« La dette publique en Grèce n’est que la première d’une série de bombes européennes de la dette qui vont exploser, » avertit l’économiste Michael Hudson. Nombre de pays de l’Europe de l’est, à commencer par la Lettonie, très durement touchée par la crise, seront incapables de rembourser les prêts libellés en euros qui ont été accordés durant la période d’euphorie financière, prévient-il.

Les gouvernements devront bientôt choisir entre ruiner leurs économies et saigner à quatre veines leurs peuples pour rembourser ou bien renégocier la dette et la convertir en devises locales, provoquant ainsi des pertes dans le système bancaire européen. Le combat entre créanciers et débiteurs promet d’être acharné, à l’image de celui qui se déroule aujourd’hui entre la Grande Bretagne et l’Islande, mais l’issue ne faire guère de doute, selon lui. Entre la défense des intérêts de leurs mandants promis au servage de la dette, et ceux des banques étrangères, les gouvernements devront se déterminer et vont choisir, comme l’ont fait les islandais qui refusent de régler les dettes des banques privées. — L’accent mis aujourd’hui sur l’endettement « insoutenable » des États et la « rigueur draconienne » qui devrait s’en suivre fait l’impasse sur le fond du problème : l’accumulation folle de dette privée – et ce, dans tout l’occident, bien au-delà du cas spécifique de l’immobilier subprime américain. Sans dépenses et interventions publiques vigoureuses, nos sociétés menaçaient de sombrer. Aujourd’hui où le privé s’est un peu rasséréné, et que les banques savent qu’elles seront absoutes, quelle qu’ait été leur irresponsabilité, le poids écrasant de la dette privée entassée au-delà de toute possibilité vraisemblable de remboursement n’en a pas fini pour autant de peser sur le réel. Dans des sociétés fragilisées, où les perspectives d’activité peinent à reprendre des couleurs, le service de ces dettes – anciennes, du privé, et nouvelles, des États – va exercer une pression de plus en plus débilitante sur les revenus et les dépenses, sur l’activité, l’emploi et les conditions de vie. Le remboursement au prix fort d’emprunts sur des biens aujourd’hui dévalués ou en voie de l’être, la ponction sur la richesse nationale exigée des États, sont les formes d’un « esclavage moderne, » au seul bénéfice de créanciers dont le pouvoir, la superbe et l’arrogance n’ont d’autre origine qu’une dangereuse irresponsabilité, permise par la complaisance d’autorités et d’experts ayant abdiqué devant l’apparente toute puissance de l’argent. Mais aujourd’hui, lorsque la BRI évoque dans sa dernière étude un service de la dette qui pourrait dépasser les 10% du PIB, il convient de tirer les conclusions.
Le papier des contrats, la finance prédatrice, les dettes odieuses, seraient-elles donc plus sacrées que les vies, la santé des économies et le bien être des sociétés ? Faute d’un allègement de la dette sous forme de réduction des créances, du recours à la monétisation et à l’inflation, à des impositions exceptionnelles sur les actifs spéculatifs, accompagnés par une réduction de la mobilité des capitaux et un contrôle renforcé sur le secteur bancaire, nombre de pays occidentaux risquent de s’enfoncer dans le marasme et la misère sociale – et pour longtemps – au moment même où les émergents accélèrent leur course.

Par Michael Hudson
La dette publique en Grèce n’est que la première d’une série de bombes européennes de la dette qui vont exploser.
Les dettes hypothécaires des ex pays soviétiques et de l’Islande sont les plus explosives. Bien que ces pays n’appartiennent pas à la zone euro, la plupart de leurs dettes sont libellées en euros. Quelques 87% des dettes de la Lettonie sont en euros ou en devises étrangères, et sont dues principalement aux banques suédoises, tandis que la Hongrie et la Roumanie sont endettées en euro principalement auprès des banques autrichiennes. De ce fait, les emprunts des gouvernements de ces membres de l’Union européenne, qui sont en dehors de l’eurozone, ont été levés afin de soutenir les taux de change et de rembourser aux banques étrangères ces dettes du secteur privé, et non pas comme en Grèce pour financer un déficit budgétaire.
