35 ans de difficultés économiques et sociales… qui n’auraient pas dû avoir lieu

Tribune libre de Paysan Savoyard

Posons cette question simple : dans quelle situation, du point de vue économique et social, la majorité de la population française se trouve-t-elle et comment cette situation a-t-elle évolué ces dernières années ?

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On peut répondre rapidement de la façon suivante : la condition de la grande majorité de la population française s’est fortement améliorée au cours des « trente glorieuses. » Puis, à partir du milieu des années 70 (période au cours de la laquelle se produit une crise économique brutale), la position d’une partie significative de la population a cessé de se bonifier et a même commencé à se dégrader : le chômage massif s’installe ; le partage de la valeur ajoutée devient moins favorable aux salaires ; l’imposition se concentre sur la classe moyenne ; les premiers durcissements du système de protection sociale interviennent.

Ce processus de dégradation est jusqu’à présent resté limité. La catégorie la plus nombreuse, celle des salariés, a pu même bénéficier, encore récemment, de différentes améliorations : 5e semaine (1982) ; retraite à 60 ans (1982) ; 35 heures (2000), cette dernière mesure ayant constitué une réforme très favorable pour une partie des salariés, notamment les fonctionnaires et les cadres. Un durcissement du régime de retraite est intervenu (en 1993 pour le secteur privé, en 2003 pour la fonction publique) mais il est jusqu’ici resté modéré. Quant au chômage, il est certes demeuré massif, mais son impact a été amorti par les nombreux dispositifs de « traitement social. »

Cependant le sentiment dominant au sein de la société française est que la période favorable inaugurée dans les années 50 à désormais définitivement pris fin ; que la situation va maintenant se dégrader de façon continue et sérieuse ; et que la position des jeunes générations devrait être significativement moins bonne que celle qu’ont pu connaître les classes d’âge précédentes.

De façon plus précise, les Français pensent, probablement dans leur majorité, que le chômage massif va persister durablement ; que le niveau des retraites va se dégrader, tandis que la durée de cotisation nécessaire pour percevoir une pension va augmenter ; que le niveau de la protection sociale va se réduire et que notamment les dépenses de santé seront moins remboursées ; que les impôts et cotisations ne cesseront de croître ; que le niveau moyen des salaires augmentera peu et moins peut-être que le coût de la vie.

Si cette hypothèse de dégradation continue se vérifie (ce qui nous paraît à nous aussi probable), il ne s’agira pas là – et c’est un point que nous voulons souligner – d’un phénomène normal. Il n’est pas normal que la situation de la majorité de la population française soit appelée à se dégrader. Expliquons-nous.

Notons d’abord que le phénomène de dégradation qui s’est engagé depuis la fin des « trente glorieuses » est durable et structurel. Le chômage massif, qui en constitue la manifestation la plus évidente, date de plus de trente ans maintenant : nous ne sommes donc pas en présence d’une crise conjoncturelle (sachant que les crises conjoncturelles, qui sont liées aux cycles économiques sont, elles, normales et inévitables).

Une crise économique structurelle peut résulter de déséquilibres ou de faiblesses internes. Or tel n’est pas le cas s’agissant de la société française (et des autres sociétés ouest-européennes). Au contraire les facteurs favorables sont nombreux et devraient permettre, en toute logique, la poursuite de l’amélioration de la condition de la population et la consolidation de la prospérité : la population croît et se renouvelle ; son niveau de formation est conforme aux standards des pays développés ; le progrès technique est continu ; les investissements parviennent aisément à être financés ; la productivité du travail est élevée ; le pays s’approvisionne en matières premières dans des conditions qui ne sont pas fortement différentes de celles des trente glorieuses ; même si elle a été divisée par deux par rapport à son rythme des trente glorieuses, la croissance atteint tout de même depuis le milieu des années 70, en moyenne et en volume, 2,3 % par an, ce qui correspond sur la période à un quasi doublement du revenu national annuel (ou PIB). Enfin le pays connaît une parfaite stabilité politique depuis cinquante ans ; et la paix depuis six décennies.

