Comme prévu

Une tribune libre de Michel Drac

Le déroulement de la Deuxième Grande Dépression, jusqu’ici, correspond exactement à ce que l’on pouvait attendre. La seule surprise est qu’il n’y a pas de surprises. L’Occident implose, l’Empire américain se disloque, les économies émergentes souffrent mais s’en sortent correctement, et l’oligarchie financière, pour se sauver elle-même, dévore la substance de l’économie réelle.

Comme prévu, quoi.

Les USA au bord de la faillite

Le discours officiel sur la « reprise » américaine est une boutade sinistre. L’économie US a détruit 2,5 millions d’emplois en 2008, environ 4 millions en 2009. Depuis le début de l’année 2010, les destructions d’emplois ont cessé, les derniers chiffres indiquant une relative reprise. Cependant, ces chiffres sont à relativiser, car ils sont biaisés par un effet d’aubaine : la création de centaines de milliers d’emplois temporaires pour le recensement de la population. En réalité, si l’on neutralise cet effet et l’impact des mesures de soutien conjoncturel, forcément provisoires, l’emploi US est en phase de stabilisation.

Cette stabilisation ne sera pas durable. Elle a été obtenue au prix d’un déficit budgétaire colossal (de l’ordre de 10 % du PIB). L’économie américaine n’a en effet qu’un moteur : la consommation financée par la dette. Ce moteur a été temporairement relancé par les multiples « chèques » offerts par l’administration Obama aux Américains (« cadeaux » fiscaux, pour desserrer l’étreinte sur les classes moyennes). Mais c’est tout simplement la poursuite de la politique absurde de croissance par l’endettement, qui sous-tend toute l’économie US depuis au moins 20 ans.

La nouveauté est que, les particuliers étant désormais incapables de s’endetter davantage, c’est l’Etat qui s’y colle pour leur compte. En fait de « reprise », il n’y a là qu’une nouvelle étape dans la course en avant, jusqu’à la faillite collective complète. La présentation officielle de la politique Obama est que les remises fiscales consenties aux classes moyennes sont compensées par un alourdissement de la fiscalité sur les grandes firmes, mais il ne s’agit là que de poudre aux yeux et arguments électoralistes. L’évolution du déficit public suffit à démontrer que ces remises n’ont qu’une seule contrepartie de poids : l’endettement de l’Etat fédéral.

La « reprise » US en trompe l’œil ne durera donc qu’aussi longtemps que les Etats-Unis parviendront à faire financer par l’Etat la poursuite de la « croissance » par l’endettement. Il est impossible de dire exactement combien de temps cela peut durer, car la première puissance mondiale possède des armes stratégiques spécifiques, qui lui permettront de ponctionner l’épargne mondiale plus longtemps que n’importe quel autre Etat sur la planète. Mais cela n’aura qu’un temps, c’est une évidence. Le « modèle » (en fait : l’anti-modèle) de la « relance Obama » n’est pas viable.

C’est une illusion de reprise, derrière laquelle on trouve une réalité : la guerre financière mondiale a commencé.

(Remarque : à quelques détails près, ce qui est dit ici des USA s’applique également au Royaume-Uni.)

L’Occident au bord de la fracture

Il est frappant que, si l’on s’en tient aux principaux ratios financiers, la santé de l’Etat grec n’est guère plus atteinte que celle des USA. Le rapport dette publique / PIB est comparable, ainsi que le rapport déficit public / PIB. Comment, alors, expliquer les attaques spéculatives très violentes contre la Grèce ? Certes, Athènes est en faillite. Mais elle n’est pas la seule : pratiquement tout l’hémisphère occidental est dans le même état.