Toutes ces dettes sont bien trop élevées pour être remboursées car la plupart de ces pays subissent une aggravation de leurs déficits commerciaux et sombrent dans la dépression. Maintenant que les prix immobiliers sont en chute libre, les déficits commerciaux ne sont plus financés par l’afflux de prêts hypothécaires en devises étrangères ni par les acquisitions de biens. Il n’y a aucune solution de soutien prévisible qui permette de stabiliser ces monnaies. Durant l’année dernière, ces pays ont soutenu leurs taux de change en empruntant auprès de l’Union Européenne et du FMI. Les conditions associées à ces emprunts sont politiquement intenables : coupes drastiques dans les budgets du secteur public, hausse des prélèvements sur un travail déjà trop imposé, et plans d’austérité qui réduisent l’activité économique et provoquent une émigration des salariés.
En Suède, en Autriche, en Allemagne et en Grande-Bretagne, les banquiers vont découvrir qu’accorder de nouveaux crédits à des pays qui ne peuvent (ou ne veulent) plus payer pourrait devenir leur problème, et non celui de leurs débiteurs. Personne ne veut accepter le fait que les dettes qui ne peuvent pas être honorées ne le seront pas. Quelqu’un doit supporter les coûts lorsque les crédits qui doivent être réglés avec une monnaie fortement dépréciée sont en défaut de paiement et provoquent des pertes. Mais de nombreux experts juridiques considèrent que les contrats qui prévoient le remboursement de la dette en euros sont inapplicables.
Évolution du PIB T4 2009 – T4 2008. Source : Eurostat
Chaque nation souveraine a le droit de légiférer sur les conditions de sa dette. Les prochains réalignements du cours des devises et les dépréciations de la dette entraîneront bien plus que de légères décotes
Il n’y a aucun intérêt à dévaluer uniquement pour rétablir une parité. Il faut que la dévaluation soit suffisante pour modifier réellement la structure de la production et des échanges commerciaux. C’est pourquoi Franklin Roosevelt avait dévalué le dollar américain de 75% par rapport à l’or en 1933, faisant passer son cours officiel de 20 dollar à 35 dollars l’once. Et pour éviter d’augmenter en proportion le fardeau de la dette des États-Unis, il avait annulé la « clause de l’or » indexant le règlement des crédits bancaires sur le cours de l’or. C’est sur ce point que se déroulera le combat politique aujourd’hui – sur le paiement de la dette en devises dévaluées. Aux États-Unis et au Canada, la Grande Dépression a eu une autre conséquence. La responsabilité personnelle des emprunteurs endettés pour un crédit hypothécaire a été supprimée, ce qui leur a permis de se relever après une faillite.

Investissements T4 2009 – T4 2008. Source : Eurostat
En cas de défaut de paiement, les banques peuvent prendre possession des biens immobiliers garantissant le prêt, mais doivent abandonner toute réclamation ultérieure sur les créances hypothécaires. Cette pratique – ancrée dans le droit commun – a permis à l’Amérique de se libérer d’un héritage de type féodal où les créanciers gardaient tout pouvoir, et de la pratique de l’emprisonnement pour dette qui rendait les lois européennes si terribles.
La question est : qui supportera les pertes ? Conserver des créances libellées en euros conduirait à la faillite nombre d’entreprises et de prêts immobiliers. À l’inverse, re-libeller ces dettes en monnaies locales dépréciées détruirait le capital de nombreuses banques travaillant en euro. Mais il s’agit après tout de banques étrangères, – et en fin de compte, les gouvernements doivent représenter leurs électeurs nationaux. Les banques étrangères ne votent pas.
A l’étranger, les détenteurs de dollars ont perdu 29/30èmes de la valeur en or de leurs avoirs depuis que les Etats-Unis ont mis fin en 1971 au paiement en or de leurs déficits de la balance des paiements. Et cette somme a encore baissé, avec un cours de l’or atteignant 1.100 dollars l’once. Si le monde a pu supporter cela, pourquoi n’en serait-il pas de même face aux dépréciations des dettes européennes ?