En dépit de l’abondance de ces facteurs fortement favorables, la situation de la majorité de la population, comme nous l’avons dit plus haut, ne s’améliore plus, a commencé à se détériorer pour une partie d’entre elle, et semble devoir se dégrader nettement à l’avenir. Quelle est donc la cause de cette évolution négative anormale et mystérieuse, qui ne devrait pas se produire et qui se produit quand même ?

Si la situation, qui ne devrait pas se dégrader, se dégrade tout de même, c’est à notre avis, et c’est là que nous voulions en venir, en raison des décisions prises par la classe dirigeante du pays ces dernières décennies, et en particulier de trois d’entre elles : la libéralisation de l’économie ; sa mondialisation ; et l’organisation d’une immigration massive.

Ces décisions stratégiques, prises en particulier depuis les années 80, sont selon-nous néfastes pour l’avenir à moyen et long terme du pays et mauvaises pour la majorité de la population. Nous pensons que, ce faisant, l’élite dirigeante a commis des fautes d’une gravité spéciale ; qu’elle les a commises en toute conscience ; et que ces fautes dès lors s’apparentent à des formes de trahison.

Encore faut-il préciser que ces orientations fixées par l’oligarchie l’ont été avec le consentement tacite de la majorité de la population ; soit parce que celle-ci les considérait comme inéluctables ; soit parce qu’elle pensait que ces décisions lui procuraient suffisamment d’avantages pour qu’il vaille la peine d’en supporter les inconvénients.

Résumons : la dégradation de la situation de la majorité de la population, qui va probablement se poursuivre et s’accentuer, résulte de décisions stratégiques arrêtées par l’élite dirigeante à partir des années 80. Mais c’est bien avec l’assentiment de la population que ces orientations catastrophiques – libéralisation, mondialisation, immigration – ont été retenues.

Nous allons nous efforcer d’illustrer ces différents points dans une série de tribunes consacrées aux politiques économiques et sociales suivies depuis le milieu du 20e siècle.

Commentaires (18)

  1. Consentement tacite de la population pour l’immigration massive : Faux.

    La population n’est pas consultée, idem sur la peine de mort.

    Economiquement, oui c’est une erreur, plutôt une faute. Cette immigration c’est la base de tous les maux .

  2. La solutions aux difficultés économiques de notre pays selon le récent discours D’Augustin Legrand aurait une solution. Selon lui la tempête Xantia serait par exemple, entre autres plaies, un facteur de croissance (cf. émission de Durand sur la 2 du mercredi 7 avril 2010).
    Le malheur des uns faisant ainsi le bonheur des autres, je ne vois pas, lorsqu’on croit à de telles inepties, comment notre pays s’en sortira, car dans le même ordre d’idée, tout ce qui touche au calamiteux devient soudain facteur de croissance.
    On peut observer ainsi qu’il est une espèce de malfaisant qui se nourrit de la misère pour émerger de sa médiocrité.
    Il n’y a qu’un roi très croyant qui pourra y faire quelque chose et mettre ce genre d’individu morbide au pilori par l’usage tout légitime dans ce cas de lettres de cachet. Un mois au pain sec et à l’eau sans télé me parait approprié dans son cas.

  3. @ leperigourdin
    Jeudi 8 avril 2010 à 08:55

    “Consentement tacite de la population pour l’immigration massive : Faux.”

    Vrai au contraire. Le principal parti politique anti-immigration vient de recueillir les mêmes scores aux élections régionales qu’il y a … 26 ans! Alors que la situation a tout de même largement dégénéré depuis cette époque.

    Cela semble démontrer que la population française “accepte tacitement l’immigration massive ” puisqu’elle n’est même pas disposée à s’y opposer par les urnes, qui restent pourtant la manière la plus accessible, la plus douce et la plus démocratique qui soit…

  4. Excellente Tribune Libre, Paysan Savoyard.

    Le seul point où je ne suis pas d’accord est celui-ci :

    “Mais c’est bien avec l’assentiment de la population que ces orientations catastrophiques – libéralisation, mondialisation, immigration – ont été retenues.”

