Ne m’appelez plus jamais Europe !

Par Michel Santi

Les gouvernements européens maquilleraient donc leurs bilans pour cacher ou édulcorer leurs déficits ! Voilà où en est aujourd’hui réduite la crédibilité de certains Etats Européens et non des moindres, puisque la planification de la privatisation de France Telecom avait autorisé l’Etat français à toucher, en 1997, la somme de 5 milliards d’Euros, officiellement au titre des retraites des salariés de cette entreprise devant être assumées par les pouvoirs publics, officieusement afin d’embellir le déficit budgétaire du gouvernement de l’époque…

Ces manipulations comptables, pénalement répréhensibles dès lors qu’elles émanent d’une entreprise quelconque, auraient ainsi été appliquées par les Etats dans le but de satisfaire aux critères du Pacte de Stabilité, en termes de déficits et d’objectifs d’endettement. Ce pêché originel européen, inadmissible et scandaleux, hantera l’Union assurément pendant encore de longues années, car la Grèce – qui a escamoté certaines dépenses publiques – ou le Portugal – qui a fait passer des dépenses pour des investissements – n’ont fait que suivre l’exemple des “grandes nations” leur ayant montré le chemin.

Ces artifices et ces tromperies comptables ne sont, en définitive, que la résultante de machinations politiciennes de dirigeants (de l’époque) ne reculant devant aucun mensonge pour intégrer certains pays dans l’Union, dans le seul but de favoriser certains lobbies capitalistes ayant misé sur des concentrations et des regroupements d’entreprises au niveau européen !

Mais alors : pourquoi s’acharner contre la finance, si la politique elle-même, dévoyée de sa noble mission de servir l’intérêt public, déguise sciemment la réalité afin de parvenir à ses fins ? La crise des années 2007-2009 a-t-elle été provoquée par la gourmandise du milieu financier, par les bonus inacceptables de certains banquiers ou traders, ou par une politique qui, une fois de plus, s’est faite – le coeur léger – instrument et bras armé du système financier et capitaliste ? La vérité est que la politique n’est plus qu’une excroissance de la finance, trop contente de lui rendre service à la moindre occasion.

Les déboires grecs ne sont pas plus la conséquence logique de la crise financière, les malheurs de la Grèce ne sont pas à la base provoqués par un laxisme financier, même si ses déficits et ses tricheries comptables sont, bien sûr, frontalement responsables de cette perte de confiance des marchés. Aux sources de la crise grecque, se trouve la corruption politique de gouvernements successifs, ayant permis aux riches citoyens de ce pays de ne payer pratiquement aucun impôt sur le revenu ou sur la fortune : ou quand la Grèce devient un paradis fiscal pour les riches grecs… puisque seuls 3.000 à 4.000 contribuables grecs s’acquitteraient de l’impôt sur le revenu !

Ou quand l’Union Européenne encourage ce type de comportements gouvernementaux, indignes de l’appellation de “démocrates” : l’intégration de la Grèce au sein de l’Union n’y a-t-elle pas effectivement généré une croissance totalement artificielle, résultante bêtement mathématique d’une bulle spéculative, redevable à une capacité virtuellement illimitée de l’Etat grec à pouvoir s’endetter en Euros, dès son entrée dans le club, très privé et très prisé, européen ?

Aujourd’hui, la bulle ayant implosé, le rêve étant devenu réalité, la facture se doit donc d’être payée par le citoyen grec moyen qui devra, seul, assumer le relèvement brutal de la TVA ou le relèvement de l’âge de la retraite. Comment, en effet, relever le taux d’imposition des plus nantis, alors que les riches n’ont jamais participé à l’effort national ? N’est-il pas effectivement plus pratique de relever une taxe payée invariablement par l’ensemble des grecs ?

Une détérioration des conditions économiques européennes, qui semble aujourd’hui inévitable, fera franchir à cette crise ayant démarré en 2007, un nouveau palier dangereux, car ce sont les Etats eux-mêmes, leur crédibilité et leur aptitude à nous diriger sainement, qui seront progressivement remis en question. Après la déconfiture confirmée ou prévisible de petits pays européens – Grèce, Portugal, Irlande -, il conviendra de scruter avec la plus grande attention les développements au sein des “grandes nations”, comme la France ou l’Allemagne.

L’Europe est aujourd’hui devenue le maillon faible de l’économie globale.