Un nombre croissant d’observateurs comprennent que les économies post-soviétiques ont été structurées dès l’origine au profit d’intérêts étrangers, et non pas des économies locales. En Lettonie, par exemple, le travail est imposé à plus de 50% (y compris les charges des employeurs et les cotisations sociales), et ce niveau très élevé de prélèvement le rend non compétitif, alors que les impôts fonciers sont inférieurs à 1%, ce qui incite à une spéculation effrénée. Cette conception biaisée de l’assiette fiscale a fait des « Tigres » de la Baltique et de l’Europe Centrale les marchés du crédit favoris des banques suédoises et autrichiennes, mais les salariés n’ont pas pu trouver de travail bien rémunéré dans ces pays. Il n’existe aucune situation comparable en Europe occidentale, en Amérique du Nord ou dans les pays asiatiques.
Il apparaît irréaliste et peu raisonnable de s’attendre à ce que de larges secteurs de la population de la nouvelle Europe soient victimes de saisies sur salaire tout au long de leur existence, les rendant esclaves de leurs dettes. L’avenir des relations entre l’ancienne et la nouvelle Europe dépendra de la volonté de la zone euro de refonder les économies post-soviétiques sur une base plus viable, avec un usage plus productif du crédit et un régime fiscal moins favorable à la rente. Des économies qui favorisent l’emploi plutôt que l’inflation des prix des actifs et amène les travailleurs à émigrer. Outre les réajustements monétaires nécessaires pour faire face au problème d’une dette insupportable, la solution pour ces pays devrait consister en un rebalancement fiscal majeur entre le travail et l’immobilier, qui les rapprocherait de l’Europe occidentale. Il n’y a pas d’autre solution équitable. Sinon, le vieux conflit d’intérêts entre créanciers et débiteurs menace de diviser l’Europe en camps qui vont s’affronter, à l’exemple du cas de l’Islande.
Tant que ce problème de la dette ne sera pas résolu – et la seule façon d’y remédier consiste à négocier une remise de ce dette – l’élargissement européen (l’absorption de la Nouvelle Europe dans la Vieille Europe) paraît exclu. Mais la transition vers cette solution d’avenir ne sera pas facile. Les intérêts financiers ont encore un pouvoir dominant sur l’Union Européenne, et ils résistent à l’inévitable. Gordon Brown a déjà annoncé la couleur en menaçant illégalement et abusivement l’Islande de recourir au FMI en tant qu’agent de recouvrement pour des dettes que ce pays ne doit pas légalement, et de bloquer son adhésion à l’Union Européenne.
Face aux intimidations de M. Brown – et celle des « caniches » néerlandais de la Grande-Bretagne – 97% des électeurs islandais ont voté contre l’accord sur la dette que la Grande-Bretagne et les Pays-Bas voulaient imposer au parlement islandais le mois dernier. De tels résultats électoraux n’avaient pas été vus depuis l’ère stalinienne.
Mais ce n’est qu’un avant-goût. La décision que l’Europe finira par prendre va probablement jeter des millions de manifestants dans les rues. Les alliances politiques et économiques seront transformées, les monnaies vont s’effondrer et les gouvernements tomber. L’Union européenne et, en fait, le système financier international seront transformés de façon encore inimaginable. Ce sera particulièrement le cas si ces pays adoptent le modèle de l’Argentine et refusent d’honorer leur dette jusqu’à ce que des rabais considérables soient consentis.
Les paiements en euros – lorsque les revenus procurés par les biens et ceux des ménages sont dans le rouge, lorsque les dettes dépassent la valeur réelle des revenus disponibles pour rembourser les crédits hypothécaires ou individuels – seront impossible pour les nations qui aspirent à maintenir un minimum de cohésion de la société civile.
Sous leur jargon technocratique aseptisé, les « plans d’austérité » du genre de ceux du FMI et de l’UE, imposent des mesures qui se traduiront par les souffrances et les morts provoquées par l’éviscération des revenus, des services sociaux, des dépenses de santé dans les hôpitaux, de l’éducation et des autres services de base, et par la vente d’infrastructures publiques qui transformeront ces pays en économies de « péages » où tout le monde sera obligé de régler le prix d’accès pour les routes, l’éducation, les soins médicaux et tous les autres services quotidiens qui sont subventionnés grâce à l’impôt progressif en Amérique du Nord et en Europe occidentale.