    A mon avis, il n’y a aucun assentiment de la population, mais de nombreuses techniques mises au point par la zélite pour s’affranchir de la volonté du peuple : décisions prises au niveau européen ; référendum mis sous le boisseau ; programme politique identique à droite et à gauche sur ces trois sujets, donc impossibilité pour l’électeur de voter contre faute d’offre politique adéquate.

    La question de l’offre politique adéquate est centrale. Il faut une alternative politique crédible à l’UMPS. Marine constituera peut-être une telle offre. Son père, en revanche, n’est pas crédible comme alternative de gouvernement. Les inconvénients qu’il présente, au moins pour moi qui suis une femme (mise en danger de notre droit à l’avortement par exemple) sont aussi graves, quoique dans un autre genre, que les dangers qu’il pourrait nous faire éviter.

  5. @ Sorcière
    Jeudi 8 avril 2010 à 11:19

    Même réponse qu’@ leperigourdin: les Français DS, alors qu’ils étaient largement majoritaires ont toujours eu le choix de “bien” voter depuis près de 30 ans. Ils ne se sont jamais servi utilement de leur bulletin de vote lorsqu’il était démographiquement et démocratiquement encore temps.

  6. Dégradation ? Surtout creusement des inégalités et stagnation des perspectives d’ascension sociale, ce qui est un peu différent.

    Si les difficultés économiques des ménages augmentent, c’est aussi à cause de l’important taux de divorces. Le mariage constitue une association économique profitable ; c’est d’ailleurs logique, puisqu’à deux, on est plus fort économiquement.

    D’autre part, les conditions d’existences de la part la moins riche de la population est quand même meilleure que dans les années 50 et 60 durant lesquelles il existait nombre de bidonvilles en France.

    Enfin, la mondialisation permet à une grande partie de la population de s’habiller pour pas cher. Il y a encore 50 ans, on avait une paire de chaussure pour la vie ou presque, et on rapiéçait régulièrement pantalons et chaussettes. Sans parler de la nourriture, autrement plus abondante et diverse aujourd’hui.

    Effectivement, on peut faire l’objection que cette société d’hyper-consommation, dans laquelle la majorité des emplois sont tertiaires, est source de grandes frustrations morales et spirituelles, et qu’elle semble tourner à vide.

    Certes, l’immigration massive constitue une charge économique très lourde, et la mondialisation a des effets économiques violents pour une partie de la population (mais probablement pas autant que le début de la révolution industrielle ou l’exode rural d’antan), mais à mon avis, immigration et mondialisation sont surtout des sources de souffrance morale.

    Je ne crois pas que la vie soit matériellement plus difficile aujourd’hui qu’elle ne l’était durant les trentes glorieuses, mais elle est moralement beaucoup plus dure, et c’est par une sorte de déformation qu’on croit que le problème est économique.

    À mon avis, le problème de nos élites est l’absence totale de tout projet politique, et cela nous mine bien plus sûrement que les importations massives de camelote chinoise.

  7. “Mais c’est bien avec l’assentiment de la population que ces orientations catastrophiques – libéralisation, mondialisation, immigration – ont été retenues.”

    Sur un plan purement électoral c’est vrai, la gauche et la droite se maintient au pouvoir en alternance de manière stable depuis plus de 50 ans.
    Il faut prendre en compte le facteur propagande et donc désinformation. Cette désinformation s’exerce précisément sur les sujets concernés : mondialisation, immigration et ultra-libéralisme.
    L’élite dirigeante cherche par tous les moyens à accélérer la mondialisation (=idéologie mondialiste), imposer l’immigration massive tout en copiant la modèle ultralibéral américain.
    Etant donné la structure pyramidale et non corporatiste du système les autres sphères du pouvoir (médias, justice, magistrats, scientifiques,…) collaborent étroitement à la désinformation avec le sommet de la pyramide.

  8. SPOILER

    Salut, camarade !