Gestion Suisse

Commentaires (6)

  1. Extrait d’un super blog, 2004…
    http://www.zeksblog2.blogspot.com/
    20041116

    On savait déjà que le fameux “pacte de stabilité” n’est qu’un aimable torchon, pareil aux statuts des sociétés secrètes dont sont friands les gamins de dix ans. On vient d’apprendre que les fameux “critères de Maastricht”, qui garantissaient la vertu des impétrants de l’Union Monétaire Européenne, sont de la verroterie à l’usage des niais: les comptes de la Grèce ont été maquillés pour permettre son entrée dans l’Euro. La caste des subventionneurs d’exploitants agricoles millionnaires n’en est pas à son coup d’essai en matière de fraude. Cela va du scandale Eurostat, des mânes du contribuable zéropéen qui ont abreuvé le compte privé d’Arafat, ce dont il faut se réjouir, puisque c’est autant d’argent qui n’a pas financé les attentats suicide ou les manuels scolaires antisémites, au socialiste élu président du parlement européen alors que la “droite” y est majoritaire, et au frère Ramadan promu conseiller du conducatore Prodi en matière de dialogue entre les peuples, tandis qu’un commissaire se fait censurer pour catholicisme, après interrogatoire en règle de la part de trotskystes recyclés dans le constructivisme hédoniste.

    Mais don’t worry, be happy. Les zérocrates, dans la solennelle déclaration de Lisbonne qui sera sans doute enseignée aux écoliers tout comme l’édit de Nantes ou les traités de Westphalie, nous ont promis la société du savoir la plus avancée de la planète, et bien sûr le top du top en matière de cohésion sociale et de développement durable. Une belle histoire qui n’a pas plus de lien avec la réalité que les contes que les petites filles racontent à leur poupée ou les centaines de milliers de pages de traités, directives, et déclarations de principes dont les eurocrates irresponsables, immunes et non-élus se repaissent quotidiennement.

    Qui sont ces gens qui décident de notre avenir dans le plus parfait mépris de ce que nous sommes ? Qui les a fait rois ?

  2. Dans “qui gouverne réellement la France”Mr.François Asselineau a parfaitement expliqué qui est derrière l’Europe,le but de L’Europe,et qui sont nos véritables ennemis.

  3. “Mais alors : pourquoi s’acharner contre la finance(…)?”

    Alors là, François (ou autre), c’est un drôle de raccourci bien commode pour exonérer “la finance”.
    Qui ne présente pas de logique interne, d’ailleurs, puisque tu achèves (c’est le cas de le dire) ta “démonstration”, en expliquant que la très “méchante” politique n’est finalement que “le bras armé” de la finance, une sorte “d’excroissance”, pour te citer.

    Si tout le monde est au courant, ça n’exonère nullement, la finance et ses institutions de leurs responsabilités, depuis la fin de la décennie 80 notamment. Non seulement la finance est responsable de la crise de 2008 mais, arbre qui cache la forêt, du climat merdique et de la pression sur l’économie réelle qu’elle exerce (spéculation sur-intensive, produits financiers ectoplasmiques, injonction des 15% de “création de valeur” annuels, suite au glissement subreptice de cet objectif initial lié aux fusions-acquisitions, à la performance globale des entreprises, etc).

    Disons que la “politique bras armé de la finance”, c’est un peu “le vice appuyé sur le bras du crime”, pour citer Chateaubriand en référence au couple Talleyrand – Fouché…

    Bien à toi

    [Faut-il le rappeler, cet article n'est pas de nous. - H€nri]

  4. Alors bon comme c’est toujours les mêmes qui rigolent dans ce pays.
    Place à l’action.
    Voter ? oui, faites le si ça vous tente.
    Pour ma part, je vais voter utile :
    Fermeture de mon assurance vie (une petite perte, mais un grand soulagement de savoir que mon pognon ne vas plus servir à bombarder des talibans à crédit, à soutenir une bulle immobilière ou à financer les cadeaux aux copains du nain hongrois).
    Au revoir keynes, bonjour Hayek.
    Bienvenue dans les années 30 !

  5. Le Pacte de stabilité… Comme quoi avec les meilleurs intentions du monde, on en est amené aux pires…

  6. Hélàs, nos élites, à la solde d’une caste, quand vont ils réagir ? Ils se pensent intouchables et immortels :
    Souvenons nous la façon dont Sarko junior a failli être president de L’EPAD.

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