Les lignes de la confrontation qui se dessine porteront sur la façon dont les dettes publiques et privées devront être acquittées. Pour les pays qui rechignent à rembourser en euros, les nations créditrices disposent d’une « force » qui attend en coulisse : les agences de notation de crédit. Au premier signe de réticence d’une nation à régler sa dette en devises fortes, ou même dès les premiers signes de remise en question d’une dette extérieure jugée comme abusive, les agences réagiront en abaissant la notation du crédit d’une nation. Cela fera augmenter le coût de l’emprunt, menaçant de paralyser son économie en la privant de crédit.
Le coup le plus récent a été porté le 6 avril, lorsque l’agence Moody’s a abaissé la note de la dette Islandaise de stable à négative. « Moody’s reconnaît que l’Islande peut encore obtenir un meilleur accord dans de nouvelles négociations, mais a déclaré que l’incertitude actuelle pénalisait les perspectives économiques et financières à court terme du pays. »
Le combat a commencé. Cette décennie devrait être intéressante.

Là je dois avouer que j’ai peur de ne pas avoir tout suivi.
Pourquoi les États sont ils tellement endettés auprès des banques ?
N’ont ils pas prété à ces banques pour les sauver ?
Comment s’est construit cette dette ?
Quelle est sa légitimité ?
Pour en sortir, j’ai l’impresion qu’il y a 2 solution paradoxalement différentes.
– soit un éclatement de l’Europe, avec un retour aux monnaies locales, à la planche à billet, à une certaine inflation, à une relocalisation des économies.
– soit au contraire une plus grande intégration, au sens ou la fiscalité devient européenne, votée par le parlement européen, harmonisée sur l’ensemble du territoire, mais aussi avec un véritable État européen, responsable devant son peuple, qui aurait une politique financière cohérente, et tournée vers le Bien public au détriment éventuellement des banques.
Il nous faudrait un Richelieu au service d’un nouveau Saint Empire Romain germanique, au lieu de l’office de magouilles au service justement des milieux financiers que nous avons apparament.
Tant qu’à être dans l’utopie, je répète mes propositions :
1°) parlement européen élu à la proportionnelle intégrale, sur l’ensemble du territoire européen, donc sutr des listes européennes, sans cumul de mandat.
2°) commission européenne remplacée par un sénat élu par circonscriptions, pour représenter les territoires, les provinces de l’Empire, au sufrage universel direct, sans cumul de mandat.
3°) possibilité réelle de référendum d’initiative populaire, de votation sur le modèle de la Confédération Helvétique.
Ce sont des choses qu’il faut réclamer comme évidente et minimales à tout les politiciens.
Je profite de ce bon article pour reposer toujours la même question :
- il y a dette === donc il y a des teneurs de la dette.
(par le biais de bons du tresor – assurance vie et autre-)
- les montants sont colossaux, tellement qu’ils mettront à genoux des pays pour 30 ans.
Pourquoi clairement et definitivement ne pas identifier le nombre de foyer possedant la dette et très important le montant detenu par foyer ?. (on connait déjà les petits malins qui vont aller chercher à droite à gauche ceux qui ont 3 francs six sous en assurance vie, c’est pour cela qu’il faut le ratio pour ne pas noyer le poisson !.on parle de 1400 milliards)
Concernant la dette des anciens pays « de l’est »: ces pays-là produisent principalement des produits dans les filiales de production appartenant à des entreprises situées à l’ouest. Le marché local pour ces produits est faible car la main d’oeuvre est payée aux tarifs locaux. Les prestations sociales sont faibles voire inexistantes. La dette d’Etat sert principalement à réaliser des infrastructures, nécessaires, certes, mais qui n’apportent pas de revenus. Il n’y a que peu de valeur ajoutée, ces pays-là ne pourront donc jamais rembourser leurs dettes, c’est évident.
La situation est-elle meilleure à l’ouest? Les dettes de la plupart des Etats servent en grande partie à payer …le service de la dette et alimenter des aides sociales de plus en plus nombreuses. L’apport massif d’immigrés inemployables mais grands consommateurs de prestations sociales fait le reste. Malgré leurs économies qui créent véritablement de la valeur, des Etats dont les dettes financières dépassent les 80% du PIB et qui, comme la France, ont des engagements massifs pour les retraites des fonctionnaires, ne pourront jamais rembourser leurs dettes.