    Moi, je suis pour le vote à 7 ans, puisqu’il paraît que c’est l’âge de raison…

  9. Les responsables sont les détenteurs de capitaux en France, le patronat CAC 40 et les actionnaires qui les accompagnent. Les “politiques” sont dans leur poche depuis maintenant 30 ans, en gros depuis la fin du gaullisme, en fait ça a déjà commencé un peu avec Georges Pompidou. Avec le reagano-thatchérisme, cette attitude revanche du Capital est montée en puissance en ayant qui plus est une assise internationale. Il s’agit donc d’une oppression de classe, eh oui on retombe dans les schémas du XIXème siècle qui ont été gommés à cause de l’horreur du stalinisme, du goulag, du totalitarisme rouge. Le problème est bien celui du système capitaliste dans sa phase agressive actuelle qui ne connaissant aucune critique, puisque la critique sociale a disparu, peut tranquillement “écraser” les peuples et à l’aide des medias de propagande et des complices politicards qui en “croquent”, tous du NPA à l’UMP, prendre leurs décisions dans la plus parfaite impunité. Evidemment, l’organisation d’une immigration massive de substitution de population par le patronat (qui désormais peut aller jusqu’à choisir son peuple !) entre dans ce schéma d’écrasement et de régression sociale et économique et culturelle programmée.

  10. Le diagnostic est bon, mais il faut aller plus loin. Une donnée fondamentale n’est que rarement evoquée.
    Pourquoi avoir cherché sciemment à saborder son pays?
    Pourquoi laisser s’apauvrir, s’abrutir les gens de son village, de sa ville, de son pays? Pourquoi les laisser concurrencer par des bas salaires en Asie ou par des clandestins ici? Si on raisonne simplement, le fait de laisser s’appauvrir les français/européens/occidentaux moyens est stupide : apauvrissement = moins de depenses = moins de consommation = moins d’argent pour nos elites (patrons, medias, culture, legistes…).
    La raison est toute simple : avec la dilution de l’idée de pays (Union Européenne, Mondialisation, Uniformisation de la culture, télévision, augmentation des voyages) a disparu la nécessité de s’ancrer dans un territoire. Si cette notion de pays, de patrie avait été remplacée par une entité plus vaste comme l’UE, le sentiment d’etre européen, le mal aurait été supportable : car les racines au lieu d’etre à Lyon seraient à Milan, Seville, Berlin. Et alors?
    Sauf que l’Europe n’as pas su exister et il y a un vide que personne ne peut combler désormais entre des elites apatrides ou bunkerisés (c est la même chose, elles sont hors du “réel”).
    “Les pauvres, les sans-propriété n’ont que la patrie”, affirmait Jean Jaurès.
    Désormais ils n’ont plus rien.
    Les politiques de droite ou de gauche ne sont qu’en partie responsable de la situation actuelle. Il y a un mouvement de l’ensemble du globe vers un déracinement et une dématérialisation. Par contre, les politiques de droite ou de gauche auraient du anticiper et atténuer ce mouvement. Hors, elles n’ont rien fait, au contraire, aggravant parfois ce mouvement inéluctable issu du progrès des technologies.
    Laisser des milliers de clandestins s’installer ici est une faute. Vendre nos savoirs et nos technos contre du court terme est une faute. La liste est longue.

    J’etais à Mayotte il y a une quinzaine pour raison professionnelle. La situation est tellement dramatique que je n’ai réussi qu’a conclure une chose : les élites n’ont aucune vision à long terme et il faut cesser de croire qu’un groupe d’individus peut mener une politique à long terme dans l’intérêt de tous. Il ne peut y avoir qu’une seule personne, désintéressée et détachée de la cupidité à court terme pour accepter de sacrifier sa tendance naturelle (et bien normal) à considérer avant tout son intérêt personnel et immédiat.

    Nous avons donc un problème de gouvernance plutôt qu’un problème de stratégie économique.

  11. Si l’on ne se décide pas un jour ou l’autre à admettre qu’il y a d’un côté une “élite” économique détentrice des capitaux à un stade d’accumulation démentiel et décidant de tout dans la production sociale qui ont pris le pouvoir politique dans on intégralité, et de l’autre côté des gens qui n’ont aucun pouvoir de décision et qui ne survivent que par la vente de leur force de travil, on ne peut rien comprendre à la situation actuelle et à l’apparente absurdité qu’elle comporte.