Une première explication est que les spéculateurs ont flairé l’odeur du sang. Ce n’est pas faux : il est évident que la spéculation sur la dette grecque permet à certains acteurs des surprofits colossaux (rendement instantané de la dette publique, fragilisation de l’euro et spéculation à la baisse sur la monnaie unique). Mais cette explication ne saurait nous satisfaire entièrement. Quand on nous dit que « les marchés » spéculent à la baisse sur l’euro et contre la dette grecque, on oublie de nous dire que « les marchés », concrètement, sont sous le pilotage de facto de quelques grands acteurs (Goldman Sachs en premier lieu), que leur évolution est déduite en partie des choix des agences de notation (anglo-saxonnes) et que les gens qui, dans l’administration Obama (Geithner, Summers), ont désespérément besoin d’attirer l’épargne mondiale, sont justement issus de Goldman Sachs.

Qui ne voit que derrière la spéculation apparemment privée, il y a une offensive stratégique d’Etat à Etat ?

Assez de blabla bien pensant : « les marchés », c’est quelqu’un. Et ce quelqu’un, concrètement, c’est l’oligarchie de la haute finance anglo-saxonne, aujourd’hui quasi-officiellement la tête de l’appareil d’Etat US.

L’enjeu de cette guerre financière est simple : le seul moyen pour les USA de différer l’implosion du dollar, alors qu’en réalité, le financement d’une reprise factice par la création monétaire ex nihilo est bel et bien lancé, c’est de faire exploser l’euro avant que le dollar n’implose (pour que le capital afflue vers la zone dollar). Et si cette guerre est gagnable, ce n’est pas parce que le dollar est une monnaie saine (rires), mais parce que l’euro est une monnaie peut-être encore plus malsaine que lui. On nous dit que le dollar se redresse ? Erreur : c’est l’euro qui descend à la cave encore plus vite que lui. Regardez le cours de l’or (le seul étalon qui vaille, désormais).

La question est de savoir combien de temps cette guerre financière pourra ne pas entraîner de ruptures géostratégiques. Depuis que les conservateurs réalistes (Brzezinski) ont repris la main à Washington, renvoyant les dingos néocons à leurs études, les USA sont sortis de leur unilatéralisme forcené. Mais les réalités économiques et les contraintes financières peuvent les y ramener malgré eux. La situation est donc extrêmement complexe : les USA sont obligés de faire la guerre financière à des protectorats européens que, simultanément, ils veulent arrimer plus solidement à leur vaisseau en perdition.

De l’autre côté de l’Atlantique, la pilule passe mal. Récemment, l’Allemagne a annoncé, par surprise, l’interdiction des ventes à découvert sur les titres d’Etat de la zone euro. Cela revient à dire que Berlin veut sortir du système financier dérégulé promu par les anglo-saxons. L’Empire américain est en perdition.

L’Europe au bord de l’explosion

En Europe, la crise commence seulement à faire sentir ses effets. Comme les Européens n’ont pas les moyens stratégiques des USA, ils ne doivent pas s’attendre à pouvoir financer une période de reprise en trompe l’œil. D’où une prévisible politique de rigueur, imposée à l’échelle continentale par la Commission Européenne, devenue de fait dictature financière continentale.

Cette politique ne s’avèrera probablement pas tenable. Le « plan de soutien à la Grèce », et par extension aux autres économies fragiles du sud de l’Europe, pour un montant de 750 milliards d’euros, décidé récemment, n’est que poudre aux yeux. On parle là d’un argent qui n’existe pas, et qu’on affirme ne pas devoir créer ex nihilo. Autant dire qu’on parle d’un vaste néant.

De manière absolument révoltante, la seule mesure effective de ce plan en trompe l’œil aura été le déblocage de 16 milliards (en bon argent sonnant et trébuchant) pour racheter aux banques fragilisées des créances grecques « pourries ». Ce n’est donc pas un plan de soutien à la Grèce (pour cela, il eut suffi de décider que la BCE prêtait directement à l’Etat grec, au taux directeur), mais bien un plan de soutien au système bancaire.

