié…

    @Boreas

    Merci pour vos précisions.
    Les années 1970 marquent effectivement un tournant dans l’histoire de notre pays, et de l’Occident en général.

  9. “L’Église adopte des positions favorables aux avancées sociales, à la suite notamment du concile Vatican II.”

    Je ne vois pas ce qu’il y a de social dans le Concile Vatican II. Il faudrait plutôt remonter à l’encyclique de Léon XIII ”Rerum novarum” en 1891 (position officielle de l’Église, affirmée à l’époque du renforcement en France du pouvoir de la gauche anticléricale et révolutionnaire sous la IIIe République).

    L’Église a toujours été favorable aux avancées sociales. Sans vouloir remonter à l’invention de l’assistance publique et de l’enseignement public gratuit pendant le Haut Moyen âge, ni aux débats médiévaux interdisant le prêt à la consommation qui fut interdit jusqu’à la Révolution française (en octobre 1789 en même temps que l’abolition de tout le droit social et l’interdiction des syndicats ouvriers), ni au repos hebdomadaire et à l’interdiction de travail des enfants, etc.. on trouve en France au XIXe siècle comme représentant du catholicisme social des penseurs et des sociologues comme Frédéric Ozanam et Louis Blanc, (Révolution de 1848 renversant le fils de Philippe-Égalité), Philippe Buchez, Frédéric Le Play, Charles de Montalembert, Albert de Mun, Albert de Villenauve-Bargement, le Maréchal Lyautey, René de La Tour du Pin, etc. Tous haïs et combattus par la gauche radicale laïque et progressiste.

    Il faut ajouter le Régime de Vichy et la Révolution nationale qui prit, outre ses lois scélérates contre les Juifs (qu’il protégea aussi beaucoup par ailleurs), de nombreuses mesures sociales que n’avait pas pris la gauche pendant le Front populaire: allocations familiales, congés payés, organisation de la concurrence dans nombreuses professions sur la base d’un code de déontologie et non sur une base purement économique (ordre des médecins, ordre des architectes sur un projet de Jean Zay,..).

    Je ne vois pas ce que Vatican II apporta de nouveau ou d’important dans le domaine social.

    Plus généralement, sur la conception spécifiquement catholique du rôle fondamental de l’État dans la justice sociale, il faut lire la Cité de Dieu de Saint Augustin, le De Regio de saint Thomas d’Aquin, ainsi que certains textes contemporains de Carl Schmidt.

  10. erratum

    pas “allocations familiales, congés payés,”

    mais “allocations familiales, retraite,”

  11. En complement du post de Boreas auquel j’abonde moins les points suivant:
    ”due au caractère impératif de la décroissance des ressources et des échanges”
    Je ne crois pas une seconde au principe de décroissance comme étant le remède a un excès de croissance. Il y a des tas de solutions alternatives qui existent et ramener a l’immense tache de re-organisation de la societe et d’éducation des populations, je suis convaincu qu’un demi siècle serait nécessaire.

  12. @ Quarantined

    Je vous ai posté une reponse sur le fil “agriculture” concernant les maisons passives.

  13. quarantined

    Je n’envisage pas la décroissance principalement comme expression d’un volontarisme, mais comme un fait principalement énergétique et technologique, qui s’impose de lui-même à l’économie.

  14. @Hugo
    Dimanche 13 juin 2010 à 10:48

    mais justement,
    à cette époque l’état n’était PAS endetté !!!
    la dette a commencé a devenir chronique après 76 !

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