Economie : que faire ?

Par Patrick Reymond

Je répondrai à la question posée par certains internautes, à savoir les remèdes proposés pour sortir de l’ornière actuelle.

Les différentes solutions sont très simples et ramènent à un monde antédiluvien : les Trente Glorieuses.

Lesdites années se sont caractérisées, non pas par une forte croissance, mais par un certain paramétrage, qui a permis la croissance.

D’abord, il faut purger la dette.

- Pour purger la dette d’Etat, c’est simple. Il suffit de revenir aux fonctions régaliennes de l’Etat, et en premier lieu, le droit de frapper monnaie. En 1945, on a monétisé le déficit, en gardant le stock [cf. Wikipédia, Dette publique, chapitre "Création monétaire et réduction de l'endettement"]. En 10 ans de ce régime, la dette deviendrait insignifiante. La dette de 1973 n’effrayait personne.

- Pour la dette privée, il faut durcir notablement les conditions d’octrois des prêts, ce qui n’est pas, non plus, insurmontable. Réduire l’endettement maximum de 30 à 20 %, n’a rien de révolutionnaire. Pour l’immobilier, on peut prévoir un recours beaucoup plus large à la préparation des projets par l’épargne logement, par une part beaucoup plus importante d’apports personnels.

- Un internaute me disait que les prix au m² dans son village (Paris), atteignaient, en certains endroits, 11 000 euros. Il faut donc augmenter massivement les impôts, et on verra se dégonfler les prix immobiliers. Les baisses de l’IRPP n’ont fait qu’alimenter des bulles, faute de débouchés. L’étagement de l’IRPP doit aller de 0 à 100 %. En dessus d’un certain seuil, il faut tout prendre.

Le compromis fordiste prévoyant des écarts de 1 à 40 doit être réhabilité. Donc, à 40 000 euros par mois, on doit atteindre des seuils confiscatoires, supérieurs à 90 %. Cela réglerait le problème des rémunérations démentielles. Vouloir les réduire autrement est simplement ne vouloir rien faire.

Bien entendu, le bouclier fiscal est une ânerie monumentale, mais on sait de qui ça vient. Question niveau de vie, à 40 000 euros mensuels, on n’est pas malheureux, simplement un peu moins riche.

- Pour les entreprises, revenir à la taxation de l’impôt sur les sociétés à 50 %. Ce taux incite à investir, beaucoup plus que les taux symboliques.

Le législateur avait créé la réserve légale, pour laquelle on affecte 5 % du bénéfice, dans la limite de 10 % du capital. On peut relever substantiellement ces 2 taquets. Les entreprises auront donc les moyens d’investir.

On peut rajouter l’interdiction des stock options, des attributions gratuites d’actions, du rachat des actions par l’entreprise. Aucune de ces bêtises n’a de sens.

- Suppression de la Bourse, ou réduction à un croupion. Les cotations en continu ne servent à rien, sinon à spéculer.

- Vis-à-vis de l’extérieur, contrôle des changes, augmentation forte des droits de douanes. Le retour au protectionnisme change le rapport de force salariat/patronat. La question des retraites, par exemple, n’existe que dans le contexte actuel. A une époque, beaucoup plus détendue sur le plan du travail, on n’attendait pas la retraite avec autant d’impatience qu’aujourd’hui. On se posait même la question de savoir SI on allait partir…

De simples incitations financières devraient suffirent à aplanir bien des obstacles. La carotte au lieu du bâton.

Comme on le voit, les solutions ne sont pas très compliquées, elles impliquent simplement un retour du politique.

On peut aussi aller beaucoup plus loin, dans la recréation d’un secteur public fort, des nationalisations, notamment la totalité du secteur bancaire, la suppression d’organes parasites inutiles, comme l’Agence France Trésor ou la Banque de France.

Toutes ces mesures ont existé dans un système capitaliste. Elles ne sont pas une remise en cause du système, mais du système féodal-libéral actuel.

D’ailleurs, la charpente actuelle est si vermoulue et si termitée, qu’il n’y a pas d’autre choix que de la changer complètement.

La Chute

Commentaires (52)

  1. @Quarantined

    lu ds une autre article sur Fortune : les usa produisent 25% des biens et services, il y a 10 ans sa part dans le monde etait de 20%.

    Je crois qu’on a tort de s’inquieter pour les usa(ils peuvent survivre en autarcie comme la Russie).
    Les plus en danger c’est nous. Notre economie n’est pas defendue ni notre territoire. 15 millions et demain le Kosovo ? (voire Tremblay en france comme un epiphenomene mais à relier avec les emeutes et la revendication du pouvoir :Ali Soumare?=

  2. Natrép

    Je ne confonds pas.

    Mais toute dérive a une source.

    Le ver est dans le fruit, si vous préférez.

    Du coup, les conceptions d’un Ron Paul, très proches de vos paléoconservateurs, ne me conviennent pas, puisque je fais mienne cette analyse :

    http://www.scriptoblog.com/index.php?option=com_content&view=article&id=339:the-revolution-a-manifesto-ron-paul&catid=53:politique&Itemid=55

    Même si ces idées sont effectivement plus sympathiques a priori que celles des néolibéraux et autres néoconservateurs, elles ne sont pas adaptées à la France.

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