Le reste n’est qu’effet d’affichage. Prétendre que les Grecs vont rembourser les sommes que France et Allemagne empruntent pour leur compte relève de la plaisanterie. Est-il seulement besoin de l’expliquer ?

Concrètement, le « plan de soutien » ne fait que remonter le problème à l’échelle européenne.

Une fois le mirage des « plans de soutien » dissipé, les Etats européens vont devoir imposer à leur population une politique d’austérité qui, vu le point de départ des sociétés européennes (classe moyenne en implosion, prolétariat en miettes, tissu anthropologique déchiré par l’immigration), débouchera presque certainement sur des révoltes, de plus en plus violentes, anarchisantes et destructrices. Combien de temps avant que les peuples d’Europe n’exigent, à leur tour, une reprise, même factice, même financée par l’endettement public ?

D’ores et déjà, en Allemagne, la droite d’affaires a été étrillée en Rhénanie du Nord (élections régionales). Merkel va avoir beaucoup plus de mal, désormais, à gouverner un pays qui, à sa manière, peut lui aussi entrer en révolte. En Espagne, les traitements des fonctionnaires ont été revus à la baisse (une mesure typique de la déflation salariale, type années 30). En Grèce, c’est un véritable carnage (- 20 % environ de pouvoir d’achat pour un ménage typique de la classe moyenne, en un an). Comment peut-on croire qu’on va relancer l’économie en écrasant la demande ? Combien de temps avant que ce type de mesures ne soit généralisé à l’ensemble du continent ? Combien de temps avant que toutes les villes d’Europe ne soient, comme Athènes récemment, mais de manière bien pire, traversées par un tsunami d’émeutes ?

Combien de temps avant que les classes dirigeantes, balayées par un séisme politique, social, économique, sans précédent depuis les années 30, n’admettent qu’elles ne peuvent sauver, par la déflation salariale, un système absurde, créateur d’une bulle de l’endettement grosse comme trois fois le PIB de l’hémisphère occidental ? (autant chercher à guérir un cancéreux en dévorant les ressources vitales du malade… pour nourrir le cancer !)

Combien de temps avant que, dans un sauve-qui-peut généralisé, on bascule de la déflation à l’inflation, dans un processus de faillite continentale à géométrie variable ?

Combien de temps avant que la zone euro explose ? Combien de temps avant l’écroulement de la maison mal conçue qui nous héberge ?

Des mois ? Peut-être. Des décennies ? Sûrement pas.

Sauf miracle, quelques années.

Au mieux.

Le monde au bord du gouffre

Ne croyez pas que ce soit forcément une bonne nouvelle. L’explosion de l’euro peut très bien déboucher sur une soumission accrue des puissances nationales aux « marchés », cette fiction agissante derrière laquelle des groupes bien précis ordonnent méthodiquement leurs intérêts propres.

Au programme : faillite des Etats, mise sous tutelle par le FMI (si ce n’est pas par la commission de Bruxelles), effondrement planifié des banques de dépôt, spoliation tous azimuts de la classe moyenne, chômage galopant pour les classes populaires. Vous n’avez encore rien vu. Sachez-le : quand la classe dirigeante ne pourra plus sauver « les marchés » par la déflation salariale, « les marchés » se saisiront de l’affaire en détruisant tout ce qui est sur leur chemin.

Et si vous avez le mauvais goût de renâcler, on vous collera une bonne guerre sur les bras, histoire de justifier une fiscalité confiscatoire. Haha, c’est qu’on a plus d’un tour dans son sac, chez les oligarques. D’ailleurs, en voyant les bellicistes israéliens à l’œuvre, l’autre jour, à l’occasion d’une sombre histoire de flottille pacifiste turco-tout ce qu’on veut, je me suis demandé si ça n’est pas déjà dans les tuyaux, cette bonne guerre…

« Les marchés », vous allez comprendre ce que ça veut dire, maintenant, mes chers amis.