Dans les deux cas les créanciers n’auront que leurs yeux pour pleurer. Au fait, ces créanciers ce sont vous, moi mais surtout pas les banques. Celles-ci ont prêté de l’argent qui ne leur appartenait pas par le biais de fonds auxquels vous, moi avons souscrit. L’addition est gigantesque et nous la payerons tout en douceur en renonçant à notre mise de fonds initiale fortement entamée par une forte inflation.
@ kantz :
@Danvas46
« les banques ont prêté par le biais de fonds souscrits par vous et moi… », c’est une blague ?
50% des français même pas proprietaire de leur logement + nombre de français endetté pour leur logement principal = le peu qui reste possede il est vrai des assurances vies mais petite moins de 100 000 €. Quid ça fait pas du tout 1400 milliards !
@ Kantz.. oups… le pastis, déjà… Excusez-moi.
Quatre questions, et deux solutions, en réponse brève et réductrice :
Question 1 Pourquoi les États sont ils tellement endettés auprès des banques ?
Parce qu’ils ont emprunté les sous que nous avions confiés à des investisseurs privés, des institutions internationales, ou des banques disposant encore de confiance (donc de faculté de prêt, même sous la simple forme scripturale, cela suffit…).
Question 2 : N’ont ils pas prêté à ces banques pour les sauver ?
Ayant obtenu ces fonds, les états les ont prêté à des banques ayant perdu la confiance (donc incapables de se financer et de restituer leurs fonds aux déposants).
Question 3 : Comment s’est construite cette dette ?
Par la révélation progressive que les banques ne méritaient plus la confiance qu’on leur témoignait, leur bilan ne révélant pas leur véritable richesse.
Question 4 : Quelle est sa légitimité ?
La sauvegarde de la paix sociale.
Quant à vos deux solutions, je parie mon pastaga quotidien pendant tout le restant de mes jours que ce sera la solution 1.
@Danvas
1 400 milliards, ça fait 1 000 000 de familles ayant en assurance vie 1 400 000 euros…
Moi j’ai une solution que les 50 000 000 de fds les envoient se faire voire chez les grecs.
Excellent article. La vraie question, c’est celle de la renégociation (répudiation) de la dette, avec au centre du jeu le combat entre débiteurs et créanciers.
Les solutions de type FMI, plans d’austérité drastiques, etc. ne sont que des leurres. Ils conduiront à la désintégration économique et sociale des pays à qui on fera boire ces potions létales.
Un des points évoqués à la fin de l’article est à mon sens essentiel : le rôle pervers des agences de notation financière. Il faut les interdire et les supprimer, car elles tiennent en otages des populations entières.
Allez, vous reprendrez bien encore une dose de propagande anglo-saxonne ?
Mais voyons, où la fameuse dette privée est-elle la plus élevée, chose dont ce merveilleux économiste du système, Michael Hudson, ne vous parle pas ?
Aux USA, bonnes gens !
Le LEAP-Europe2020 avait déjà dénoncé cette propagande en pointant notamment le journaliste anglais Ambrose Evans-Pritchard, ici :
http://www.europe2020.org/spip.php?article593&lang=fr
Ne soyez pas dupes.
@ Hercule Brontson :
On reste éberlué de voir comment peuvent déraper la plupart des sujets de réflexion.
A mon premier pastis matinal, nous étions partis sur un fil assez clair et intéressant, intitulé : « La dette de l’Europe de l’Est ne sera pas remboursée ».
Les commentateurs s’en sont tenus à des réflexions propres au sujet ; réflexions qui m’ont tenu un temps éveillé.
Puis, tout à coup, à l’heure de l’apéro, « pour comprendre » (c’est vous qui l’écrivez), vous nous proposez de relire ce que le rabbin Baruch Levy écrivait à son disciple Karl Marx…
Ouaaaah… Là, çà décoiffe !…
J’avais compris, Hercule Brontson ; j’avais compris le fil, avec ou sans le rabbin. Ce n’était pas la peine de m’en remettre une couche !
Et à part çà, qu’est-ce-que vous pensez des deux suggestions matinales de Kantz ? Moi j’ai parié sur la première. Et d’après vous, sur quoi ils auraient parié vos deux cocos ? Et vous ?
H@nri :
Merci à vous… Mon post sur Hercule Brontson devenait inutile, évidemment…
Tout de même…
A la bonne vôtre !