    Il ne s’agit pas d’erreurs de jugement ou de vision de court terme de la part des “politiques”, tout au contraire, il s’agit d’une réelle volonté politique et d’une vision de long terme dans la construction d’une société régressive sur tous les plans et dangereuse qui assoit définitivement leur domination et en finisse avec l’Europe qui reste une anomalie à leurs yeux.

  12. La classe dirigeante méprise profondément le peuple et l’identité française.

    La mondialisation en soi n’est pas un mal. Après tout, l’Europe dominait le monde en 1914 dans le cadre d’une économie encore plus ouverte par bien des aspects qu’aujourd’hui.

    Quelles différences avec 1914 ?

    1/ Le déclin démographique européen qui entraîne un reflux hors des têtes de pont européennes (Asie centrale, Afrique du Sud, Algérie française…).

    2/ L’immigration-invasion qui agrave le reflux démographique

    3/ Une crise morale liée au triomphe sans limite de l’idéologie des Lumières (individualisme qui atomise la société)

    4/ Une élite corrompue, qui n’a pas le sens des réalités, entravée par son idéologie, qui pense en roud, ce qui frise à l’incompétence.

    5/ Une autre élite qui est clairement anti-française (et anti-européenne au sens ethno-civilisationnel du terme)

    6/ Les transferts technologiques et le rattrapage des pays émergents

    7/ La perte de contrôle des ressources énergétiques (pétrole, gaz)

    etc.

  13. Différence d’avec 1914, on fabrique votre chemise, votre ordi, votre slip de bain, vos chaussures, votre bagnole, vos boules de Noël, vos pommes, vos légumes, votre montre, votre téloche, vos téléphones, vos livres ailleurs que chez vous systématiquement dans des pays où les gens sont des esclaves notoires sans protection sociale et payés à coups de pied dans le fion ! voilà la différence !
    La classe possédante qui décide de la production dans notre pays peut désormais se passer de nous en tant que producteurs, le problème restera celui de la consommation un jour ou l’autre par rareté des revenus hexagonaux, mais cela sera compensé par la remontée du niveau de vie des chinois et leur potentiel de consommation beaucoup plus intéressant que le notre, ou des indiens, ou des africains que sais-je encore, désormais ils peuvent se passer de nous, je ne pense pas que c’était le cas en 1914 où ils avaient déjà besoin de nos pères pour se faire trouer la panse pour 100 mètres de terrain !

    Doncx la mondialisation est un scandale et en 1914 il n’y avait pas de mondialisation mais concurrence entre impérialismes européens !

  14. @chateaubriand
    Jeudi 8 avril 2010 à 17:48

    “Doncx la mondialisation est un scandale et en 1914 il n’y avait pas de mondialisation mais concurrence entre impérialismes européens !”

    A mon avis, vous devriez distinguer deux mondialisations :

    1/ la mondialisation-impéralo-européenne

    2/ la mondialisation-tiers-mondialiste

  15. Anne, j’entends par mondialisation, non pas l’extension de l’échange et du commece international, ce qui est une lapalissade, le commerce existe depuis des lustres, mais la mise en concurrence des conditions de production (salaires, droits des salariés, protection sociale d’ensemble).

    Il faut faire la différence entre commerce toujours plus organisé et extensif et mise en concurrence malhonnête des producteurs et des conditions faites à ces producteurs, en l’occurence le contournement intéressé par les détenteurs de capitaux des conditions obtenues de haute lutte par les salariés européens depuis deux siècles.

  16. Je suis souvent d’accord avec vous Chateaubriand, mais pas cette fois, sur cette partie de votre réponse : “l s’agit d’une réelle volonté politique et d’une vision de long terme dans la construction d’une société régressive sur tous les plans et dangereuse qui assoit définitivement leur domination et en finisse avec l’Europe qui reste une anomalie à leurs yeux.”.
    Non, il s’agit de connerie, bête et mechante et court termiste comme il s’agit de connard. Ajoutez à cà l’effet moutonnier, qui existe encore plus chez les Elytres qu’ailleurs. Pour vous en convaincre, une journée de France Inter pour la gauche et le lendemain de BFm pour les busy useless man suffisent..
    Sans être pratiquant, j’en suis venu à faire mienne la parole suivante “Père, pardonne-leur. ils ne savent pas ce qu’ils font”.