« Les marchés », ce sont des gens, des gens qui ne servent qu’eux-mêmes, et préfèreront ruiner votre monde, détruire les usines, fermer les écoles, raser les hôpitaux, plutôt que de reconnaître que leurs « valeurs » sont vides, sans sous-jacent, de pures spéculations. Détruire la planète pour sauver un plateau de Monopoly : il fallait y penser. Vous allez devoir travailler comme des esclaves, indéfiniment, pour conférer un peu de valeur réelle à une fiction institutionnelle. Happy now ?

Ne vous faites pas d’illusion : ce qu’on ne vous prendra pas par l’impôt et la contraction salariale pendant la phase de déflation, on vous le volera par l’inflation, après. Si vous avez encore dans votre patrimoine des valeurs autres que directement physiques (or métal, terre, pierre), vendez-les tant qu’elles valent quelque chose. Tout doit disparaître !

Et sinon quoi ? Ah oui, j’oubliais : la coupe du monde de foot, c’est le 11 juin.

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Commentaires (18)

  1. Excellentissime Michel DRAC.
    Ceci dit, dans sa conclusion, il me semble plus judicieux de suggérer convertir son patrimoine vers du physique (or et argent métal) puis terre et pierre … ces dernières allant plonger aussi.
    Exemples, en partant de 100€ en banque (compte courant ou assurance-vie, action, obligation, etc….):
    1) Vous les retirez, vous avez pour 100€ d’or ou d’argent métal qui vaudront au moins 10 fois plus dans le chaos qui se prépare.
    2) Vous les retirez pour les mettre dans un terrain ou/et une habitation, vous aurez un patrimoine qui perdra environ 10%/an, maintenant le terrain vous permettra d’avoir un brin d’autarcie alimentaire (jardin, basse-cour), point à ne pas négliger. Il vous restera peut-être 70€.
    3) vous les retirez, vous achetez de l’or que vous revendrez dans le chaos pour acheter plusieurs terrains ou/et maisons. Vous finirez avec 2000€ ou beaucoup plus.
    Le 3ème cas est financièrement le jack pot.
    Le pire des cas étant de ne rien faire. Il vous restera peut-être 40€. N’oubliez pas que l’or a été multiplié par 4 en 8 ans, et ce n’est qu’un début (même si à court terme il y a un repli sous 1000$ l’once).
    PS: n’ayez pas peur je n’ai pas fait d’études commerciales, je ne bosse pas dans une banque.

  2. Je rappelle que la dette totale des USA est aux alentours de 370 % du PIB, alors que celle de la zone euro avoisine les 220 % « seulement » :

    http://fortune.fdesouche.com/18352-la-zone-euro-en-soins-intensifs-en-attendant-une-nouvelle-crise/comment-page-1#comment-19524

    Quant aux balances commerciales comparées, elles sont également à l’avantage de la zone euro :

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20100217trib000477139/la-balance-commerciale-de-la-zone-euro-excedentaire-en-2009.html

    http://www.investir.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/etats-unis-balance-commerciale-fevrier-usd39-70-mds-242348.php

    Alors certes, comme le dit l’auteur, « la première puissance mondiale possède des armes stratégiques spécifiques, qui lui permettront de ponctionner l’épargne mondiale plus longtemps que n’importe quel autre Etat sur la planète » (on peut citer, évidemment, le dollar, monnaie pourrie gangrenant la finance mondiale, mais aussi la fascination pseudo-culturelle et économique, les bases militaires…).

    Mais de là à écrire « que l’euro est une monnaie peut-être encore plus malsaine que [le dollar]« , en se limitant à nous référer au cours de l’or… Je ne peux partager cet avis.

    La propagande médiatique des Anglo-Saxons fait bien davantage pour plomber l’euro, que l’économie réelle, ou que le plan financier de la zone euro et ses 750 milliards théoriques.