Il est écrit : « Les dettes hypothécaires des ex pays soviétiques et de l’Islande sont les plus explosives. »
Pas de tous les ex-pays du bloc soviétique. L’Estonie, par exemple, a très bien traversée la crise. Elle répond à tous les critères de Maastricht pour intégrer la zone euro, ce qu’elle fera en 2011 : déficit inférieur à 3%, dette inférieure à 60% du PIB, inflation maîtrisée et parité de leur monnaie avec l’euro.
Il ne faut donc mettre tout le monde dans le même panier. Il y a de bons dirigeants, qui font une politique non démagogique et responsable et il y a les autres qui pratiquent la politique de la fuite en avant.
« @Hercule Brutson »
@Jean, on vous a reconnu.
Je rappelle que vous êtes banni.
@Just
J’ai bien peur que notre jeune monomaniaque à pseudos multiples ne soit effectivement dans l’impossibilité de vous répondre.
@Alcide
Dimanche 11 avril 2010 à 11:43
« Bref, nous travaillons pour des illusionnistes , c’est du pur fascisme. »
je ne vois pas où est le fascisme
@ Anne Onyme
C’est pourtant très simple et c’est une vérité qui nous aveugle à tous, le fascisme c’est comme le disait Benito Mussolini :
« Le Fascisme devrait plutôt être appelé Corporatisme, puisqu’il s’agit en fait de l’intégration des pouvoirs de l’état et des pouvoirs du marché. »
C’est pourtant clair, la super élite mondiale a déclaré la guerre au reste de la population !
Que ce soit de part et d’autre de l’océan nous payons un seigneuriage pour l’utilisation d’une création monétaire privée. De toute manière ils ne s’en cachent pas et le déclarent ouvertement :
Donnez moi le contrôle sur la monnaie d’une nation, et je n’aurai pas à me soucier de ceux qui font ses lois
Mayer Amshel Rothschild (1743-1812)
« Celui qui contrôle le volume de la monnaie dans notre pays est le maître absolu de toute l’industrie et tout le commerce… et quand vous réalisez que le système entier est très facilement contrôlé, d’une manière ou d’une autre, par une très petite élite de puissants, vous n’aurez pas besoin qu’on vous explique comment les périodes d’inflation et de déflation apparaissent. »
James A. Garfield Président des États Unis (mort assassiné)
Le système bancaire moderne crée de la monnaie à partir de rien. Le procédé est probablement le tour de passe-passe le plus incroyable qui ait jamais été inventé..
Si vous voulez devenir les esclaves des banquiers, et payer de surcroit le coût de votre esclavage, laissez les banques créer de la monnaie.
Lord Josiah Stemp Directeur de la Banque d’Angleterre, 1937
La dette ,publique ou privée est l’exacte contrepartie de l’autorisation de la création monétaire privée et c’est pour cela que c’est un fascisme , sans armée sans chemise sombre , avec pour seul slogan la déréglementation, le libre échangisme forcené et obligatoire, la dés-industrialisation occidentale et tout cela parce que ce sont des marchands apatrides et qui se foutent pas mal du peuple français ou européen. Peuples qu’ils préfèrent diluer dans une immigration choisie de façon à ce que chaque ville chaque département chaque région soit une sorte d’ensemble fractal du monde.
Cela permet un meilleur contrôle par l’affaiblissement de nos résistances.
Ce n’est pas du fascisme ? Alors qu’est-ce que c’est ?
@Alcide
Musso et Dudule n’étaient peut-être pas les « vrais » fachos alors…
disons « les plus »
@ Alcide :
A force de lire et de relire sur Internet, on commence à bien comprendre comment fonctionne le « système ».
Mais peut-être, Alcide, faudrait-il l’appeler autrement que par le vocable « fascisme », trop connoté historiquement et qui aboutit à des confusions (voir l’interrogation d’Anne Onyme »
Je partage tout à fait votre analyse et souscris aux déclarations des anciens, que vous avez reprises. On comprend maintenant mieux, depuis quelques mois, l’horreur à laquelle nous sommes confrontés.
Mais sincèrement, essayons de ne pas brouiller les pistes des lecteurs avec l’utilisation de mots prêtant à confusion.
