Les banques ne sont pas en forme

La Société Générale a annoncé mercredi que ses résultats pour le quatrième trimestre seront inférieurs aux attentes, car elle prévoit d’enregistrer pour 1,4 milliard d’euros de provisions sur des actifs “toxiques.” Que faut-il en conclure? Réponse d’Yves Marçais, analyste chez Global Equities.

Pourquoi décider seulement maintenant de constituer ces provisions?

Pour plusieurs raisons plus ou moins opaques. Par tradition, lorsqu’un nouveau management arrive au pouvoir, il a tendance à faire le ménage. Il s’agit de rassurer les marchés sur l’état de santé de la banque et de sortir les cadavres du placard. L’arrivée de Frédéric Oudéa aux commandes de la Société Générale a donc pu précipiter la constitution des provisions. Ensuite la banque a peut-être pris conscience de pertes réalisées et constatées, qui ne l’étaient pas le trimestre précédent. Enfin et surtout différents signaux macroéconomique ont probablement influencé cette décision, comme l’état contrasté du marché immobilier résidentiel américain. Dès lors que les chiffres du chômage augmentent, le risque de défaut se multiplient et les banques préfèrent prendre des précautions.

C’est la preuve que les banques ne sont pas en aussi bonne santé que ce que l’on croit. C’est d’ailleurs ce qu’affirmait la semaine dernière Jean-Claude Trichet. Malgré des bénéfices parfois mirobolants, elles continuent de constituer des provisions pour leurs actifs à risques.

Est-ce à dire que ces actifs dits à risque le sont seulement depuis peu de temps?

C’est difficile à dire car personne ne sait dans quelle mesure les banques sont au courant de leur exposition aux risques. Schématiquement il existe différentes strates d’actifs à risque auxquels sont exposés les banques. Or, notamment en raison du mécanisme de titrisation, elles ne savent pas forcément à quels types d’actifs elles sont exposés.

Le titre Société Générale a chuté de 2,86% mercrdi 13 janvier. Cela vous étonne-t-il?

On aurait pu imaginer que l’action Société Générale perde plus. Des provisions de cette ampleur auraient pu effrayer davantage les marchés. Mais les investisseurs ont le sentiment que la question des actifs à risque fait un peu réchauffée. Maintenant que la crise de liquidités, très forte fin 2008 et début 2009, est passée, ils sont rassurés. Par ailleurs, la semaine dernière, la Société Générale a annoncé qu’elle allait regrouper dans une structure dédiée ses 35 milliards d’euros d’actifs illiquides. Les marchés étaient donc peut-être préparés à ce type d’annonce.

Comment expliquer que la Société Générale ait voulu regrouper ces actifs en France?

Probablement pour avoir un meilleur traitement opérationnel des risques. En concentrant ces actifs au sein d’une même structure, la Société générale met en place une structure juridique unique plus adaptée. Ensuite cela rassure généralement les marchés qui pensent qu’ils auront plus de visibilité avec la création d’une bad bank en interne. En tous cas c’est ce qui s’est passé avec Natixis.

Les autres banques sont-elles encore exposées comme la Société Générale?

Là encore c’est très difficile à dire et cela dépend des banques. Natixis qui était très exposée, n’a probablement pas pu assainir tous ses bilans. De son côté la BNP, qui a décidé de garder ses actifs en portefeuille pour les sortir petit à petit, est probablement moins affectée, ne serait-ce que parce qu’elle était beaucoup moins exposée à l’origine.

L’Expansion

Commentaires (2)

  1. bac40
    #1 – 15 janvier 2010 à 15:39

    Que fait exactement la commission bancaire ?

    ————————————————

    Il s’agit d’une administration qui doit faire comme les autres administrations….par exemple comme la police face à la délinquance !

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