    De même, sur ce dernier point, considérer les politiciens qui ont décidé de ce plan, comme totalement inféodés à l’oligarchie financière et voulant seulement sauver les banques, me paraît exagéré.

    Il me semble nécessaire de hiérarchiser et de nuancer davantage les problèmes complexes de la zone euro, sans quoi on risque de tomber dans un manichéisme auquel Michel Drac ne nous a pas habitués.

    Chaque pays de la zone a ses problèmes et, actuellement, dans le contexte de « guerre financière » menée par les Anglo-Saxons comme la décrit très justement l’auteur, la priorité est de survivre collectivement, en tant que bloc, parce qu’individuellement, sans réforme monétaire et douanière lourde, aucun des 16 ne ferait le poids internationalement, notamment en ce qui concerne l’évolution du taux de financement de sa dette souveraine.

    Ce qui serait souhaitable dans un contexte plus pacifique, à savoir le retour aux monnaies nationales ou à un euro à degrés multiples, à la création monétaire re-dévolue aux Banques Centrales nationales, à un protectionnisme conforté par des accords commerciaux équitables avec les pays émergents, tout cela est encore impossible dans la globale-politico-économie, encore raidie dans sa résistance idéologique à la dé-mondialisation, bien que toute craquelée par la montée en puissance de celle-ci dans la conscience de ses élites, notamment politiques.

    Donc, celles-ci, en ce qui concerne la zone euro, cherchent à durer et à faire durer, sachant qu’un éclatement serait leur fin, plus encore que le triomphe de l’intoxication anglo-saxonne.

    Elles sont conscientes de ce que les dettes publiques ne pourront jamais être remboursées, alors pourquoi ne pas imiter le Tartuffe étasunien, tout en « sauvant », effectivement, les banques, avec un plan TARP à l’européenne ?

    Je pense que l’analyse du LEAP sur cette question a été très sous-estimée, notamment en ce qu’elle précise :

     » Il est d’ailleurs peu probable que la plupart des décideurs impliqués dans le « coup d’Etat de l’Eurozone » aient bien compris les implications de leurs décisions. Mais personne n’a jamais dit que l’Histoire était principalement écrite par des gens qui comprenaient ce qu’ils faisaient.  »

    http://fortune.fdesouche.com/18331-leap-la-dislocation-geopolitique-mondiale-accelere-son-rythme

    On peut ne pas être pour l’euro, ni pour l’UE, ni pour les banques, ni pour les politiciens de Bruxelles, et estimer néanmoins que, malgré le caractère financièrement inadéquat du plan de 750 milliards, voire de son caractère médiatiquement humiliant, politiquement, il s’agissait de la seule chose à faire dans l’immédiat, puisqu’elle était la seule concrètement possible, sauf à laisser exploser l’usine à gaz dans le sens voulu par l’adversaire.

    Quant à la suite, je ne suis pas devin, mais si la crise devient ce que je pense, ni le FMI et ses très faibles capacités de prêt et de « tutelle », pas plus que la Commission européenne qui ne pourra survivre dans un contexte de sauve-qui-peut mondial, ni même « les marchés », même au moyen d’une guerre (il manque un adversaire, ça se construit, les USA n’y sont toujours pas arrivés depuis 20 ans et ce n’est pas l’Iran qui fera l’affaire…), ne pourront instaurer un contrôle efficace sur les dominos tombant à toute vitesse autour du globe.

    Ce sera le grand retour du chacun pour soi.

    Du nôtre, aussi.

    Mais je dois être un incorrigible optimiste, puisque tout le monde paraît dire qu’il n’y a rien à faire et que tout est foutu…

    Non ?

  3. Toujours aussi clair, judicieux et agréablement écrit.

    Carl Schmitt définissait le degré de démocratie d’un régime par la facilité avec lequel un peuple pouvait en changer sans violence.

    Comment pouvons nous nous débarrasser de la caste des usuriers et de son emprise. Qui pourrait jouer le rôle de Philippe le Bel?