Plutôt que fascisme, j’aime assez celui de « système », moins connoté et qui ne vous aurait pas attirer la question d’Anne Onbyme.
Il traduit assez bien ce que vous dépeignez et qui est impressionnant : le produit de notre sueur (travail) qui nous est versé mensuellement (en numéraires) sert à rémunérer des chiffres (nos emprunts) qui ont été créés dans des ordinateurs par de simples jeux d’écritures à l’occasion de la souscription de nos emprunts.
Tout çà, ce n’est pas à proprement parler du fascisme (comme l’entend Anne Onyme). C’est un « système » qui nous broie et dont nous ne pouvons nous dégager qu’en le rejetant totalement.
La grande question est là : comment le rejeter ?
A notre niveau, nous n’avons pas de grands moyens (refus des services bancaires, retraits de nos dépôts, paiements cash en numéraires ; au pire crédits-vendeurs plutôt que crédits-bancaires). Mais on peut espérer que la somme de ces petits moyens amène ce à quoi il faut impérativement arriver : enlever aux banques le pouvoir de créer de l’argent, redonner aux seuls états le pouvoir de battre monnaie (faute de mieux…) et l’étalonner sur quelque chose qui échappe aux états.
Par pitié, n’évoquons pas le passé, les grands mots, les grandes idées, les gens aux nez crochus, les religions… Cela monte les gens les uns contre les autres et fait le jeu des banquiers.
La comptabilité se fout de ces notions. La comptabilité est aride, sèche. C’est un thermomètre super pratique. Partant de là, à nous de nous en servir pour déjouer le « système ».
Que l’Islande ne rembourse pas, c’est son droit, elle fait ce qu’elle veut et je vois mal en 2010 la Grande Bretagne envoyait la navy. Mais en contre partie, il ne faut pas etre surpris que sa note baisse.
D’ailleurs qui a besoin d’una agence de notation pour savoir si un pays peut rembourser ou pas. Les chiffres de l’endettement, du déficit et de la croissance suffisent. Les plus endéttés et les moins bien gérés sont les plus mal en point pour rembourser leurs dettes. Je vois pas pourquoi on a besoin d’une agence de notation. Bref tout ça pour dire qu’avec ou sans agence de notation, le cout de l’emprunt pour ses pays sera de plus en plus élevé.
« Sous leur jargon technocratique aseptisé, les « plans d’austérité » du genre de ceux du FMI et de l’UE, imposent des mesures qui se traduiront par les souffrances et les morts provoquées par l’éviscération des revenus, des services sociaux, des dépenses de santé dans les hôpitaux, de l’éducation et des autres services de base, et par la vente d’infrastructures publiques qui transformeront ces pays en économies de « péages » où tout le monde sera obligé de régler le prix d’accès pour les routes, l’éducation, les soins médicaux et tous les autres services quotidiens qui sont subventionnés grâce à l’impôt progressif en Amérique du Nord et en Europe occidentale. »
Un retour à l’économie féodale donc.
@Marie
Les agences de notation, c’est comme les critiques littéraires: il y a de tout. Elles servent normalement à juger le risque financier pour les investisseurs (ici à investir – un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout – dans des bons du Trésor). Mais la pratique a été complètement perverti…
Alcide à raison nous sommes tous sous le joug d’une oligarchie financière et communautaire qui nous presse comme des oranges que cela sois par l’impôt=dette publique, ou par dette privée=crédit conso-immo-voiture-revolving etc.
Deux inventions géniales nous ont menées ici :
1/ L’invention de l’usure qui à donné le monopole à certains que les banques de services ne pouvaient pas concurencer.
2/ La dématérialisation de l’argent commencé par Roosvelt et achevée par Nixon, la création monétaire privée devenait no-limite…
Tout cela est voulut, planifié, de longue date.
La zone euro disposée à prêter 30 milliards d’euros à la Grèce
http://www.liberation.fr/economie/0101629620-les-membres-de-la-zone-euro-vont-preter-30-milliards-d-euros-a-la-grece
Les banques françaises et allemandes détiendraient 120 milliards de dette grecque et plus de 900 milliards dans la zone euro à risque
http://ftalphaville.ft.com/blog/2010/04/09/199376/greece-and-french-banks-pas-de-probleme-daccord/
Pourquoi j’ai l’impression que ces 30 milliards vont nous coûter très chers.