  17. Tout à fait d’accord avec les analyses de Chateaubriand et de Breakfast. Votre apparent désaccord sur l’intentionnalité de cette orientation politique sur le long terme mériterait une réflexion plus approfondie.
    Une piste de réflexion réside, à mon avis, pour notre civilisation occidentale, dans la permanence du facteur idéologique ou religieux pour justifier des politiques stratégiques ou économiques.
    On pratique le rééducation des mentalités en jouant sur l’émotionnel et l’amour propre des individus: le peuple doit légitimer la politique de ses dirigeants par le sentiment de satisfaire sa bonne conscience.
    Ainsi, voici comment on décrédibilise le Front National auprès des français: face à l’esprit d’adaptation et de progrès,il représente l’immobilisme,la frilosité. Face à l’esprit d’ouverture, la bonté, la générosité, il représente l’égoïsme, le repli sur soi, la peur de l’autre.
    Même processus de satisfaction de sa bonne conscience il y a un siècle et demi pour la colonisation. Vendue par la gauche comme une entreprise philanthropique de progrès civilationnel pour l’ensemble de l’humanité (idéologie universaliste pour la France, libérale pour la Grande Bretagne). Reprise par la droite sous le même prétexte, brandissant cette fois le christianisme comme moyen de salut des âmes. Or, la colonisation n’a pas profité à l’ensemble du peuple français, bien au contraire, mais à quelques français…D’ailleurs l’immigration est la continuation logique de la colonisation et de la décolonisation par la permanence de cette idéologie.
    Autre piste de réflexion, le sort de Rome, qui présente une similitude avec notre situation actuelle. Eric Zemour dans son dernier livre traitant des analogies entre l’Empire romain et la France actuelle reprend la théorie de la chute de l’empire par l’immigration-invasion des peuples germaniques dans ses provinces.Un autre auteur, André Lama :”Des dieux et des empereurs, mélanges romains”, propose une piste totalement différente et bien antérieure: la décadence serait due à une substitution de population assez rapide dans le coeur même de l’empire, la péninsule italique. Cette substitution a eu comme source l’arrivée en nombre important d’esclaves, originaires des provinces d’Orient pour la plupart, affranchis au bout de quelques années. Ainsi sous Trajan (98-117), la proportion des affranchis à Rome est de 80% des citoyens romains, sans compter les esclaves!
    Cela fait échos avec la situation de nos grandes villes européennes d’aujourd’hui, esclaves=immigrés, affranchis=naturalisés et enfants d’immigrés.
    Nos “empereurs” nous préparent le même type de dénouement, à cela près que nous n’avons plus le réservoir de populations que constituaient les peuples germaniques, dont a bénéficié la Rome impériale pour sauver une partie de la civilisation européenne!

  18. Faut faire attention quand on parle de « consentement tacite », cela engendre du grand n’importe quoi en matière de coms sur le blogue principal… Je rejoins Leperigourdin à ce sujet : jamais les Français ont été consulté à ce sujet, jamais on en a débattu (les mots eux même étant piégé…), et l’immigration a toujours été noyé (sauf en 2007, et encore) sous d’autres thèmes.

    Rosco

    “Dégradation ? Surtout creusement des inégalités et stagnation des perspectives d’ascension sociale, ce qui est un peu différent.”

    Certes.

    “À mon avis, le problème de nos élites est l’absence totale de tout projet politique”
    +1

    “Nous avons donc un problème de gouvernance plutôt qu’un problème de stratégie économique.”
    +1

    Détails :
    Si j’en crois ce qui est écris dans le livre de feu J. Marseille (l’argent des Français), la fin des Trente Glorieuses serait à situer au début des années 1980, avec la politique de rigueur.

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