  4. C’est une très bonne analyse très complète, détaillée et intéressante mais l’inéluctabilité complotiste me gênent un peu.

    Ce texte met en relation des éléments que beaucoup négligent ou ne voient pas (ce qui est mon cas sur certains aspects…) comme le risque qu’après l’effondrement on assiste à un chaos durable amenant une encore plus forte main mise des « puissants ».

    Néanmoins, notamment à la lecture de plusieurs ouvrages sur la fin du communisme, je crois que les Etats léveront le nez pour ne pas se faire dévorer. Ainsi en Russie, les oligarques ne sont ce qu’ils sont que sous le contrôle du Kremlin. Ceux qui en ont douté sont en cabane ou à l’hopital.

    Pour la France, par exemple, à titre caricatural, je pense que Sarko veut bien être Directeur Général de la France « filialisée » au FMI, aux USA et à l’ONU, si il passe ses vacances sur des yatchs et serrent la pogne aux « Grands de ce monde ». Mais si il se retrouve l’équivalent d’un directeur d’agences d’une filiale bulgaro-slave de la SG en faillite, il va rechigner et se la jouer De Gaulle….!
    Peut être le voudra t il mais les pouvoirs financiers ne le laisseront pas faire ?

    Sait on jamais ?

  5. @ Gerald

    J’ai bien lu votre raisonnement, permettez moi de le critiquer :

    Si faillite de l’euro, faillite de toute l’economie, quelqu’un, mais qui?, viendra comme un couillon vous achetez de l’or… Avec quelle monnaie ?.

    Ou alors vous même finalement, croyez que des gens vous vendront leur maison pour une monnaie ou de l’or ?. Eux mêmes en feront quoi ?.

    Je crois que votre raisonnement tourne en rond : le bien ultime dont on a besoin c’est justement d’un terrain, un puits, un potager. C’est lui qui vous permettra de survivre et la population cherchera avant tout cela.
    L’or c’est bien, en cas de petite crise monétaire, pour faire de la speculation.
    Et si vous voulez vraiment speculer à court terme mieux vaut les Warrants.

  6. leperigourdin

    L’or est la monnaie ultime (et non la « bulle ultime » comme a essayé de nous le faire croire Soros). Les monnaies ont toujours été soit faites en or, soit gagées sur l’or. Et même aujourd’hui les banques centrales, après s’être un peu désintéressées de cette « relique barbare » (tout en la conservant largement dans leurs coffres), sont acheteuses nettes de lingots.

    Donc si tout fait faillite l’or restera le seul refuge, « inaltérable tel qu’en lui-même »…

    L’or c’est bien en cas de petite crise monétaire mais c’est encore mieux en cas de catastrophe financière majeure.

  7. « Assez de blabla bien pensant : « les marchés », c’est quelqu’un. Et ce quelqu’un, concrètement, c’est l’oligarchie de la haute finance anglo-saxonne, aujourd’hui quasi-officiellement la tête de l’appareil d’Etat US. »

    Bien dit, comme tout le reste de cet article. Sauf sur un point: je ne vois pas comment les « marchés » pourrait nous confisquer nos biens en France. Une guerre? Quelle guerre? A moins que l’État lui même s’assoit sur la propriété privée, mais ca s’appelle du communisme.

    Pakc
    Lundi 7 juin 2010 à 11:55

    « Néanmoins, notamment à la lecture de plusieurs ouvrages sur la fin du communisme, je crois que les Etats léveront le nez pour ne pas se faire dévorer. Ainsi en Russie, les oligarques ne sont ce qu’ils sont que sous le contrôle du Kremlin. Ceux qui en ont douté sont en cabane ou à l’hopital. »

    C’est ce que je pense aussi. Nous avons tout intérêt à sortir ce carcan d’euro, sans oublier du carcan mental anglo-saxon.