Ah oui voilà :
Von rompouille annonce l’extension des mesures de restrictions grecques à l’ensemble de l’europe :
http://www.mecanopolis.org/?p=15811
Et pourquoi j’ai l’impression qu’après cela, çà ne va pas suffire??
La machine à broyer est en marche, le principe en est la sacralisation de la dette. Si les états européens déjà très endettés, s’engagent à aider la Grèce s’est uniquement pour sauver les banques en majorités françaises et allemandes très engagés en Grèce !!!
Une fois encore cela n’a rien à voir avec du capitalisme libéral c’est un hold-up des banquiers mondialistes et européens (ce sont les mêmes …. ) sur les finances publiques !
Un système libéral voudrait que l’on laisse crever les systèmes bancaires moribonds pour que la nature fasse son œuvre nécrophage et permettent l’émergence de nouveaux systèmes vigoureux et peut-être même la création de nouveaux paradigmes .
Pour en revenir aux dettes privées, je me permettrai une simple réflexion : depuis les lois Pompidou Giscard de 1973 le pouvoir d’achat de la classe moyenne et ouvrière a baissé.
Les indices mesurant la cherté de la vie sont visiblement truqués et ne reflètent pas le panier de la ménagère. Et si le prix de l’immobilier a augmenté rendant les acquisitions impossibles pour les jeunes générations c’est peut-être aussi à cause de l’inflation dissimulée. Cette inflation dont on peut peut-être voir une partie avec le prix de l’or car quels que soit les époques, y compris antiques, l’or conserve à peu près toujours le même pouvoir d’achat.
Donc pour conserver le pouvoir d’achat des ménages empruntent et cela crée une boucle de rétroaction positive, toujours plus d’emprunt toujours moins de pouvoir d’achat, qui fait qu’à l’heure actuelle le système nous broie.
Le pouvoir d’achat des ménages baisse aussi par la création d’une pression fiscale directe ou indirecte importante depuis les lois Pompidou Giscard car le gouvernement à des charges supplémentaires : le financement de la dette souveraine qu’il a généreusement abandonnée à des banques privées ceci par l’intermédiaire de nouveaux impôt.
Le noeud gordien sont les lois de Pompidou Giscard de 1973 reprises par l’article 123 du traité de Lisbonne qui nous ponctionnent un pourcentage de notre création de richesses.
Est bien évidemment ces lois sont anticonstitutionnelles car créées au seul profit des banquiers et ne servent absolument pas le bien public. Corollairement tous les partis politiques de gouvernements depuis 1973 ,de gauche comme de droite ont concouru à la création et à la pérennité de ce système que je ne qualifierai pas de fasciste pour ne froisser personne.
Si la créature du Bilderberg ,présidente de l’Europe , nous promet encore plus d’efforts car « Les réformes nécessaires pour réduire les déficits budgétaires dans les pays de l’Union européenne imposeront des mesures impopulaires » c’est bien la démonstration récente du paragraphe précédent.
Le système créé une dette de toutes pièces ,ce qui est visiblement une escroquerie et la quasi totalité de la population doit être assujettie au remboursement de cette dette.
Là encore je ne qualifierai pas ce système pour ne froisser personne.
Nota bene : pour le prix de l’or je me souviens avoir lu une étude comme quoi l’époque des Médicis comme à l’époque romaine on pouvait acheter un palais avec environ trois kilos d’or….
Il semblerait que le prix actuel soit encore largement sous-évalué pour faire croire à la vigueur de l’euro et du dollar et à l’absence de toute inflation !
» La zone euro disposée à prêter 30 milliards d’euros à la Grèce »
Prêter à un pays déjà surendetté au stade terminal revient à soigner un alcoolique en comat ethylique avec du whisky.
Et ils le savent très bien…
Pour les personnes qui n’auraient pas tout compris … je vous transmets ce lien ci-dessous.
C’est de l’économie très très vulgarisée, une explication un peu longue, parfois difficile de compréhension mais qui donne quelques notion quant à la création de ce que l’on nomme « argent » …
http://www.dailymotion.com/video/x75e0k_l-argent-dette-de-paul-grignon-fr-i_news