  8. Excellent article, mais il me semble que mieux que l’or ou les placements matériels, il ne faut pas négliger le savoir faire de chacun, notre valeur à tous.
    Que de toutes ces années où nombreux ont été ceux condamnés à plus ou moins longue échéance au chômage émerge un monde où chacun puisse partager ses compétences et ses qualités avec tous !

  9. @ Boréas

    J’entends bien vos arguments, il y a beaucoup de vrai. Mais je pense quand même que l’euro est encore plus fragile que le dollar.

    Le dollar a au moins cet atout qu’il est, à la base, une monnaie appuyée sur une zone monétaire relativement optimale (libre circulation du facteur travail). Ce n’est pas le cas de l’euro.

    Donc, même si la moyenne des Etats européens est dans une situation moins malsaine que les USA, il reste que l’euro, dès le départ, est tout simplement une erreur. Et cette erreur, nous allons la payer maintenant. La zone euro n’est pas une zone monétaire viable, trop de disparités régionales, pas de circulation du facteur travail (raisons linguistiques).

    Il reste à espérer que la situation sera gérée intelligemment par les classes dirigeantes européennes, avec par exemple une transition vers un euro « monnaie commune mais pas monnaie unique ».

    Je ne sais pas pourquoi, mais « intelligence » et « classes dirigeantes européennes », je trouve que ça fait un peu oxymore…

  10. @Vincent

    1 fois j’aimerai qu’un partisan de l’or ecrive un scenario d’utilisation de son or…

    Hormis le « c’est la monnaie ultime »…Sauf que c’etait la monnaie officiel avec une declinaison…

    Allez donc acheter 1 baguette avec un napo même en temps de crise… Alors que si vous avez 1 kg de cerise à echanger, le boulanger vous donnera peut etre une baguette.

  11. @ Le Périgourdin :

    Il vous échangera sa baguette, que s’il est en mesure d’avoir de la farine et capable de la faire cuire… et çà, c’est une autre histoire…
    Tandis que votre kilo de cerises, vous pourrez le manger sagement dans votre coing (j’écris coing… pour favoriser la constipation, après le kilo de cerises).
    Quant au napo, vous l’encadrerez, pour des jours meilleurs ; lors de sa revente, sans doute, si vous survivez au kilo de cerises.

  12. L’or c’est donc pour aprés la crise…

    Pendant la crise c’est le ventre qui commandera.

  13. @ leperigourdin

    les warrants sont faits pour truffer le client. Je sais de quoi je parle, j’ai pratiqué. Le truc qui devrait vous mettre la puce à l’oreille, c’est que le warrant n’a pas de marché secondaire : le client peut revendre ses warrants à l’émetteur mais à personne d’autre. De plus, le client ne peut pas se retrouver en position short du warrant : il peut revendre tous ses warrants mais pas un de plus, il ne peut pas se retrouver débiteur de warrant. Si avec ça vous ne voyez pas ce qui va se passer…

  14. Au sujet de l’or, je répète ce que j’ai dis il y a des mois.

    1/ L’or est un moyen de thésauriser, d’épargner, de conserver un patrimoine à l’abris des tempêtes à venir.

    2/ Tant que les bulles financières n’auront pas éclaté, l’or ne peut qu’augmenter.

    3/ Les pays occidentaux ne sont plus les seuls à vouloir une réserve en or. Le monde entier cherche aujourd’hui à avoir de l’or, ce qui présage qu’à l’avenir, l’or jouera un rôle majeur dans la reconstruction économique.

    Chaque foyer français devrait avoir un peu d’or de côté, pour l’avenir. Il est regrettable que les gens préfèrent garder une assurance vie, tout en fustigeant les spéculateurs… Ils se font tondre, pendant que les gens au courant de ce qu’il se passe fuient les marchés.

    J’ai réussi à convaincre ma famille, il y a 6 mois. Personne ne trouve à s’en plaindre aujourd’hui.

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